Il y a dix ans, Sœur Emmanuelle nous quittait

Sœur Emmanuelle est décédée le 20 octobre 2008, 1 mois avant ses cent ans. Elle était “la Sœur préférée” des Français. Retour sur une vie “donnée” aux plus pauvres et aux plus démunis.

Sœur Emmanuelle, naît Madeleine Cinquin le 16 novembre 1908 à Bruxelles en Belgique. Elle grandit dans une famille aisée entre Paris, Londres et Marseille. Comme elle raconte dans un de ses derniers livres “J’ai 100 ans et j’aimerais vous dire” (Plon) elle est fortement traumatisée à six ans par le décès accidentel de son père qui se noie sous ses yeux à Ostende. Selon elle, dans son inconscient, sa vocation de religieuse date de cet accident.

En 1931, elle entre sans l’ordre Notre-Dame de Sion où elle prend le nom de Sœur Emmanuelle et devient professeur de lettres et de philosophie en Égypte, en Turquie et en Tunisie. Mais à l’heure de sa retraite d’enseignante, alors que d’autres ne pensent qu’à se reposer, la fougueuse religieuse décide de se consacrer entièrement aux pauvres et s’établit au Caire avec les chiffonniers d’un bidonville.

Elle s’attelle avec joie à sa vocation première : venir en aide aux plus pauvres des pauvres. Elle va réussir l’impossible en faisant construire des écoles, des maisons et des dispensaires, bientôt soutenue par des dons venus du monde entier. Entre temps, elle fonde une association, “les amis de sœur Emmanuelle” qui deviendra en 2005 “ASMAE – Association, Sœur Emmanuelle” aidant aujourd’hui plus de 60 000 enfants de par le monde.

La joie du don

En 1993, elle rentre en France et subit de plein fouet la morosité ambiante. Cette femme d’action, pas vraiment faite pour la retraite s’investit alors dans l’écriture et la collecte de fonds pour son association et en faveur de toutes les misères. Souvent invitée sur les plateaux de télévision, elle étonne et éblouit même les plus endurcis par son énergie et sa capacité d’amour extraordinaires. Elle n’hésite pas à demander à l’Église et aux plus fortunés de vendre leurs biens pour donner aux plus pauvres leur promettant ainsi de trouver “la joie” : “J’ai pensé à vivre d’amour, et je crois en effet que l’amour est éternel. Plus fort que la mort. La mort attaque tout ce qui est matériel”.

Son mot d’ordre : “En avant ! : Yalla !” restera longtemps dans les mémoires. Elle est décédée à presque 100 ans le 20 octobre 2008 dans la maison de repos des religieuses de Notre-Dame de Sion à Callian dans le Var. Elle a été inhumée dans la plus stricte intimité dans le cimetière du village. Le même jour a été célébrée à Notre-Dame de Paris une messe requiem présidée par l’Archevêque de Paris, Mgr vingt-Trois.

Source Croire

 

Retrouver son testament spirituel dévoilé lors de la messe de Requiem présidée par le cardinal André Vingt-Trois, ancien archevêque de Paris, le 22 octobre 2008 :

Si chers Amis,

Nous le savons, l’Amour est plus fort que la Mort, le lien d’amitié profonde que nous avons noué ensemble dans la joie, a une valeur d’éternité joyeuse.
Aujourd’hui, où vous vous êtes encore une fois dérangé pour moi, mon âme et mon cœur sont tout près de votre âme et de votre cœur.
Je voudrais que cette chère rencontre se déroule dans une atmosphère de joie.
J’ai choisi des cantiques pleins d’allégresse. Chantez les joyeusement à pleine voix !
Je tiens à vous dire un merci bondissant de reconnaissance pour ce que vous avez fait et ferez encore, je le sais, pour nos milliers d’enfants en difficulté à travers le monde.
Grâce à vous, ils deviennent des citoyens debout et heureux. L’enfant qui souffre «sensible à vos cœurs» rappelle le mot de Pascal : «Dieu sensible au cœur».
Voilà la merveille qui, au-delà de toute conviction religieuse, politique, culturelle ou autre, nous unit tous dans une belle harmonie.

Seigneur, tu as voulu que nous, les humains, puissions tressaillir devant la douleur et arriver à la soulager. C’est ainsi que, comme nous le dit le Christ, dans l’Évangile de Matthieu au chapitre 25, nous devenons «bénis» par Toi, notre Père des cieux.
Oui vous êtes bénis, vous qui savez aimer et partager, vous êtes bénis, parce que, sans le savoir peut-être, vous avancez sur la route qui mène à l’éternité bienheureuse où je vous attends dans le même Amour.

Une petite confidence pour finir. J’ai demandé que soit chanté comme psaume le Magnificat. Ce cantique contient en effet le secret du bonheur de ma vie.
Dès mon entrée en religion, en 1931, je me suis confiée, corps et âme, à la Vierge pour qu’elle me garde fidèle. Elle l’a fait et comment ! Remerciez-la avec moi !
Yalla ! En avant ! C’est passionnant de vivre en aimant !

Votre Emmanuelle qui garde chacun et chacune de vous dans son cœur

Source Église de France

En hommage à Sœur Emmanuelle, programmation spéciale sur les antennes de RCF : https://rcf.fr/spiritualite/temoins-de-la-foi/l-heritage-de-soeur-emmanuelle-10-ans-apres-sa-mort

 

 

 

 

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