Catéchumènes : derniers rites préparatoires

Derniers rites préparatoires à la réception des sacrements de l’initiation à la Veillée Pascale

Au terme du Carême où leur préparation a pris la forme d’une sorte de retraite spirituelle de quarante jours ouverte par la célébration de l’appel décisif et de l’inscription du nom et scandée par les trois scrutins, les catéchumènes ont déjà pu prendre part aux liturgies de la semaine sainte avec leurs accompagnateurs. Depuis le dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur, ils ont pu «commencer avec toute l’Église la célébration du Mystère Pascal».

Les rites qui précèdent la Veillée pascale

Le soir du Jeudi Saint, ils ont participé à la première partie de la messe en mémoire de la Cène du Seigneur qui comporte le geste du lavement des pieds. Le Vendredi Saint, ils ont participé à la célébration de la Passion au cours de laquelle la communauté chrétienne a encore prié pour eux en demandant au Père «Qu’ils soient incorporés à Notre Seigneur Jésus Christ» et «prennent place parmi ses enfants d’adoption».

Le Samedi Saint, l’Église conseille de consacrer la journée à la prière et au recueillement, dans une sorte de retraite spirituelle, si c’est possible, et elle invite à cesser le travail habituel. Les catéchumènes peuvent donc être réunis pour un temps de prière pendant lequel les derniers rites préparatoires pourront être célébrés. Les accompagnateurs devront choisir le ou les plus adaptés à leur situation propre. Le Rituel manifeste ici encore une grande souplesse, comme dans tout le parcours de l’initiation chrétienne. Pour préparer ce grand événement pascal, le jeûne est proposé pour les futurs baptisés. Il est bon d’en faire l’invitation aux catéchumènes et de discerner avec eux si cela leur est possible et selon quelles modalités. Pratiquer un jeûne sera pour la plupart une nouveauté : cela demande aussi une initiation.

Quatre rites proposés le Samedi Saint

L’Église offre la possibilité d’en célébrer un seul, ou deux, ou trois ou quatre, selon les besoins des futurs baptisés. Il sera alors nécessaire de bien les articuler entre eux.

La reddition du Symbole ou Credo

Les catéchumènes proclament publiquement la foi au cours d’une liturgie de la parole de Dieu dont les modalités concrètes sont prévues par le rituel. Cette célébration prépare à la profession de foi baptismale et à la mission d’annoncer l’Évangile. Elle marque la volonté des futurs baptisés de prendre leur part à l’héritage et à la tradition vivante de la foi. Après avoir écouté la Parole de Dieu avec l’assemblée, le célébrant dit cette prière :

«Seigneur, nous te prions pour ces catéchumènes à qui tu as déjà révélé le dessein de ton amour et les mystères de la vie du Christ ;
Accorde-leur la grâce de professer publiquement la foi et d’y être fidèles.
Donne-leur aussi d’agir toujours selon ta volonté. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur».

Le rite de l’Effetah

Il est souvent apprécié des catéchumènes parce que ce geste a été accompli par Jésus lui-même : il a guéri un sourd-bègue (Mc 7, 31-37). Par son symbolisme propre, il exprime la nécessité de la grâce pour entendre la parole de Dieu et la proclamer pour le salut. Il signifie que l’homme répond aux appels du Seigneur en s’ouvrant à lui de tout son être. De son pouce, le prêtre touche les oreilles et les lèvres de chacun des catéchumènes en disant :

«Effetah (c’est-à-dire) : ouvre-toi, afin que tu proclames la foi que tu as entendue pour la louange et la gloire de Dieu».

Si les accompagnateurs décident de le proposer aux futurs baptisés, il est donc normal qu’il soit fait avant la reddition du Symbole, si celle-ci a lieu.

Le choix d’un nom chrétien

Il est possible s’il n’a pas été fait plus tôt (à l’entrée en catéchuménat, par exemple). Ce rite peut revêtir une certaine importance de nos jours, étant donné la liberté laissée par l’état civil en France dans le choix du prénom à la naissance. Un nom chrétien (qui peut s’ajouter au premier nom) est alors donné au cours d’une liturgie de la Parole dont les textes proposés sont très riches : «Tu t’appelleras Abraham … » (Genèse 17) ; «Tu seras appelé d’un nom nouveau» (Isaïe 62) ; «Je lui donnerai un nom nouveau» (Apocalypse 3, 11-13) ; «Tu es Pierre … » (Matthieu 16) ; «Tu t’appelleras Pierre» (Jean 1). Toute une catéchèse préparatoire à ce rite peut être faite : dans la Bible, le nom a toujours une profonde signification.

L’onction d’huile des catéchumènes

Elle peut être célébrée pour elle-même, ou bien comme préparation à la reddition du Credo, ou comme prolongement de ce rite. Elle a pour but de fortifier le courage des futurs baptisés, elle signifie à ceux qui vont recevoir les sacrements de Pâques que la force du Christ agira dans leur faiblesse pour lutter contre le mal. Il arrive que certains d’entre eux sont éprouvés à quelques heures de leur engagement de baptisés, et ce rite peut être pour eux d’un grand secours, en marquant la sollicitude du Christ et de l’Église à leur égard. Le célébrant fait l’onction avec l’huile des catéchumènes sur les deux mains du candidat (ou sur la poitrine). Si les catéchumènes sont très nombreux, il peut faire appel à plusieurs ministres. L’onction sur la tête est réservée à l’onction du saint chrême.

«Interrogez cet homme : «Es-tu chrétien ?- Non», répondra-t-il. «Es-tu païen alors, ou juif ?» – Non plus. «Demandez-lui encore : «Es-tu catéchumène ou fidèle ?» S’il te répond : «Catéchumène», c’est qu’il a reçu l’onction mais il n’a pas encore été plongé dans le bain. Par le fait même qu’il est catéchumène, il dit : «Je crois au Christ». Mais l’onction ne lui suffit pas. Qu’il se hâte vers le bain, s’il veut la lumière».

Voici désormais les catéchumènes disponibles pour «approcher de la fontaine baptismale où ils naîtront à la vie nouvelle».

 

Par Odette Sarda, Théologienne de la Congrégation des Dominicaines. Source liturgie catholique.

 

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