Aller aux périphéries

Le Pape François invite à aller aux périphéries. Vous invitez les chrétiens à aller sur ces terrains. Vous-même, quelles sont vos “périphéries” ?

Mgr Thierry Jordan – Lorsque le Pape parle des périphéries, il ne s’agit pas de lieux secondaires ou facultatifs, mais bien de rejoindre des situations, des états de vie où l’Église est peu présente ou absente, et doit y annoncer la Bonne Nouvelle. Lors de l’ordination d’un évêque de la Province, je lui conseillais de laisser un peu de temps dans son agenda pour “se mouiller”. Il y a deux domaines dans lesquels je me suis investi à titre personnel, non seulement pour prendre ma part de ces missions un peu compliquées, mais aussi par besoin, pour vivre une proximité avec certains qui sont loin, qui ont besoin que l’Église leur témoigne un intérêt.

Concrètement, quels sont ces lieux ?

Les premier est la Maison d’arrêt de Reims. J’y vais régulièrement, six ou sept fois par an, principalement lors des vacances, car les personnes incarcérées n’en ont pas ! Cela permet aussi à l’aumônier de souffler un peu. J’y vais pour un temps de célébrations, et je reste dans la salle pour ceux qui veulent me parler, puis je passe dans un certain nombre de cellules. Je ne pose pas de questions sur ce qu’ils ont fait. Certains m’en parlent, d’autres pas. J’y rencontre des vies brisées par des épreuves, de mauvais comportements ; certains sont rejetés par leur famille. Je suis là avec eux. Je ne sais si c’est utile, j’essaye simplement de leur apporter une écoute, d’être là comme quelqu’un qui a du cœur.

Le deuxième n’est pas un lieu, mais une population, les gens du voyage dans les Ardennes, où résident un certain nombre de grandes familles ; à Neuvizy, j’ai rencontré une grand-mère fière de ses quatre-vingts descendants ; c’est dire si les familles peuvent être conséquentes. Comme j’ai un peu de mémoire, j’essaye de retenir les noms, les visages, de les reconnaître selon les familles. Ce peuple m’a adopté. J’ai réussi à avoir avec eux une relation simple et amicale. Il faut reconnaître qu’ils ont un immense sens de la famille et de l’hospitalité, et avec eux, je me sens en famille. Je suis pour eux “Le Ratchaï”, l’homme de Dieu. D’ailleurs j’y vais au nom du Seigneur ; j’ose une parole pour les mettre debout, leur donner d’aller plus loin, surtout les jeunes, les interroger ; c’est ainsi que j’ai célébré quelques mariages, un peu comme Paul quand il convertissait une famille entière. Tout à l’heure, je vais célébrer deux baptêmes à Neuvizy, avant d’aller rejoindre leur rassemblement. Il y aura une armée de jeunes. Je n’ai pas peur de leur parler, je sais qu’il écouteront.

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