Vivre la Coupe du monde 2018 en chrétiens

La Russie accueille, du 14 juin au 15 juillet, la Coupe du monde de football, qui verra s’affronter les 32 meilleures équipes du monde. L’occasion de rappeler que, pour l’Église, le sport est moyen de croissance intégrale de la personne au service de la paix et de la fraternité entre les peuples.

Lors de l’audience générale de mercredi 13 juin, le Pape François a adressé un salut aux personnes impliquées dans la Coupe du monde de football. «Demain s’ouvrira la Coupe du Monde en Russie. Je voudrais adresser mes salutations cordiales aux joueurs et aux organisateurs, ainsi qu’à ceux qui suivront par le biais des médias cet événement qui dépasse toutes les frontières. Que cet événement sportif important devienne une occasion de rencontre, de dialogue et de fraternité entre différentes cultures et religions, favorisant la solidarité et la paix entre les nations».

 

Prier pour le sport

En août 2016, à l’occasion des Jeux olympiques de Rio, le Pape avait déjà appeler à prier pour que le sport soit une opportunité de rencontre fraternelle entre les peuples et contribue à la cause de la paix dans le monde. «À travers le sport, il est possible de construire une culture de la rencontre entre tous, pour un monde de paix. Je rêve que le sport puisse être un vecteur de dignité humaine, véhiculant la fraternité. Et si nous nous entraînions ensemble à porter cette intention ? Que le sport favorise la rencontre fraternelle entre les peuples et contribue à la paix dans le monde».

 

Le sport, une école de vie et de foi

 

«Donner le meilleur de soi» : c’est le titre du document présenté le 1er juin 2018 par le Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie. Le texte condense le magistère des Papes et de l’Église sur le sport, en mettant en relief les analogies entre l’effort de la compétition et l’engagement dans la vie chrétienne. Le sport forme les personnes, à condition qu’il soit «propre, humain et juste».

Le document commence par une anecdote amusante remontant à 1904. Le Vatican fut alors le lieu d’une animation inhabituelle : une présentation de gymnastique, avec des athlètes dont la tenue contrastait avec celles des visiteurs habituels en pèlerinage au Siège de Pierre … Un Monseigneur de Curie, déconcerté, murmura aux oreilles de Pie X : «Où finirons-Nous ?» Et le Pape de répondre, amusé : «Au Paradis, mon cher !». L’anecdote montre la considération ancienne apportée par le Saint-Siège et l’Église catholique à l’égard du sport, considéré comme un instrument utile d’éducation et de formation des personnes.

Un sport pour la personne

Dans les cinq chapitres et les 50 pages du texte, le document analyse l’histoire du phénomène sportif, en offre une lecture anthropologique au point de vue des valeurs, puis en aborde les défis et les dérives, notamment le dopage et la corruption, pour finir avec la description du rôle joué par l’Église dans ce secteur, considéré comme un «moderne Parvis des Gentils». Ce qui est relevé, c’est qu’il n’existe pas «un sport chrétien» mais «une vision chrétienne du sport». Il est donc rappelé que l’Église, comme Jean-Paul II l’a souvent expliqué, ne se limite pas à encourager une «pratique sportive qualifiée», mais considère le sport comme un outil pour le développement de la personne, un espace dans lequel elle peut donner le meilleur d’elle-même, et développer l’amitié, le dialogue, l’égalité, le respect, la solidarité.

Gymnastique du corps et de l’esprit

Le chapitre 2 revient sur l’évolution générale du sport, évoquant notamment le rétablissement des Jeux olympiques par Pierre de Coubertin, soutenu par le père dominicain Henri Didon, qui a permis une diffusion progressive du sport comme un phénomène global, jusqu’à faire pleinement partie aujourd’hui de la culture populaire. Le chapitre 3 déplace lui l’attention sur les valeurs de l’activité sportive, considérées comme «synoptiques» par rapport à celles de la foi, notamment avec la préoccupation du «développement harmonieux et intégral de la personne, âme et corps». Ce parallélisme entre le sport et la foi est développé en 10 points. L’un d’entre eux est le fair-play, qui enseigne aux athlètes à «être attentifs et respectueux de l’adversaire», au-delà de la peur d’être sanctionnés. Les sportifs peuvent donc jouer un rôle d’éducateurs pour des jeunes parfois désorienté par la perte des valeurs.

La compétition corrompue

Si le visage propre du sport enseigne «le goût et la beauté du jeu d’équipe», la valeur du sacrifice et de «l’abnégation» en vue d’un résultat d’excellence, un «grand dommage aux personnes» peut venir de l’excès de commercialisation qui touche certains sports. Le chapitre 4 est bref mais incisif dans la façon d’aborder tout ce qui ruine le secteur. Tout apparait quand la pratique sportive se dégrade autour de l’idée de «vaincre à tout prix». À partir des «risques pour la santé» avec les athlètes réduits à «de la pure marchandise», en passant par les abus «physiques, sexuels ou émotionnels» commis sur des mineurs, pour lesquels il faut des mesures de sécurité, jusqu’aux «comportements antisportifs» des supporters, le texte dénonce les situations qui minent la beauté du visage «humain et juste» du sport.

Les quatre défis

Pour l’Église, il y a quatre domaines dans lesquels il faut intervenir pour éviter que les intérêts partisans contaminent les secteurs du sport tentés par la performance en dehors des règles. La première regarde la «dévalorisation du corps», qui mène, à «l’automatisation des athlètes» et souvent à une «spécialisation précoce» qui peut miner la santé du corps, par exemple dans le cas des gymnastes d’élite pour lesquels l’effort de rentrer dans un modèle «physique pré-pubère» peut causer des «troubles de l’alimentation». Le deuxième domaine concerne le dopage, une pratique qui dégrade le corps de l’athlète en même temps qu’elle contribue à fausser les résultats, et demande donc «des efforts internationaux concrets et coordonnés» de la part des organisations sportives, mais aussi des médias et des acteurs financiers et politiques.

Dans le sillage de la «super-spectacularisation» des évènements sportifs se niche aussi la corruption de type économique, considérée par ce document comme le troisième défi à vaincre pour éviter les trucages et les pièges orchestrés par des «acteurs externes» à l’environnement (notamment dans le cas des paris sportifs) et pour protéger l’intégrité du sport.

Un quatrième domaine d’intervention concerne les «supporters et spectateurs». Le document lance un appel pour la sauvegarde de la «communauté unie» des supporters, pour que leur passion demeure «une source fantastique de joie et de beauté».

Stratégie éducative

Le cinquième et dernier chapitre est consacré à la pastorale de l’Église sur les différents niveaux du monde du sport. Des paroisses aux familles, des lieux d’enseignement aux salles de fitness, le document insiste sur la nécessité d’une «stratégie éducative», déclinée d’une façon spécifique, qui puisse soutenir les éducateurs sportifs, les professionnels, les parents, les volontaires, les prêtres et personnes consacrées.

Le document cite enfin les paroles prononcées par le Pape François lors d’une audience au Centre Sportif Italien, en 2014 : se mettre «en jeu avec les autres et avec Dieu sans se contenter d’un match nul médiocre». «Donner le meilleur de soi-même» pour «ce qui durera pour toujours».

Source Vatican News

Télécharger le résumé du document :

Breve sintesi del Documento FRAN

 

Mgr Lebrun : le football, “une activité profondément humaine”

 

“Les plus pauvres, comme les plus riches jouent au football”

La Coupe du Monde de football s’ouvre jeudi 14 juin avec un premier match qui opposera la Russie à l’Arabie saoudite. À cette occasion, RCF reçoit Mgr Dominique Lebrun, Évêque du diocèse de Rouen et ancien arbitre de football. Une profession qu’il a exercée pendant 13 ans. “Il me reste des souvenirs de joie. Plus qu’un sport, c’est une joie, c’est un jeu que j’ai beaucoup apprécié. La beauté de ce jeu si simple qu’est le football. C’est vraiment le type d’activité qui n’est pas sophistiqué. Les populations les plus pauvres, comme les plus riches, jouent au football” explique Mgr Lebrun.

L’arbitre n’est pas le personnage le plus populaire sur le terrain. Il y a une certaine forme de solitude. Une solitude que peut aussi ressentir un évêque. “Quand on est arbitre, on est relativement seul. Il ne faut pas oublier les juges de touche, l’encadrement, mais on prend la décision seul. Et l’évêque prend de temps en temps des décisions, avec une équipe, mais qu’il assume et qu’il doit prendre lui, personnellement” ajoute-t-il.

Cette Coupe du Monde suscite beaucoup d’enthousiasme mais beaucoup de gens sont déjà agacés. Ils ne supportent pas ce sport. Mgr Lebrun répond surtout à ceux qui aiment le football, “de faire attention dans leurs familles. Je sais aussi qu’il y a beaucoup de personnes qui n’aiment pas ça, mais qui prennent du plaisir à voir ceux qui aiment regarder les matchs. Je connais des gens qui s’y sont mis au plus tard”.

Un sport facteur de cohésion sociale

Il y a vingt ans, la France devenait championne du monde, en 1998. Mgr Lebrun était en Seine Saint Denis. “Nous avions des soirées foot à la paroisse avec un grand écran. Ma joie c’était alors d’offrir aux gens de la rue la possibilité de regarder un match, dans une ambiance familiale. Des familles venaient, des personnes âgées également. C’était des moments de convivialité que je garde en bon souvenir” précise l’Évêque du diocèse de Rouen.

Pour Mgr Lebrun, “priorité au travail pastoral, mais ceux qui m’entourent savent que j’aime le football et ils éviteront de me déranger au mauvais moment. Les matchs vont être inscrits dans mon agenda. Le gardien de l’archevêché m’a procuré un calendrier, gentiment, hier soir, et il faut que je les inscrive”.

“Dieu est présent” dans le football

La religion est un facteur important, et visible, dans le football. Sur le terrain, il n’est pas rare de voir des joueurs se signer. “Cela ne m’étonne pas. L’activité sportive est une activité profondément humaine. Elle met en action notre corps, mais aussi notre esprit, notre cœur, notre volonté, notre intelligence dans des relations humaines qui sont fortes. Là où il y a de l’humanité présente, il est évident que Dieu est présent” lance encore l’ancien arbitre.

Le football c’est le meilleur, mais c’est aussi le pire. Le racisme, les cris de singe, l’argent, la corruption. “Comme toute activité humaine, il peut y avoir des déviances. Mais il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Accueillir ce qu’il y a de meilleur dans l’activité sportive, et petit à petit éliminer les problèmes, parfois de manière décisive. Il ne faut surtout pas rejeter en bloc le sport, car dans ce cas il se passerait des choses pas très justes” reconnait Mgr Lebrun.

Source RCF

___________________________________________________________________________

 

Remettre Dieu au centre du terrain, une initiative de la Mission Ouvrière du diocèse de Lille

 

La Mission Ouvrière du diocèse de Lille propose des outils pour «vivre la coupe du monde en chrétiens». Depuis plus de 60 ans, la Mission Ouvrière réunie les acteurs de l’Église catholique dans le milieu ouvrier et les quartiers populaires. Alors, la Coupe du monde de football qui débute le 14 juin 2018 est l’occasion de se saisir de cette passion populaire pour le football pour donner la parole à tous, partager des moments de joie et témoigner de notre foi.

La démarche «Vivre la Coupe du monde en chrétiens» c’est un site internet qui proposera des jeux et des propositions d’animations à vivre avant, après et à la mi-temps des matchs. Bien sur, ces animations ne sont que des prétextes pour lancer des discussions et partager et ce, notamment sur les réseaux sociaux via les comptes Facebook et Twitter de l’initiative.

En savoir plus :

https://cdmenchretiens.wordpress.com/https://www.facebook.com/CDMenchretienshttps://twitter.com/CDMenchretiens

 

___________________________________________________________________________

 

Le football est le plus individualisé des sports collectifs

 

“Chacun pour soi et la somme des intérêts particuliers fera l’intérêt de tous”. C’est la définition du libéralisme et aussi la façon dont fonctionne le football aujourd’hui.

“Je ne comprends pas qu’on puisse être indifférent au football”, nous dit Robert Redeker. C’est aujourd’hui à 16 h 30 heure française, que débute la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde 2018. Et le moins qu’on puisse dire c’est que désormais et durant un mois il sera difficile d’y échapper ! Difficile aussi d’échapper aux controverses que le sport suscite tant il concentre d’enjeux économiques.

“Le foot c’est intéressant dans la mesure où ça permet de comprendre des choses ou d’interroger le monde contemporain”

L’Évènement le plus médiatisé au monde

“On peut aimer ou détester mais on ne peut pas être indifférent”, affirme Pierre Rondeau. Déjà on ne peut pas faire comme si ça n’existait pas puisque qu’en 2014 par exemple, la finale de la Coupe du monde a été vue par 1,7 milliard de personnes et que l’on estime à 3,2 milliards le nombre de personnes qui ont vu au moins 10 minutes du match : soit la moitié de la population mondiale.

Le dirigeant russe a chez lui “l’événement le plus médiatisé au monde”, devant les Jeux olympiques par exemple. On ne peut donc pas être indifférent quand on sait les enjeux politiques de la Coupe du monde. Ce sport, comme le dit Robert Redeker, “s’adapte à tous les régimes politiques”. “Il y a eu le football fasciste, on se souvient en 1978 de l’utilisation du foot en Argentine … pour Poutine c’est une très très bonne affaire”. La Coupe du monde en Russie, l’opposition étouffée, l’image du président lissée par rapport à la Syrie, l’Ukraine … “Profiter de l’engouement footballistique pour asseoir une réputation, c’est tout l’enjeu du football aujourd’hui”, convient l’économiste.

Le football miroir de notre époque

Surtout on ne peut pas ignorer un sport représentatif “d’une économie de marché ultralibéralisée, ultradérégulée”. “Miroir de la société moderne”, le football contemporain a cette vertu de nous faire voir “ce que pourrait être la société si on continue comme ça dans cette folle dérégulation”. Il y avait bien la jolie formule d’Albert Camus, que “les thuriféraires du football” aiment citer : “Ce que je sais de la morale, c’est au football que je le dois”. Aujourd’hui, le professionnalisme a bouleversé les “valeurs” de ce qui est devenu un “sport-business”.

“C’est mon sport chéri, confie Pierre Rondeau, le sport que je pratique depuis toujours, que j’adore regarder, j’adore passer mes journées entières devant des matches de football !” Mais l’économiste ajoute qu’il est également passionné par “tout ce qu’il y a autour du football, toute son économie, son anthropologie, son histoire, sa culture”. “Je trouve que le foot c’est intéressant, dans la mesure où ça ressemble à une fable qui permet de comprendre des choses ou d’interroger le monde contemporain”. Robert Redeker, auteur de “Peut-on encore aimer le football ?” (éd. du Rocher), envisage le foot comme un objet intellectuel, une “sorte de tremplin pour rebondir vers des questions philosophiques”.

Et Le sens du collectif ?

20 ans après, qui ne s’émeut pas de la victoire des Bleus en 1998, la France entière réunie par une même ferveur collective ? Parlons-en du collectif. “La somme des intérêts particuliers fait l’intérêt collectif”, dit-on en économie. C’est même la définition du libéralisme : “chacun pour soi et la somme des intérêts particuliers fera l’intérêt de tous”, rappelle l’économiste. “Le football, c’est un sport collectif mais c’est le sport collectif le plus individualisé”. Sur la pelouse verte “des équipes de mercenaires”, composées de joueurs et de véritables stars, et entre eux “des écarts de rémunération astronomiques”.

“Le système économique du football à l’heure actuelle en tant que tel peut me décevoir”. Pierre Rondeau, auteur avec Richard Bouigue de l’ouvrage “Le foot va-t-il exploser ?” (éd. L’Aube), en appelle à “une régulation pour sa protection”.

Avec : Robert Redeker , philosophe, essayiste et Pierre Rondeau , économiste du sport, professeur à la Sports Mana­gement School.

Source RCF :

 

Nous contacter

Laissez nous un message !

En cours d’envoi
Diocèse de Reims - 2018 © Corinne Salmon - Mentions légales

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?