Le Notre Père, la prière du Seigneur

Le premier dimanche de l’Avent ouvre l’année liturgique. C’est la raison pour laquelle les évêques français ont choisi la date du 3 décembre 2017 pour rendre effective la nouvelle traduction du Notre Père. Les fidèles catholiques ne diront plus désormais «Ne nous soumets pas à la tentation» mais «Ne nous laisse pas entrer en tentation».

 

À l’occasion de la mise en œuvre de la nouvelle formule du Notre Père, un temps de réflexion et de formation ouvert à tous, aura lieu successivement dans le sud et le nord du diocèse, les :

mardi 14 novembre 2017 à 20 h 30

à la Maison diocésaine Saint Sixte – 6 rue Lieutenant Herduin à Reims

et le :

mardi 21 novembre 2017 à 20 h 30

à la Maison diocésaine Jules Bihéry – 28 rue Gustave Gailly à Charleville-Mézières

Renseignements : sdce5108@gmail.com

 


 

La dimension œcuménique du Notre Père

 

En 1966, la Conférence épiscopale catholique, les quatre Églises luthériennes et réformées en France et les évêques de trois juridictions de l’Église orthodoxe en France ont décidé d’adopter une traduction commune de la prière du Notre Père récitée par leurs fidèles. Cette version dite «œcuménique» a ensuite été reçue plus largement par les différentes familles ecclésiales francophones. À ce jour, c’est celle qui est utilisée au cours des célébrations œcuméniques et, le plus souvent, celle qui est récitée au cours des offices dans les Églises qui ont cette pratique.

Dans l’Église catholique,  en lien avec la Congrégation pour le culte divin à Rome, les Conférences épiscopales des pays francophones (Afrique du Nord, Belgique, Canada, France, Luxembourg et Suisse) travaillent ensemble aux traductions en langue française. Lors de leur assemblée du printemps 2009, les évêques catholiques français ont souhaité, qu’«après concertation avec les autres Églises ou communautés ecclésiales» la formule «et ne nous laisse pas entrer en tentation» soit adoptée pour le texte du Notre Père de la messe.

En septembre 2009, l’Église catholique a informé ses partenaires au sein du Conseil d’Églises chrétiennes en France (CÉCEF) de ce projet de modifier la traduction de la sixième demande de la prière du Notre Père et a sollicité leur avis.

À l’assemblée du 25 novembre 2010, la délégation orthodoxe au CÉCEF a rappelé que les communautés qui prient le Notre Père en français ne le font pas toujours avec la version dite «œcuménique», que les orthodoxes utilisent toutefois cette traduction lors des célébrations œcuméniques, et que la formulation en projet d’adoption par l’Église catholique ne leur fait pas problème.

La délégation de la Fédération protestante de France (FPF) au CÉCEF a déclaré approuver les conclusions d’une note préparée, à la demande de son conseil. «Nous ne voyons donc pas d’inconvénient si l’on accepte la proposition soumise». Il a ensuite été rappelé que la FPF n’avait pas mandat de ses Églises membres pour décider de la traduction du Notre Père qui doit être utilisée dans leurs liturgies propres. C’est ainsi que lors de son synode d’Avignon (mai 2014), l’Église protestante unie de France a décidé d’entamer une réflexion sur la traduction du Notre Père.

Le synode national de l’Église protestante unie de France réuni à Nancy du 5 au 8 mai 2016 recommande dans un souci œcuménique aux paroisses et Églises locales d’utiliser pour la 6e demande, la version «ne nous laisse pas entrer en tentation» retenue pour les Églises catholiques francophones.

En conséquence, le CECEF recommande  qu’à partir de l’Avent 2017, lors des célébrations œcuméniques, la sixième demande du Notre Père soit ainsi formulée «et ne nous laisse pas entrer en tentation».

Emmanuel Gougaud – Prêtre du diocèse de Versailles, responsable du Service national pour l’unité des chrétiens – Source Église de France

 

Le Notre Père, prière des enfants de Dieu

 

La prière du Notre Père est d’abord la prière d’un enfant seul face à son Père. Le Christ nous introduit ainsi dans la tendresse de Dieu, d’un Dieu qui nous prend dans ses bras. Rappelons-nous ces paroles du prophète Isaïe «Une femme peut-elle oublier son nourrisson, ne plus avoir de tendresse pour le fils de ses entrailles ? Même si  elle l’oubliait, moi je ne t’oublierai pas, car je t’ai gravé sur les paumes de mes mains» (Isaïe 49, 15-16a). Cela n’empêche cependant pas la nécessaire distance entre un enfant et son père qui n’obère en rien la tendresse ; elle aide à trouver la juste attitude de la prière. Mais le Notre Père n’est pas que cela. Il est la prière qui unit les baptisés au Christ et entre eux.

Une prière admirable mais exigeante

Admirable prière que Jésus nous laisse. Admirable mais exigeante, puisqu’elle nous engage à vivre en cohérence avec ce que nous souhaitons à Dieu et avec ce que nous lui demandons : le désir de son règne, et l’engagement à vivre en peuple témoin de sa sainteté ; la venue d’un Royaume de justice et d’amour où les hommes sont sauvés ; la force de travailler à construire dès ici-bas le Royaume qu’il désire, la nourriture, (sa Parole et le pain de sa vie) pour nourrir nos vies et nous tenir dans l’espérance ; la grâce de savoir aimer les autres comme Lui nous aime, de dépasser la justice pour aller au pardon ; la grâce de garder intactes notre foi et notre relation à Lui dans les épreuves de la vie ; sa protection face au Mal qui contrecarre son projet d’amour.

Une prière qui requiert l’adhésion du cœur

Admirable prière que nous pouvons adresser à Dieu avec toute la tendresse de notre amour d’enfant. Modèle de la prière chrétienne, le Notre Père est déjà un acte de communion avec le Seigneur Jésus puisqu’il nous situe comme lui en fils devant le Père. Il réclame de chacun de nous une adhésion intérieure à ces paroles reçues du Sauveur. Admirable prière qui nous fait entrer dans l‘intimité de Dieu en prenant la plus belle des attitudes : celle d’un enfant qui dit son amour filial.

Serge Kerrien – Diacre du diocèse de St-Brieuc-Tréguier et conseiller pastoral au SNPLS – Source Église de France

 

«Ne nous laisse pas entrer en tentation»

 

La tentation n’est pas une théorie, elle est un fait, un fait concret qui touche l’expérience humaine dès les origines (cf. Gn 3). Ce n’est pas Dieu qui tente l’homme mais le «serpent», le «diable», c’est-à-dire celui qui veut diviser, briser l’amitié entre Dieu et sa créature. Même Jésus, le fils de Dieu, a été tenté plusieurs fois dans sa vie ; le serpent a cherché à l’éloigner de son Père.

L’«évangile», la bonne nouvelle, est qu’en Jésus tout homme peut vaincre toute tentation ; comme Jésus, nous  pouvons  nous en remettre entièrement au Père qui «est fidèle et ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces» (1 Co 10, 13).

Faire face à la tentation peut donc devenir une expérience importante car cela nous aide à resituer le rôle et la place de Dieu dans nos choix, face à ce qui nous semble bien et bon.

«Réfléchir sur les tentations (…) est une invitation pour chacun de nous à répondre à une question fondamentale : qu’est-ce qui compte véritablement dans ma vie ? (…) quelle place à Dieu dans ma vie ? Est-ce lui le Seigneur ou bien est-ce moi ?» (Benoît XVI, Audience du 13 février 2013). En compagnie de Dieu, la tentation devient un appel à notre liberté, au discernement, à une conversion permanente.

Pietro Biaggi – Prêtre du diocèse de Bergame, Directeur adjoint au SNCC. Source Église de France

 

Dossier spécial sur le site de l’Église de France : http://liturgie.catholique.fr/accueil/les-dossiers/notre-pere-le-dossier/ – http://www.eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/prier/prieres/372214-notre-pere/

 

 

 

 

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