[Compte-rendu] Journée diocésaine “De la peur à la confiance”

Les prières de délivrance sont de plus en plus fréquentes aujourd’hui. C’est la raison pour laquelle, le 27 novembre dernier, les prêtres, diacres et LEME (Laïcs en mission ecclésiale) étaient conviés à une formation à la Maison St Sixte, animée par Madame Marie-Françoise Bonicel, docteur en pschychologie sociale clinique et pscychothérapeute, sur le thème « De la peur à la confiance » avec en alternance des temps d’exposés et des temps d’échanges en petits groupes.

Les peurs s’expriment sous des formes différentes selon les personnes, les cultures, les groupes : peurs ancestrales ou peurs nouvelles, anxiété ou angoisse, phobies ou inquiétudes, peurs rationnelles ou irrationnelles …elles nous inhibent ou nous protègent

Comment les affronter, les canaliser, les traverser pour nous-mêmes, et comment accompagner les personnes qui nous sollicitent ? Comment nous mobiliser pour ouvrir un chemin de confiance en soi, en la vie, dans les autres et faire un bon usage de nos peurs et de celles des personnes que nous accompagnons ?


  • LA PEUR est une émotion partagée par tous les hommes, depuis la nuit des temps.

Dans le cycle des émotions, on en dénombre cinq : la peur, la colère, le dégoût, la tristesse , la joie.

A ces 5 émotions se rajoutent la honte et la compassion. On estime que les émotions sont souvent à la frontière du sentiment. Les formes de peurs ?: la tract, l’appréhension, le stress, l’angoisse. Il y a aussi une série de peurs saines, quand la peur est vigilance. Il est normal d’avoir un bon stress pour travailler un examen par exemple. Les peurs sont de l’énergie bloquée. Notre travail est de la débloquer pour en faire quelque chose. Les enfants nous en apprennent beaucoup là-dessus..Derrière chaque peur, il y a un désir.

Les grandes peurs se déclinent en grands thèmes

– la peur de l’autre,
– la peur d’être abandonné,
– la peur d’être envahi,
– la peur de la mort.


1- la peur de l’autre :

L’étranger c’est l’autre. C’est tout un travail d’arriver à reconnaître chez l’autre, ce qui peut me relier à lui. La porte du changement ne peut s’ouvrir que de l’intérieur. C’est ce que l’on appelle la complicité des profondeurs, selon la terminologie de Gabriel Ringlet. C’est une complicité d’humanité à partir de la quelle on peut construire.

2- la peur d’être abandonné :
Il faut penser et panser le lien. Il y a des liens qui entravent (on est sous emprise de ces liens toxiques) et des liens qui libèrent.

3- la peur d’être envahi : la peur de perdre sa place fait partie des grandes peurs.

4 – la peur de la mort :
C’est LA grande peur. Et en plus c’est une certitude ! Toutes les autres sont des déclinaisons de cette peur fondamentale. Elle va soit  nous “énergiser” en enrichissant le temps qui est devant nous, soit au contraire nous écraser. Toutes nos nouvelles peurs ne correspondent au fond, qu’à notre désir de résister à notre finitude. L’angoisse existentielle est normale. L’angoisse a quelque chose à voir avec l’expérience de nos limites face à la maladie, la fatigue, la vieillesse, la solitude.

Mais la communication ne se fait que de solitude à solitude . On sépare pour mieux relier. Déjà Dieu dans la Genèse au moment de la Création , sépare les éléments, la terre, la mer, les eaux… Puis, il y a reliance, alliance, et non pas fusion ou confusion.

Comment des «choses inachevées » peuvent-elles entrainer des peurs  qui s’enkystent et ressortent des années après ?  Par exemple des secrets de famille, autour d’une naissance, cela transpire toujours ! D’où l’importance primordiale de l’écoute… Bien distinguer la réalité, le symbolique et l’imaginaire, par exemple la situation inachevée.  On peut faire le schéma d’une étoile à 5 branches. La situation inachevée est au centre de  l’étoile. A chaque extrémité des  5 branches, on trouve successivement la tête, la relation aux autres, le monde (le sens), le corps, et l’affectif. On peut se sortir de cette situation inachevée  qu’en allant  tout à la fois vers les autres, vers son corps, vers l’affectif, vers sa tête, vers le monde. Il ne faut pas rester  seul mais aller vers un groupe, avoir des référents. Il faut « agrandir l’étoile » Je ne suis ni dans l’impuissance, ni dans la toute puissance mais  il s’agit de créer un lien sécurisant, qui n’aliène pas,  dans une relation humble, de co-responsabilité.

Doit-on se sentir coupable de l’échec d’un accompagnement ?
Clairement non, car nous ne sommes pas responsables des deux bouts de la relation. Il n’y a pas d’assurance tous risques en ce domaine, c’est une aventure !


LA CONFIANCE- C’est l’espérance à hauteur d’homme.

Le travail d’un psychologue est de faire émerger la confiance en soi. Car espérer c’est être espéré par quelqu’un. Comment restaurer l’autre, y compris le maltraitant, – cela va très loin-dans des cas de maltraitances ?  Comment reconnaitre sa « part d’ange » y compris dans le bourreau… Une personne n’est jamais réductible à ses actes ou à ses propos. Car le restaurer dans son humanité, c’est toute l’humanité qui s’en trouve agrandie. Le regard est fondateur. « merci de m’avoir regardé », lui dit-on quelquefois ! Renconter vraiment c’est regarder et écouter. Dans les profondeurs les êtres humains se rapprochent, parce que les distances se raccourcissent.

Y a-t-il des limites à la confiance ?

Il faut trouver la bonne distance. Poser un cadre, pour que la confiance soit possible. De ce fait, il y a de la liberté à l’intérieur du cadre. La confiance à quelque chose à voir avec l’amour. Dans toute relation thérapeutique, il y a  de l’amour (agape, philae), mais il faut toujours être attentif aux dérives, être vigilant, sans nous laisser enfermer dans nos peurs. La confiance n’est pas la naïveté ! On peut aussi dire non. Elle doit être mutuelle pour permettre à l’autre de grandir. La confiance implique de rendre compte., il faut  une restitution et un accompagnement. D’où l’importance d’avoir des lieux de parole en confiance,  sans jugement, notamment en Eglise. Ne restons pas seuls ! Il n’est pas besoin d’être un spécialiste en psychologie pour aider les autres. Toute peur surmontée participe à faire grandir l’humanité.

L’ange aborde Marie par le très connu : « sois sans crainte ! ». Jésus nous dit « n’ayez pas peur ! »

Synthèse faite par Elisabeth Joubert, chargée de communication pour le diocèse de Reims


Cette journée sera suivie par deux autres temps de réflexion :

  • un approfondissement biblique avec le Père Laurent Thibord, le 12 mars 2019
  • une réflexion à partir du livre : Protection, délivrance, guérison – Prières et célébrations –Desclée-Mame le 07 mai 2019, avec le Père Dominique Marie Dauzet du SNPLS et l’équipe diocésaine de l’exorcisme.

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