Vingt siècles de vie religieuse

Depuis 2 000 ans, des hommes et des femmes se lancent dans l’aventure de la vie consacrée et s’engagent au célibat à cause du Christ. Cette aventure communautaire prend de multiples formes : la vie religieuse apostolique, monastique et missionnaire, les instituts séculiers, les sociétés de vie apostoliques, les ermites, l’ordre des vierges et celui des veuves consacrées.

Quand et comment est apparue la vie consacrée ? Dès les temps apostoliques, des jeunes filles qui veulent suivre l’exemple du don de Marie choisissent de rester vierges. Cette virginité consacrée est aussitôt reconnue par l’Église. Des hommes, appelés les «continents», vivent rapidement le même charisme. Au long des siècles, d’autres expressions de vie consacrée reconnues par l’Église, dans lesquelles on est consacré par Dieu à Dieu, vont apparaître.

Les origines :

La première période va principalement des origines chrétiennes au IVème siècle. C’est le temps de la découverte et de la mise en place de la vie consacrée. Rappelons d’abord que, dans l’Antiquité grecque et romaine, le don absolu d’une femme à Dieu dans le célibat est considéré comme anormal et incompréhensible. Dans le monde juif, ce qu’on demande à une femme, c’est d’être mariée et d’avoir des enfants, spécialement des garçons, afin de perpétuer la famille. Tout change avec le Christ et la Vierge Marie. Jésus est demeuré célibataire dans un don absolu au Père d’une part et aux hommes d’autre part. Sa mère, Marie, dès avant l’Annonciation, a reçu un appel de Dieu à se consacrer à lui dans la virginité. C’est ainsi que naît la virginité consacrée dans la primitive Église.

La période monastique :

Au IVème siècle commence une deuxième période : la période monastique. Au cours de ce siècle, le monde romain se convertit au christianisme. Les mœurs chrétiennes sont de plus en plus acceptées par la société. La pureté est mise en valeur. Dès lors, vivre célibataire dans le monde perd, en quelque sorte, de sa force exemplaire, de son rôle de “provocation”. Ceux qui veulent vivre une vie différente quittent alors la société normale et se réfugient dans les déserts. C’est la naissance du monachisme, avec saint Antoine et saint Pacôme, en Égypte. Très vite, des femmes vivent le même idéal. Quand, plus tard, saint Benoît fonde au Mont Cassin un monastère d’hommes, sa sœur sainte Scholastique établit parallèlement un monastère de femmes. C’est l’origine des milliers de maisons contemplatives de femmes qui couvriront la planète. Le charisme de fondation est alors “la vie parfaite” par la fuite du monde. On vit sous d’autres lois synthétisées par la pratique des trois vœux de chasteté, pauvreté et obéissance. L’évangélisation se fait indirectement. Les moines sont une référence, un exemple, mais, en principe, ils ne s’attaquent pas directement à la conversion des gens.

Aux XIIème et XIIIème siècles, on commence à créer des ordres destinés spécifiquement à l’évangélisation, comme les Prémontrés, puis les Mendiants (Dominicains, Franciscains, etc …), leurs branches féminines restent cloîtrées. Les hommes prêchent, les femmes prient.

La période des congrégations de vie active :

Aux XVIème et XVIIème siècles commence une troisième période : celle des “congrégations”, c’est-à-dire des communautés de femmes de vie active, d’évangélisation “directe”. Avec sainte Angèle de Mérici, fondatrice des Ursulines, puis saint Vincent de Paul, fondateur des Filles de la Charité, on affirme que les femmes peuvent vivre chastement dans le monde, et non plus seulement dans les cloîtres, en menant à la fois une vie de sainteté et de service. La vie monastique se rapproche ainsi de la société et se transforme. On garde les trois vœux, mais on les adapte. C’est l’origine des centaines de congrégations de vie active qui ont chacune, en principe, un rôle spécifique : catéchèse, action auprès des malades, enseignement, etc … Il continue à s’en fonder aujourd’hui.

La naissance des communautés nouvelles :

La quatrième période commence après la Seconde Guerre Mondiale. Depuis l’entre-deux guerres, on s’apercevait que le catholicisme et la société civile s’éloignaient l’un de l’autre. La question était donc : comment évangéliser de nouveau cette société ? On estima alors qu’il fallait rapprocher la vie religieuse des hommes. Ce fut la raison de la naissance des Instituts séculiers, après 1945, dont Notre-Dame de Vie est un exemple en France. Mais, après le Concile de Vatican II, une nouvelle étape fut franchie en plusieurs lieux du monde en même temps, sans aucune coordination humaine. Ce fut la naissance des communautés nouvelles, comportant des hommes et des femmes vivant une vie consacrée dans le monde, avec le soutien de leur communauté.

Extrait de “Il est vivant”, n° 174 – Avec l’aimable autorisation de la revue “Il est vivant”.

 

Repères historiques

1 – MONACHISME : IVe-XVIe siècle

* monastiques : bénédictins (fondés en 529), cisterciens (1098)
* érémitiques : chartreux (1084)
* militaires : templiers (1129), teutoniques (1191)
* chanoines réguliers : prémontrés (1121)
* trinitaires (1194),
* mercédaires (1218)

XIIIe siècle : Les Ordres mendiants :

* carmes (1206),
* franciscains (1209),
* dominicains (1215),
* augustins (1256)

2 – CONGRÉGATIONS DE VIE ACTIVE : XVI-XVIIIe siècle

* congrégations religieuses cléricales ou non : Prêtres de la doctrine chrétienne (1592), montfortains (1705), rédemptoristes (1732), Frères des écoles chrétiennes (1684)
* Sociétés de vie apostoliques cléricales : oratoriens (1575), lazaristes (1625), eudistes (1643), sulpiciens (1645)
* congrégations féminines : Filles de la Charité (1633), Dames de Saint-Maur (1685)

3 – CONGRÉGATIONS RELIGIEUSES APOSTOLITIQUES : XIXe siècle

* Missions étrangères : Filles de Saint-Joseph-de-Cluny, spiritains …
* Enseignement : salésiens de don Bosco, Frères maristes des écoles, Religieuses de l’Assomption …
* Monde ouvrier : Frères de Saint-Vincent-de-Paul, Petites Soeurs de l’Assomption …
* Pauvres : Petites Soeurs des pauvres, Filles de la Charité, Bon Sauveur …

4 – LES COMMUNAUTÉS NOUVELLES : XXe siècle

* Après la Seconde Guerre mondiale, naissance des instituts séculiers Notre-Dame de Vie, la Fraternité Jésus Caritas
* À partir de 1970, naissance des communautés nouvelles religieuses : Communauté Saint-Jean, Fraternités monastiques de Jérusalem) ou regroupant plusieurs états de vie (L’Emmanuel, le Chemin-Neuf, les Béatitudes, le Verbe de vie, Fondacio …).

Source : Journal “La Croix”

La Vie Consacrée à travers les âges

 

 

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