La fête de l’Assomption

L’Assomption est une des grandes fêtes de la vie chrétienne qui célèbre tout à la fois la mort, la résurrection glorieuse, l’entrée au ciel et le couronnement de la bienheureuse Vierge Marie. Célébrée le 15 août, elle commémore la gloire de Marie avec Dieu au terme de sa vie terrestre. Marie, après sa mort, a été enlevée de la vie terrestre pour entrer dans la vie en Dieu. Pour Marie, l’Assomption est la suite de sa participation à la vie de Jésus.

Prendre le temps de s’arrêter à l’occasion de la fête du 15 Août peut être une manière de se tourner vers Jésus-Christ avec Marie sa mère. Ce peut être une invitation à retrouver la foi, la confiance qui furent celles de Marie, prier les uns pour les autres, retrouver le regard de Marie, tel que l’évangéliste Luc a su l’exprimer dans le “Magnificat”, une invitation à reconnaître avec les croyants que le ciel et la terre, le monde de Dieu et le monde des hommes sont liés d’une alliance voulue par Dieu, que Jésus, fils de Marie a renouvelée, et dans laquelle chacun peut entrer s’il le désire. Tel est le sens du baptême, l’entrée dans la Vie avec Dieu.

 

D’où vient la fête de l’Assomption ?

 

L’assomption est une fête née dans la nuit des temps en Orient, qui s’est rapidement propagée. Sa célébration universelle a une influence décisive sur la définition de l’Assomption comme dogme de la foi par Pie XII (Munificentissimus Deus – 1er novembre 1950).

En Orient

La fête de l’Assomption est née à Jérusalem, mais il est difficile de savoir à quelle époque. L’origine précise de la fête du 15 août tient peut-être à la consécration à cette date, par l’évêque Juvénal (422-458) d’une église dédiée à Marie à Kathisma (étape supposée de la Vierge entre Nazareth et Bethléem). Elle a plus probablement pour origine la consécration d’une autre église à Gethsémani, à côté de Jérusalem, au VIème siècle, là où certaines traditions affirmaient que la Vierge avait fini sa vie terrestre. Quoi qu’il en soit, la fête fut étendue à tout l’empire part l’empereur Maurice (582-602), sous le nom de Dormition (Koimelis) de la Vierge Marie. Elle a toujours été célébrée le 15 août. Cette fête, en Orient, a toujours depuis revêtu une importance particulière : l’année liturgique «s’ouvre» quasiment avec le 8 septembre – fête de la naissance de Marie – et «s’achève» le 15 août, fête de son retour à Dieu : toute l’année liturgique est ainsi placée sous le patronage de Marie.

En Occident

Comme souvent à cette époque, l’Église de Rome est en retard sur l’Église de Constantinople : on est sûr que la fête de l’Assomption n’y était pas célébrée sous Grégoire le Grand († 604) mais qu’elle l’était en 690. On pense donc qu’elle fut instaurée par la Pape Serge 1er (687-701), lui-même d’origine syriaque. Elle fut longtemps accompagnée d’une procession nocturne qui a été supprimée par le Pape Pie V (en 1566), à cause des nombreux abus qui l’entouraient. Elle a longtemps été précédée d’un jeûne et, en différents diocèses de l’Europe du Sud, elle pouvait être le temps de la bénédiction du fourrage et de l’offrande des premières récoltes.

En France

En 1637, le roi Louis XIII désespérait de ne pas avoir d’enfant, ce qui posait, de plus, un grave problème politique. Il décida donc de consacrer son royaume à la Vierge Marie et qu’il se ferait dans chaque paroisse de son Royaume une procession le 15 Août tout cela pour demander la grâce d’avoir un héritier. En 1638 naissait Louis Dieudonné, que nous connaissons mieux sous le nom de Louis XIV. Le vœu de Louis XIII donna une importance accrue à la fête du 15 Août en France, où les processions se multiplièrent. Dans le calendrier républicain, ce jour reste férié. Aujourd’hui encore cette journée est l’occasion de nombreuses manifestations religieuses et populaires au cœur de l’été.

En 1950, le pape Pie XII, à l’occasion de l’Année Sainte a voulu donner une définition précise de l’Assomption de Marie. Ce jour-là les chrétiens fêtent à la fois la mort (dormition) et l’entrée dans la gloire de Dieu (assomption) de la Vierge Marie. L’église catholique croie que la vierge Marie, qui a donné chair au Christ, le verbe fait chair, a été par avance ressuscitée dans son corps. C’est le sens du mot «Assomption» : Marie monte au ciel avec son corps et son âme. Mais l’on sait qu’elle était déjà célébrée partout en Orient. Dans sa volonté de rénovation de l’Église, le concile Vatican II (1963-1965) a su donner sa place à Marie, en l’intégrant à la réflexion sur l’Église. Marie est à la fois mère et fille de l’Église. Fille de l’Église, parce que, comme créature, elle est sauvée par Jésus. Mère de l’Église, en ce sens qu’elle est modèle de l’Église par sa collaboration à l’œuvre de salut, modèle du cheminement dans la foi. Source : diocèse d’Arras

 

Par Mgr Michel Dubost,
Évêque émérite du diocèse d’Évry-Corbeil-Essonnes. Source Église de France

 

Une croyance, une fête, un dogme

 

Malgré la discrétion des Évangiles, les premiers chrétiens n’ont pas mis longtemps à réfléchir à la place de Marie dans leur foi. Ils ont rapidement voulu célébrer ses derniers moments, comme ils le faisaient pour honorer leurs saints. À cause du caractère unique de sa coopération, une croyance se répand : son «endormissement» – sa Dormition – consiste en réalité en son élévation, corps et âme, au ciel par Dieu.

Chaque 15 août, les chrétiens célèbrent à la fois la mort, la résurrection, l’entrée au paradis et le couronnement de la Vierge Marie.

En 1950, le pape Pie XII estime utile de proposer une définition plus précise «La Vierge immaculée, préservée par Dieu de toute atteinte de la faute originelle, ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l’univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs, victorieux du péché et de la mort». La définition fait partie des dogmes de l’Église.

 

L’Assomption de Marie dans le sillage de l’Ascension du Christ

On associe souvent l’Assomption de Marie avec l’Ascension du Christ ; de fait, les mots se ressemblent et il y a dans les deux cas une montée mystérieuse au ciel dans la gloire de Dieu. Pourtant, «assomption» ne vient pas du verbe latin «ascendere» (monter, s’élever), qui a donné «Ascension», mais d’«assumere» (assumer, enlever). L’étymologie souligne l’initiative divine : Marie ne s’élève pas toute seule vers le ciel, c’est Dieu qui fait le choix de l’«assumer», corps et âme, en la réunissant à son Fils sans attendre la résurrection finale, tant elle a su s’unir, corps et âme, à Lui dès sa vie terrestre. Dans le sillage de l’Ascension, Marie inaugure le destin ouvert aux hommes par la résurrection de son Fils et anticipe ce qui deviendra la condition des sauvés à la fin des temps.

La fête de l’Assomption entretient l’espérance

La liturgie de l’Assomption célèbre Marie comme la «transfigurée» : elle est auprès de Lui avec son corps glorieux et pas seulement avec son âme ; en elle, le Christ confirme sa propre victoire sur la mort. Marie réalise ainsi le but pour lequel Dieu a créé et sauvé les hommes. En la fêtant, les croyants contemplent le gage de leur propre destin, s’ils font le choix de s’unir à leur tour au Christ. Cette contemplation renforce enfin la confiance dans l’intercession de Marie : la voilà toute disponible pour «guider et soutenir l’espérance de ton peuple qui est encore en chemin» (préface). Ils aiment alors demander à Dieu «Fais que, nous demeurions attentifs aux choses d’en-haut pour obtenir de partager sa gloire» (collecte).

Père Laurent de Villeroché, eudiste. Source Église de France

 

Quelle est la place de Marie dans l’Église ?

 

Le Nouveau Testament parle peu de Marie. Néanmoins, nous avons assez d’indications pour la connaître, découvrir son attitude profonde de disciple de Jésus, son fils, Fils de Dieu. C’est là le meilleur d’elle-même qui transparaît et éclaire notre foi de Chrétiens (…)

Elle reconnaît en son fils le Messie, l’envoyé de Dieu. En mère et en disciple, Marie se tient au pied de la croix. Malgré la condamnation de Jésus par les hommes, sa confiance demeure.

Marie, mère de l’Église

Jean, l’évangéliste relate une des dernières paroles de Jésus : «Femme, voici ton fils». Jésus confie l’apôtre Jean à sa mère. Puis Jésus confie Marie à son disciple : «Voici ta mère» (Jean 19, 25-27). Par la suite, Marie sera désignée comme mère des Chrétiens, de tous ceux qui reconnaissent le Messie de Dieu sous les traits du crucifié et proclament sa Résurrection. Au jour de Pentecôte, on retrouve Marie présente au milieu des disciples. Depuis son «oui» de départ, Marie a toujours fait preuve de persévérance dans la foi. Au cours des siècles, les Catholiques ont toujours vu en Marie le disciple par excellence. En elle, se manifeste tout ce que Dieu peut réaliser en un être humain accueillant la sainteté de Dieu.

 

Mère de Dieu, Vierge, Immaculée

Selon la tradition de l’Église, Marie, témoin de l’amour de Dieu peut recevoir plusieurs titres :

  • «Mère de Dieu» (Concile d’Éphèse en 431). En Jésus, l’Église reconnaît le Dieu fait homme, c’est une affirmation essentielle de la foi chrétienne. Parce qu’elle est mère de Jésus, marie peut être appelée mère de Dieu.
  • «Vierge». En fait, il s’agit moins de dire quelque chose sur Marie, que sur Jésus. Il est le Messie, né non d’une volonté d’homme, mais donné par Dieu à l’humanité, gratuitement, de manière totalement inédite. Jésus vient d’ailleurs, il est dit : «conçu par l’Esprit Saint».
  • «Immaculée». Dès sa naissance, Marie est orientée selon l’amour de Dieu, elle est prête à l’avènement du Christ venu pour le salut de tous les hommes.

L’Assomption de Marie signifie qu’en vivant pleinement de l’Esprit Saint, elle accède totalement, par la grâce particulière de son fils, au monde nouveau et définitif de la Résurrection. Marie nous précède sur le chemin des sauvés en Jésus Christ. (…)

Marie loue le Seigneur Dieu pour ce qui se produit par elle : la venue du Messie. Elle exprime la reconnaissance de tous les hommes à l’égard de Dieu car son amour transforme le monde selon sa promesse. Invoquer Marie, c’est faire appel à sa proximité avec Jésus, à son intercession auprès de Dieu. Depuis des générations, les catholiques confient à Marie leurs soucis, leurs préoccupations pour le monde, leur désir d’avancer dans la foi. Certains font mémoire des événements de la vie du Christ en égrenant le chapelet et en récitant le «Je vous salue Marie». Tout ce qui se passe dans les lieux de pèlerinage est de cet ordre-là. Marie nous précède sur le chemin. Avant nous, elle a vécu son «pèlerinage de foi».

Source : Matins d’Évangile, parcours catéchuménal pour adultes, Service national de la catéchèse et du catéchuménat

 

L’Assomption dans la Bible

 

Marie est fiancée à Joseph, de la lignée de David, lorsqu’elle reçoit la visite de l’ange Gabriel (Annonciation). Il lui annonce que l’Esprit Saint viendra sur elle, qu’elle attendra un enfant à qui elle donnera le nom de Jésus. Il sera appelé «Fils de Dieu». Avec simplicité, elle fait part de sa disponibilité en répondant à l’ange : «Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole» (Fiat) (Luc 1, 38).

L’ange lui ayant appris qu’Elizabeth sa cousine attend également un enfant (Jean-Baptiste), elle va lui rendre visite (Visitation). Elles chantent toutes deux les louanges du Seigneur (Magnificat).

Alors que Marie approche du terme de sa grossesse, elle se rend à Bethléem, d’où est originaire la famille de Joseph, pour le recensement organisé par l’occupant romain. Comme il n’y a pas de place pour eux dans la salle commune, c’est dans une crèche que Marie met au monde son fils Jésus, que les bergers, puis les mages, viennent adorer (Noël). Prévenue par les mages que le roi Hérode fait rechercher l’enfant pour le faire périr, la Sainte Famille s’enfuit en Égypte. À la mort d’Hérode, elle revient en Galilée et s’installe à Nazareth, où Jésus passe son enfance.

Vers la douzième année de Jésus, Marie et Joseph l’emmènent à Jérusalem pour la fête de la Pâque juive. C’est à cette occasion que Marie et son époux perdent Jésus, resté dans le Temple avec les docteurs de la loi. Lorsqu’ils le retrouvent trois jours plus tard, Jésus leur tient ce propos : «Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne le saviez-vous pas ? C’est chez mon Père que je dois être» (Luc 2, 49).

On retrouve Marie, dans les Écritures, quelques années plus tard : lors d’un mariage, elle indique à son fils que les convives n’ont plus de vin, tout en recommandant aux serviteurs de leurs hôtes : «Faites tout ce qu’Il vous dira» (Jean 2, 5). Cet épisode des Noces de Cana, au cours duquel Jésus change l’eau en vin, constitue le premier signe qui suscite la foi des apôtres.

Enfin, sur la Croix, avant de mourir, Jésus confie Jean à sa Mère : «Femme, voici ton fils», et Il ajoute, à l’intention de Jean : «Voici ta Mère» (Jean 19, 26-27)

C’est au moment de la Pentecôte, alors que Marie se trouve avec les apôtres dans la salle du Cénacle, que les Écritures évoquent sa présence pour la dernière fois. Elles ne disent rien du reste de sa vie.

Source Église de France

Pour aller plus loin :

 

Célébrations de l’Assomption dans la Marne et les Ardennes

 

Recherchez les célébrations dans le département de la Marne (source ÉgliseInfo) :

 

 

 

Recherchez les célébrations dans le département des Ardennes (source ÉgliseInfo) :

 

 

 

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La chaine KTO revient sur ce dogme formulé par la constitution munificentissimus Deus qui dit : “l’Immaculée Mère de Dieu, la Vierge Marie, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire céleste”. Comment comprendre ces quelques mots ? Quel sens leur donner ? Avec le frère Gilles Danroc, dominicain et Aumônier de l’Équipe internationale du Rosaire, et le père Fabien Lejeusne, assomptionniste et Directeur du Pèlerinage national de Lourdes. Source KTO.

 

 

 

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