Lettre de rentrée pastorale 2017-2018

Aux prêtres et aux diacres,
aux religieux et aux religieuses,
aux responsables des mouvements et des services diocésains
aux laïcs en mission ecclésiale

 

Chers Amis,

En ces jours de rentrée pastorale, notre pensée rejoint chacun et chacune de vous là où vous résidez, là où vous exercez votre mission et témoignez avec nous de la Bonne Nouvelle de l’Évangile. Espérant que vous avez pu prendre un temps de repos cet été, nous savons que, les uns et les autres, vous regardez l’année à venir dans un esprit de service, lucidement, sans vous cacher les difficultés prévisibles, et nous nous proposons ici de vous soutenir en mettant en évidence quelques clés pour une avancée missionnaire. Ce faisant, nous sommes conscients qu’un certain nombre parmi vous n’ont plus l’âge ni les forces physiques nécessaires pour s’investir comme jadis. Nous les associons pourtant à l’effort commun, non seulement parce que la famille diocésaine n’est pas complète sans eux, mais parce qu’ils sont autant actifs en soutenant de leur prière ce que nous cherchons à entreprendre. Voici à présent quelques axes à la base de toute forme de mission, surtout aujourd’hui.

I. Le regard tourné vers le Christ

Il faut toujours commencer par tourner le regard vers le Christ. La mission est la sienne, avant d’être le fruit des plans, aussi généreux soient-ils, que nous pouvons imaginer. Il a reçu du Père ses brebis comme un cadeau. Elles lui ont été données (Jn 17, 2, 6, 7, 9, 11, 12, 24). Toutes, y compris celles qui ne sont pas du bercail, qui ont d’autres sensibilités, qu’il n’a pas choisies lui-même. Et lui nous les a données à son tour (ibid.) pour que nous en prenions soin, que nous allions au-delà de nos propres savoir-faire et de nos propres frontières. Elles sont le cadeau qu’il nous offre, ce qui implique respect, écoute, proximité, aptitude à entendre les appels nouveaux. Ce qu’on pourrait traduire par l’art de se comporter à la manière du Christ.

La méditation et le partage autour de la Parole de Dieu prennent ici toute leur place, non pas seulement pour mettre en œuvre une voie spirituelle traditionnelle et éprouvée si l’on veut rester fidèle à sa vocation personnelle, mais pour se laisser transformer peu à peu jusqu’à ce que le Christ vive en nous (cf. Ga 2, 10). Apprendre à poser sa tête sur la poitrine de Jésus, suivant en cela l’Apôtre Jean. Le second livret sur le 4ème Évangile vient de paraître : il peut y aider, de même que tous ceux qui l’ont précédé et ont suscité déjà la constitution de nombreuses équipes pour intérioriser la Parole.

Alors serons-nous sans doute mieux armés pour définir les moyens d’être apôtres maintenant. Les générations ont évolué et continuent de le faire, nos pratiques correspondent à une époque, à des usages d’autrefois, à des situations qui ne se vérifient plus de la même façon. Se renouveler sans perdre ses fondamentaux, innover dans la sagesse et en mesurant bien les conséquences. Il n’y a pas d’autre voie.

II. Avant nous, le Christ Jésus a rencontré l’adversité

Quand nous rencontrons les groupes et les personnes du diocèse, nous leur demandons toujours de dire les choses dans la vérité. Nous nous réjouissons quand on se lance sur des terrains nouveaux, nous devons être capables aussi de prendre sur nos épaules une partie du poids de leurs échecs apparents, alors que les intuitions étaient souvent justes. Ainsi est faite d’ailleurs la vie des hommes et des femmes d’aujourd’hui et de tous les temps, avec son lot de questions nouvelles auxquels on ne sait pas forcément faire face comme il le faudrait ou comme on le souhaiterait. Et son lot de pauvretés et de souffrances de toute sorte. La part de réflexes trop humains qui est en nous pourrait amener au découragement, au cantonnement dans le train-train quotidien, au manque d’audace parce qu’on serait désabusé.

Jésus aussi a connu la difficulté, elle était inhérente à sa mission et à toute mission. Il a cependant été envoyé pour cela. Nous, les serviteurs, nous ne sommes pas différents du Maître. Ne nous lassons donc jamais de repartir, de semer encore et encore. Les Évangiles sont remplis de discussions qui n’aboutissent pas semble-t-il, de scènes où les foules viennent par curiosité et se dispersent quand on en vient à l’implication personnelle. Mais certains se reprennent, se souviennent un jour : combien de fois entendons-nous tel ou tel se référer à une rencontre de foi ou un événement du passé ? Il y en a même qui viennent quasiment de nuit, les «Nicodème» de notre époque. Cela dit, la non-foi proclamée reste, soyons lucides, le plus grand défi auquel nous avons de plus en plus à répondre. Dure adversité !

III. En mission ensemble

Le Conseil presbytéral a entamé une réflexion pour aider les prêtres à écouter ensemble la Parole de Dieu, à relire ensemble les événements et leur agir personnel, et à discerner ensemble avant d’établir leur projets ou de prendre les décisions de leur ressort. Le mot-clé est donc «ensemble». Un «ensemble» qui ne néglige pas la sensibilité de chacun, mais qui donne force et ecclésialité à ce qui ne relèverait autrement que d’une intuition forcément partielle, pour ne pas dire risquant d’être partiale.

Il a semblé que le mot «ensemble» pouvait être proposé à tout le diocèse, car il vaut en réalité pour tous les acteurs de la mission. C’est la raison pour laquelle le prochain numéro de Reims-Ardennes le met lui aussi en valeur. Le Christ n’a jamais envoyé ses disciples seuls. St Paul n’est pas parti seul ; quand il a fondé des communautés, il a établi des anciens. Et nous, du fait de la raréfaction des ministres et du manque de moyens, du fait aussi de l’ampleur de ce qui doit être coordonné, nous agissons, orientons, décidons trop seuls, pas dans le langage, mais dans la pratique. Le travail ensemble paraît donc vraiment nécessaire à cet égard. Nous remercions notamment les secteurs qui nous ont accueillis l’an dernier au cours de la visite pastorale, et les soutenons pour qu’ils soient de plus en plus des lieux de concertation pour l’ajustement d’initiatives locales ou plus vastes. L’accompagnement personnel (la relecture avec quelqu’un) révèle en ce domaine aussi toute sa pertinence.

Nous sentons que les années à venir appelleront des orientations pastorales pratiques dans un certain nombre de domaines. Nous le ferons avec les secteurs, les mouvements et les services.

IV. Les jeunes : des acteurs de la vie de l’Église

À la suite des JMJ de Cracovie en 2016, le synode des jeunes qui aura lieu en octobre 2018 provoque notre diocèse à une meilleure connaissance de cette génération qui vient.

On les appelle les «digital natives» parce qu’ils sont hyper-connectés ou bien la «génération Y ou liquide» en raison de leur souplesse dans les engagements qu’ils prennent, ou encore les «millenials» car ils sont les enfants du XXI° siècle. Mais ils sont aussi ceux qui ont entendu le Pape François aux JMJ de Cracovie les appeler à sortir de leur divan, à chausser leurs crampons et à sortir.

Les jeunes chrétiens de notre diocèse vivent en ce monde et certains sont prêts à mettre leur générosité et leurs talents au service d’une Église en sortie que le Pape appelle de ses vœux. L’enquête diocésaine préalable au synode a montré que deux tiers d’entre eux pensaient que Dieu les appelait à quelque chose. En particulier, 56 % savent qu’ils sont appelés au bonheur, 22 % se sentent prêts à transformer le monde et 14 % imaginent pouvoir donner leur vie.

Ils vivent dans un monde marqué par une culture scientiste, multiculturelle et multireligieuse où la majorité de leurs amis ne se situent pas contre Dieu mais vivent sans même connaître le Christ de l’Évangile.

Le titre du synode : Les jeunes, la foi et le discernement des vocations doit provoquer notre attention, notre écoute et notre soutien dans leurs audaces. Sommes-nous capables de permettre à de jeunes chrétiens de prendre des initiatives auxquelles nous n’aurions pas pensé nous-mêmes ? La prise de risque, mesuré bien sûr, fait partie des fondamentaux de la vie chrétienne. Le Pape affirmait dans un discours en 2016 : «Celui qui ne risque pas n’avance pas. ‘‘Et si je me trompe ?’’ Que le Seigneur soit béni ! Tu te tromperas bien plus si tu restes immobile».

Normalement, deux jeunes hommes du diocèse devraient être appelés le 24 juin prochain à prendre l’engagement du ministère presbytéral au service de l’Église de Reims. Ils ont entendu l’appel du Seigneur il y a quelques années. En vérité, nous le constatons chaque année lors des confirmations, Dieu appelle toujours. Beaucoup d’entre vous le voient et le devinent mais n’osent amplifier cet appel par une interpellation amicale. Nous vous invitons à développer une culture de l’appel pour la cause de l’Évangile.

C’est en les accompagnant dans leurs projets, et en les interpellant sur leur avenir, que nous leur permettront de trouver leur vocation, dans un état de vie ou dans une profession, mais dans laquelle ils vont pouvoir unifier leur vie et louer Dieu dans cet accomplissement.

 

Voilà, chers Amis, quelques éléments pour une réflexion personnelle et un échange avec d’autres. On peut toujours se regarder, peser ses pauvretés et donc ne jamais se lancer. On peut au contraire regarder la mission qui attend et mettre sa confiance dans le Seigneur. Nous sommes avec vous pour cela. Courage !

 

+ Thierry JORDAN
Archevêque de Reims

+ Bruno FEILLET
Évêque auxiliaire

 

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