«Découvrir le mystère de Jésus, c’est comprendre l’amour»

Le 1er juillet prochain, vous nous quittez ?…

Monseigneur Thierry Jordan – Je vais avoir 75 ans, le 31 août, et personne n’est propriétaire de sa charge. J’ai écrit au Pape François, qui a accepté le principe de mon départ et des réflexions sont en cours pour ma succession. Ma mission est de servir et je pars serein. Bien sûr, c’est un gros coup de quitter les gens que j’ai côtoyés pendant dix-neuf années. La mission est d’aimer, mais il faut aussi faire preuve de bon sens et de raison, un nouvel élan est nécessaire !

Qu’allez-vous faire ?

Je retourne à Versailles, mon diocèse d’origine, où je vais rester actif mais ne serai plus responsable. Je ferai essentiellement de l’accompagnement spirituel, de prêtres et de diacres. Ce qui me plaît beaucoup, par l’écoute et le conseil que cela implique. J’assurerai aussi des formations et des confirmations. Je serai rattaché à une paroisse.

Que va devenir le diocèse de Reims ? Que va-t-il se passer ?

Le siège épiscopal sera vacant jusqu’à la prise de fonction du nouvel évêque. Les choses continueront sur leur lancée. La plupart des conseils cesseront d’exister, le conseil diocésain de pastorale et le conseil presbytéral notamment. un groupe d’hommes sages, les consulteurs, va avoir un rôle essentiel, en élisant un administrateur diocésain en septembre. Monseigneur Bruno Feillet restera présent.

Quels sont les évènements marquants de votre épiscopat ?

L’évêque a la délicate mission d’ajuster ses intuitions personnelles aux pratiques diocésaines déjà en place. en tant qu’Archevêque de Reims, il fait aussi le lien avec les autorités civiles dans une bonne acception de la laïcité. Lien d’autant plus important que Reims est une cathédrale historique à plus d’un titre : réconciliation franco-allemande De Gaulle-Adenauer en 1962, en présence du cardinal Marty, l’anniversaire de cet évènement avec François Hollande et Angela Merkel en 2012, réception des vitraux de Knobel en présence des autorités de l’État, monsieur Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, et de son homologue allemand.

Mon action a été guidée par le souci des personnes en situation de fragilité : les migrants, les pensionnaires de la maison d’arrêt de Reims, les gens du voyage. J’ai entretenu avec elles des relations régulières. et surtout, j’ai essayé d’être toujours disponible pour les jeunes et leur famille.

Quels sont vos messages ?

Je souhaite, tout d’abord, saluer et remercier tous ceux avec qui j’ai travaillé, qui restent aujourd’hui devant une situation en pleine évolution. N’ayez pas peur de cette évolution, elle est normale ! Mais seulement, tout s’accélère. il faut accepter d’avoir un œil neuf et de se laisser renouveler personnellement. «Vive le changement», comme je l’écrivais récemment dans la revue diocésaine. Mon deuxième message est d’être conscient que nos moyens sont limités. Cette préoccupation doit être partagée par tous les chrétiens. elle est vitale pour l’évangélisation, et l’interpellation est la même pour la vie consacrée. toutefois, nous sommes là et nous devons faire face ! Bien sûr, les laïcs doivent se former de telle sorte qu’ils soient témoins dans le monde et qu’ils prennent des responsabilités dans l’Église. Pour cela, il ne faut pas être témoins d’idées et de principes, mais il faut avoir rencontré Jésus-Christ. On doit travailler ensemble : qu’il y ait un partenariat entre tous. Ce n’est pas une œuvre personnelle. il y a un travail sur soi à faire et ensemble, pour donner un autre visage et une impulsion nouvelle. Enfin, mon troisième message est de dire : c’est difficile, alors, allons-y ! N’attendons pas d’avoir des sécurités pour se lancer.

Dans chaque communauté, dites-vous quelles nouvelles initiatives convient-il de prendre. Le message religieux est extraordinairement adaptable aux époques qu’il traverse. À la suite de Jean-Paul II, quarante ans après, je voudrais redire : n’ayez pas peur ! allons-y ! Si c’est votre œuvre, elle tombera, si c’est l’œuvre de l’esprit saint, elle continuera.

Parmi les Apôtres, lequel pourrait symboliser la place que vous avez occupée dans l’Église, tout au long de vos années d’épiscopat à Reims ?

Il me semble que c’est Saint Jean ! Parce que lui pose sa tête sur la poitrine de Jésus, et c’est là le secret pour aimer les autres. Au soir de sa vie, Saint Jean a redit toujours la même chose. Découvrir le mystère de Jésus, c’est comprendre l’amour, l’amour de Dieu et l’amour des autres. J’ai envie de répéter cela.

Propos recueillis par Élisabeth Joubert – Chemins d’été 2018

Les Évêques, successeurs des Apôtres

Mgr Jordan est le 110ème Archevêque de notre diocèse. Nommé le 20 juillet 1999, il prenait possession de sa charge d’Archevêque métropolitain le 26 septembre 1999, en la cathédrale de Reims.

La «succession apostolique» est une chaîne, une transmission ininterrompue depuis les Apôtres, de l’autorité des pouvoirs reçus de Jésus à ses successeurs. C’est par la consécration épiscopale que se transmet la succession apostolique. Depuis vingt siècles de christianisme, les Évêques, unis au Pape, assurent la continuité vitale et institutionnelle de la mission confiée aux Apôtres par le Christ.

Source Église de France

 

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