Prendre des initiatives

Lors des rencontres, vous posez souvent cette question : “Quelle initiative avez-vous prise depuis cinq ans ?” Pourquoi ?

Mgr Thierry Jordan – Je pose régulièrement cette question, que ce soit aux secteurs lors de visites pastorales, aux EAP, aux mouvements et services d’Église. Et j’ai le sentiment qu’elle provoque à chaque fois la surprise. Mais si on ne lance pas quelque chose que l’on ne faisait pas, je ne vois pas quel tonus missionnaire nous habitera. J’ajoute aussi : “Et pourquoi l’avez-vous fait ?” Nous retrouvons la dynamique des Actes des Apôtres, comme une clé pour des communautés missionnaires. Sinon, on administre, on ne fait pas vivre. Souvent, j’entends en réponse : “On ne l’a jamais fait !”, et beaucoup de freins s’expriment. Par exemple, j’avais demandé aux catéchistes de visiter les familles des enfants. Aussitôt fusent les “on va les déranger”, “on n’est pas des témoins de Jéhovah” ou autres remarques. Quand je regarde l’Évangile (Lc 10, 1ss), Jésus envoie ses disciples deux par deux, sans munitions pourrait-on dire, si ce n’est sa Parole à semer. Quand ils reviennent, les disciples eux-mêmes sont surpris de voir que le bien a été fait. Jésus n’envoie pas au casse-pipe, et l’on se prive de fruits à n’écouter que nos résistances. Ce que je dis des catéchistes vaut pour tout le monde. Comme curé, je m’astreignais trois fois par semaine à aller voir les gens chez eux. J’ai d’ailleurs été davantage invité, pour des repas, par des personnes non pratiquantes que par des personnes pratiquantes.

Quelle initiative avez-vous prise ? J’entends les fausses peurs, les prétextes … Cela nous ferait du bien de retrouver la simplicité évangélique. Vive le changement.

Votre éditorial du mois d’avril, vous l’aviez intitulé ainsi : “Vive le changement”. Qu’est-ce que cela veut dire pour vous ?

Ce titre m’est venu comme cela, mais il était de circonstance. Bien sûr, cela va me faire quelque chose de quitter le diocèse, des personnes dont j’étais proche. Je pense aussi à ceux qui furent mes proches collaborateurs, en particulier les auxiliaires que j’ai eus pendant ces années : Mgr François Gourguillon, Mgr Joseph Boishu et Mgr Bruno Feillet. Pendant dix-neuf ans, j’ai eu une famille, et on me demande de la quitter ; c’est une page qui se tourne, et il est vrai que c’est un peu dur. Mais je suis serein. Il arrivera quelqu’un de plus jeune, qui aura plus de dynamisme et fera autrement, et j’en suis heureux pour le diocèse. Je pense qu’il viendra me rendre visite avant de venir à Reims ; je lui parlerai de quelques points forts du diocèse, mais ne lui donnerai pas de conduite à tenir. Il lui faudra inviter avec vous.

Je sais que cela me fera quelque chose de ne plus revenir, mais c’est comme un curé qui n’a pas à rester le curé de ses anciens paroissiens ; il nous faut, vous comme moi, aller de l’avant. Vive le diocèse de Reims, vive ce que vous accomplirez, dans un premier temps avec Mgr Bruno Feillet, puis avec mon successeur.

Vive le vent de l’Esprit. Je repense à ce que m’écrivait une collégienne de Reims qui a été confirmée en mai : “Avez-vous remarqué que devant la cathédrale, il y a beaucoup de vent ? Et bien, à chaque fois que je passe là, je me dis que c’est le vent de l’Esprit”.

Source Reims-Ardennes, juin 2018

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