“Le baptême est une force, mais aussi un engagement”

Presque tous les enfants étaient baptisés dès leur naissance autrefois. Aujourd’hui, s’ils sont moins nombreux, de plus en plus d’adultes demandent le baptême et s’engagent dans la voie du catéchuménat. C’est un signe de vitalité chrétienne que d’avoir le bonheur, chaque année, de baptiser de nombreux adultes et adolescents. Nous avons posé quelques questions à Jean-Georges Antoni, diacre permanent et délégué diocésain au catéchuménat des adultes.

 

“Reims-Ardennes” – Pourquoi carême et catéchuménat sont-ils s’y étroitement associés ?

Jean-Georges Antoni. La montée vers Pâques est un temps de purification, vécu en communauté. Le carême n’est pas un temps de tristesse et de privations, mais un temps de préparation intérieur à vivre la résurrection du Christ, au cœur de notre foi. Les étapes catéchuménales se déroulent pendant le carême. Le but est double : célébrer avec les catéchumènes, en faisant en sorte que l’assemblée soit aussi partie prenante.

Ce mot de “scrutin”, ce n’est pas une élection ? …

Cela signifie “regarder”, comme scruter l’action de Dieu dans notre vie et aussi “se laisser regarder” par Lui. On suit les Évangiles de l’année A, à savoir : pour le premier scrutin, l’Évangile de la Samaritaine ; pour le deuxième scrutin, celui de l’aveugle-né et, pour le troisième, celui de Lazare. Jésus ouvre nos yeux : dans notre route vers Pâques, nous sommes plongés comme à notre baptême, dans le mystère de la mort et de la résurrection du Christ.

Quelles sont les propositions diocésaines ?

Pendant le temps de catéchuménat, la tradition du symbole de la foi et la tradition du Notre Père. La retraite a lieu le samedi des Rameaux avec la récitation du Notre Père devant l’assemblée, avec le très beau rite de l’“effetah” ou l’ouverture de la bouche, “afin que tu proclames la Parole de Dieu que tu as entendue”. Ce rite exprime la nécessité de la grâce pour entendre la parole de Dieu et la proclamer. Il y a aussi l’onction avec l’huile des catéchumènes. Les prières du Vendredi Saint sont, notons-le bien, en premier lieu pour les catéchumènes. Les premiers chrétiens eux-mêmes avaient tellement peur de ne pas être fidèles à leur baptême, qu’ils se faisaient baptiser juste avant leur mort. Car le baptême est une force mais aussi un engagement.

De plus en plus de catéchumènes vivent des situations matrimoniales “complexes” … et les accompagnateurs savent les souffrances des catéchumènes à qui le baptême a été refusé. Comment faire pour ne pas se comporter comme des agents de “douane pastorale” ?

Le Pape François y consacre l’intégralité de son chapitre 8, dans son exhortation apostolique “La joie de l’amour” (Amoris Lætitia). Il appelle à trois attitudes : accueillir, accompagner, discerner. Le Pape nous invite d’abord à accompagner, à instaurer une relation de confiance, puis voir jusqu’où on peut aller. Pour éviter les situations d’échec, il faut insister sur la période de “pré-catéchuménat”, pour une première familiarisation avec la foi. Certaines situations peuvent être résolues avant l’entrée au catéchuménat, puisque l’entrée en catéchuménat célèbre l’entrée publique dans la communauté. Dans notre diocèse, dix prêtres sont chargés de rencontrer ces personnes et de trouver, avec elles, des chemins de conversion.

Enfin, pourquoi le choix de Mézières cette année, pour l’appel décisif ?

Pour bien montrer que nous sommes un seul et même diocèse en dépit du fait que 80 % des catéchumènes viennent de Reims et de ses environs.

 

Propos recueillis par Élisabeth Joubert – Revue “Reims-Ardennes” de février 2018

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