Qui sont ces religieux “nouvelle génération” ?

photo1-7-4f37dL’Église fête le 2 Février, celles et ceux qui ont choisi de consacrer toute leur vie au Christ et aux autres. Avec l’espoir de séduire des jeunes. Religieuses et religieux, moniales et moines … Cloîtrés ou complètement immergés dans la société où ils travaillent dans l’éducation, la solidarité, la santé … ou les médias. «La vie consacrée», comme la dénomme l’Église de France, prend de multiples visages.

Mais ces 40 000 femmes et hommes ont un point commun. Ils donnent toute leur vie au Christ et aux autres. Un choix radical qui passe par la chasteté dans le célibat, la pauvreté et l’obéissance. Et aussi par une vie en communauté. Sont-ils pour autant complètement à contre-courant dans notre société occidentale ? Les chiffres peuvent le faire croire.

En France, en dix ans, le nombre de religieux(ses) est passé de 60 000 à 40 000. En 1967, on comptait 114 000 religieuses. Des hôpitaux aux salles de classe en passant par les quartiers défavorisés, elles faisaient alors discrètement «partie du paysage».

En marge de cette journée, intéressons-nous au visage de cette nouvelle génération de religieux. À quoi ressemble t’elle, quelle est sa place au sein de l’Église d’aujourd’hui ? À l’évidence, même peu nombreuse, elle a toujours beaucoup à dire : fidélité d’un engagement, créativité des formes de présence dans la société, radicalité dans la manière d’aborder chasteté, pauvreté et obéissance. Et surtout, l’attachement à la vie en communauté.

Dans une société où le «vivre ensemble» cherche de nouveaux modèles, elle offre la richesse d’une vie en communauté, avec des règles éprouvées d’autorité, de gouvernance, de partage des richesses et d’expérience. C’est peut-être ce qui explique le succès du film “Des hommes et des dieux”, où beaucoup ont découvert la profondeur du lien entre les moines. Cette vie en communauté n’est certes pas épargnée par les fragilités de la société. Mais elle lui propose, à sa manière, des réponses.

photo2-7-61a3aQuand les jeunes parlent de vie communautaire, ils veulent d’abord une vie de communication, pour pouvoir dire et savoir … Certaines abbayes, qui pourtant insistent sur le silence, ont compris cela en créant des groupes de parole ; du coup, les jeunes s’y retrouvent bien et restent. Les jeunes religieux ont besoin aussi de se sentir soutenus, confirmés dans leur choix, afin d’apprendre à gérer leur solitude.

Dans l’Église, la «jeune génération» correspond plutôt aux 25-45 ans. Car «dans la vie religieuse, à 40 ans, tu es un jeune !» comme le constatent bon nombre de jeunes engagés dans la vie monastique ou apostolique en France. De fait, à la différence de leurs aînés entrés par dizaines dans les noviciats, ces jeunes religieux et religieuses de moins de 45 ans savent qu’ils sont une «denrée rare».

S’ils savent bien que bon nombre de maisons de leurs congrégations ont fermé, les jeunes consacrés n’en restent pas moins optimistes sur l’avenir de la vie religieuse qui «n’est pas morte et est même bien vivante», selon la dominicaine Marie-Élisabeth. Dans un monde en crise où tout le monde est frustré, la vie religieuse dit le vrai sens, le vrai bonheur du partage et le goût de l’espérance.

 

photo3-6-0f4cdSans doute est-ce pour cela que la plupart d’entre eux souhaitent une certaine visibilité, notamment par l’habit religieux. Frère Jean-François-Marie, qui ne quitte pas la bure noire et la corde nouée à la taille des franciscains conventuels, se réjouit des rencontres «surprenantes» que sa robe provoque dans la rue ou dans le train. «Le fait d’être religieux nous met tellement à part que, si l’on n’est pas reconnu pour ce qu’on est, on risque d’être seulement perçu comme des vieux garçons», renchérit le Père Benoît Delhaye, 40 ans, dominicain à Poitiers. S’il aime «beaucoup» porter l’habit dominicain dans son couvent, le Père Delhaye, qui est aumônier d’étudiants et des diverses troupes scoutes de la ville, préfère, à l’extérieur, n’arborer qu’un col romain, car «l’habit est décalé». De même, Sœur Marie-Élisabeth, qui veille à ne pas porter l’habit en ville, comme l’ont décidé les dominicaines en arrivant à Poitiers afin de mieux s’intégrer, aime le mettre le dimanche pour les laudes dans la chapelle.

Cette radicalité se retrouve dans leur manière de vivre le vœu de pauvreté. Si la plupart des jeunes religieux conservent téléphone portable et ordinateur personnel, quelques-uns y renoncent avec sérénité. C’est d’ailleurs pour ce dépouillement radical, «à l’image de celui vécu par François d’Assise au Moyen Âge», que Frère Jean-François-Marie, pieds nus dans ses sandales «même l’hiver», est devenu franciscain : «pour ne percevoir aucun revenu fixe et s’abandonner à la Providence divine, pour n’avoir rien en propre et tout partager»

En revanche, la manière dont ces jeunes religieux et religieuses souhaitent vivre le vœu d’obéissance peut surprendre leurs aînés. «Notre génération n’a plus envie d’obéir sans comprendre ; nous aimons discuter, donner notre avis», résume Frère Patrick, 41 ans. Pour Marie, il lui est nécessaire de «dire ce que je ressens tout en laissant le dernier mot aux supérieures. J’attends qu’elles m’aident à avancer, dans l’obéissance à l’Esprit Saint.»

photo4-6-68541Souvent, leur appel vient d’une intense expérience spirituelle, comparable à un coup de foudre amoureux. Il faut alors les aider à transformer ce coup de foudre en vie religieuse quotidienne, avec ses règles … Et ce dans la durée … Ces jeunes ont connu auparavant une vie dense sur les plans affectif, sexuel, professionnel, humanitaire, etc …, et s’ils choisissent la vie religieuse, ce n’est pas pour rester plan-plan. Ils veulent aussi mettre l’accent sur la prière et l’Eucharistie. Beaucoup de jeunes sont très spirituels, très exigeants, mais ne savent pas comment incarner leur désir d’absolu en actions solidaires et en témoignages de vie. C’est là le grand défi de la vie religieuse !

Ces jeunes qui aujourd’hui choisissent de vivre la pauvreté, la chasteté et l’obéissance disent, à leur manière, qu’ils veulent «être plus». La pauvreté religieuse est une manière d’être intensément riche – de relations, de liberté, de bonheur d’exister – sans connaître les limites de la possession. La chasteté religieuse se justifie par la possibilité de donner la vie spirituellement à une multitude d’enfants. Enfin, l’obéissance religieuse est une invitation à développer ses talents, à s’enrichir d’ouvertures que l’on n’aurait peut-être pas connues si l’on avait suivi son propre mouvement.

Enfin, à la différence de leurs aînés qui s’engageaient sur le long terme pour faire évoluer les structures politiques et économiques et contribuer à un monde plus juste, ces jeunes religieux recherchent plutôt des engagements ponctuels, en France ou à l’étranger. Souvent, ils privilégient l’approche compassionnelle en face-à-face, pour accompagner des malades du sida, visiter des prisonniers ou des enfants hospitalisés, servir la soupe à des SDF … Mais toutes ces évolutions ne sont pas tant religieuses que culturelles.

D’après une enquête du Journal “La Croix”

 

Rapport sur les vocations en 2013 (source Service National pour l’Evangélisation des Jeunes et pour les Vocations) :

 

 

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