Qui était Saint Vincent ?

Selon la tradition, le martyr Saint Vincent est né à Huesca en Espagne près de la frontière des Pyrénées. Il était le fils de Eutiquio et Enola. Il travailla à Saragosse comme assistant de l’évêque Valero (Celui-ci ayant un défaut de prononciation il devait l’aider à prêcher). Il fut martyr à Valence et mourut le 22 janvier de l’an 304.

Sa persécution en Espagne
L’empereur Dioclétien publia en mars de l’an 303 le premier décret impérial dans lequel il décrète la persécution des chrétiens. Le préfet Daciano vint de Rome pour la mener à bien. Il restera en Espagne pendant deux ans.

Devant le refus de Saint Valero et de Saint Vincent d’adorer les dieux romains et comme ils étaient les piliers de la foi chrétienne à Saragosse, le préfet condamna l’évêque Valero à l’exil (comme celui-ci était âgé et peut être grâce à son appartenance à la famille des Valerius, il ne le condamna pas à mort).

Saint Vincent fut, lui, condamné au martyr à Valence.
La gloire du martyr et le culte de Saint Vincent se sont rapidement propagés à travers l’empire.
Selon Saint Augustin, il est l’un des martyrs les plus célèbres et les plus admirés de tous les temps.

Le martyr de Saint Vincent
Il fut d’abord écartelé ce qui disloqua ses membres, il fut flagellé, brûlé et jeté dans une prison sombre dans laquelle il mourut.

Son corps fut abandonné dans un terrain vague pour que les bêtes féroces le dévorent mais les corbeaux l’ont défendu en crevant les yeux des animaux.

Pour que les chrétiens cessent de lui vouer un culte, Daciano ordonna qu’il soit jeté à la mer avec une roue de moulin attachée autour du cou pour que son corps disparaisse. Mais les vagues l’ont ramené sur le bord des arènes blanches de Valence où il fut recueilli par une femme pieuse.


Iconographie et culte
Il était de coutume en peinture de représenter Saint Vincent avec des vêtements de son rang, accompagné d’un corbeau ou s’appuyant sur une roue de moulin. Ces symboles font référence à son martyr long et pénible.

Il est le Saint patron du Portugal, de Valence, de la ville italienne de Vicenza, des viticulteurs et des producteurs de vinaigre.

 

 

La ville de Huesca a consacré deux églises à Saint Vincent :
Saint Vincent de Abajo (du Bas) ou Eglise de la Compagnie de Jésus, où il naquit, et Saint Vincent de Arriba (du Haut) ou Eglise de l’Assomption, où il fut élevé.

Selon la tradition, il fut baptisé dans le Monastère de Saint Pierre le majeur.

Saint Augustin dans cinq sermons et le poète Prudencio dans l’hymne 40 de Peristephanon furent les premiers à le glorifier. Leurs œuvres résument la vie et le martyr de Saint Vincent.

L’église St Vincent d’Huesca possède un cloître et un magnifique retable du martyr de St Vincent.
Ne manquez pas d’aller la visiter, si vous passez par les Pyrénées !

Pourquoi Saint-Vincent est-il devenu patron des vignerons ?
Selon certains, le choix des vignerons a été effectué ainsi parce que le mot « vin » se trouve dans le prénom du Saint.
On a fait valoir également qu’une roue de pressoir avait été utilisée pour torturer Saint-Vincent.
D’autres évoquent aussi l’activité du diacre qui, à l’autel, verse le vin dans le calice.
D’autres estiment que le culte du saint s’est implanté d’abord en Bourgogne. Patron de cette région, il devint plus spécialement celui des vignerons bourguignons avant de rayonner en Champagne, les deux régions étant très proches et très liées.

Enfin, on peut penser que les Champenois se sont déterminés en faveur de Saint-Vincent parce que le jour de sa fête se situe à une période propice : le 22 janvier, l’hiver est déjà bien engagé et a fait subir ses rigueurs, la vigne ne nécessite plus de soins, on ressent alors le besoin de se réunir, de se réconforter avant la reprise des premiers travaux viticoles, de taille en particulier.

Cependant, aucune de ces hypothèses n’a reçu de confirmation historique certaine.