Des lignes fortes dans une variété de missions

Monseigneur, vous avez eu un ministère varié, comme prêtre, comme évêque. Pourriez-vous nous en donner quelques aspects importants pour vous ?

Mgr Thierry Jordan – Je pourrais dire plein de choses, le ministère donne tant d’occasions de rencontres, mais je voudrais particulièrement en situer trois qui ont eu un impact particulier pour moi.

D’abord, comme tout jeune prêtre, cinq ans après mon ordination, on m’a envoyé pour une première fois comme professeur au grand séminaire de Versailles. J’ai rencontré là des jeunes d’horizons variés qui avaient besoin d’être structurés dans la foi et, au-delà de leur générosité, acquérir un esprit d’ouverture. Le souci des vocations que je porte, je l’enracine dans cette première expérience ; une deuxième fois, ce fut à Rome, avec des jeunes en formation ; j’ai vécu et mieux perçu ce qu’était la vocation d’accompagnement, un accompagnement important pour l’éclosion des vocations, un ministère que je vais encore avoir la joie d’exercer.

Un an après, je suis arrivé pour le service du Saint-Siège, avec, comme tout jeune prêtre, le désir de bien faire et d’apporter mon expérience au service des tâches ecclésiales. Mais je me suis vite rendu compte que j’étais dans l’attitude d’“un ami qui vous veut du bien”. À travers la catholicité de l’Église, dans la diversité des cultures, des sensibilités, même cultuelles, j’ai plutôt découvert que toute cette diversité faisait la richesse de l’Église, et non ma façon de voir, mon approche personnelle.

Mon travail à la secrétairerie d’État m’a permis de croiser des évêques, des religieux, des missionnaires de tous pays, de me faire côtoyer concrètement cette richesse, au cœur de ces différences ; mais également, dans cette période qui suivait Vatican II, j’ai eu la joie de parler avec la plupart des grands théologiens qui ont été la cheville ouvrière de ce Concile, et qui venaient en commission réfléchir à sa mise en œuvre, l’assurer. Ces réflexions variées m’ont aidé à entrer dans l’esprit du Concile, qui demeure un repaire important dans ma vie. J’ai d’ailleurs, dans ma bibliothèque, la collection complète des actes du Concile (47 volumes), qui reprends les débats, les prises de parole … Je m’y replonge régulièrement quand je suis confronté à une question ecclésiale.

Enfin, nommé évêque en 1987, je suis arrivé dans un diocèse peuplé, modeste, dont le tiers de la population n’était pas de la métropole ; outre les nombreux migrants, ces personnes venaient des départements d’Outre-Mer, d’anciens comptoirs français … J’ai trouvé beaucoup de joie dans cette mission ; j’ai vu des assemblées liturgiques vivantes, mêlées qui, un peu comme à Rome, m’ont fait percevoir davantage la famille du peuple de Dieu. J’ai noué des relations cordiales dans ce milieu, au point que, quand j’ai été installé à Reims, mille personnes du diocèse de Pontoise s’étaient déplacées, dont plus de la moitié représentait tous ces peuples, toutes ces cultures. Je crois que ce fut un étonnement pour le diocèse de Reims, mais c’était vraiment ma famille qui était là.

Source Reims-Ardennes, juin 2018

 

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