Brigitte et Patrice Pitois «C’est le Seigneur qui sait ce qui est bon pour nous»

Brigitte et Patrice Pitois sont mariés depuis 37 ans. Ils ont trois grands enfants : Lucie, Joseph et Timothée et un petit-fils, Léonard. Patrice sera ordonné diacre, le 23 juin prochain.

Comment tout cela est-il arrivé ?

Patrice Pitois. J’avais été appelé par le père Jean-Luc Tinois, en 1994. Brigitte et moi étions bien disposés à accueillir cet appel.

Brigitte Pitois. Grâce au Renouveau, dans les années 1990, j’avais vécu une conversion profonde. J’avais été réveillée dans ma foi de tradition. Patrice. J’étais tout feu, tout flamme. Nous avons dit oui pour une année de discernement. Mais, nous avions, cette année-là, énormément travaillé à rénover notre ferme, nous avions un bébé d’un an. Assez vite, nous nous sommes rendu compte que notre «oui» n’était pas raisonnable à ce moment-là, tant d’un point de vue professionnel que familial. Toutefois à la fin de l’année, je me suis promis que, si j’étais appelé une seconde fois, j’irais jusqu’au bout, quelles que soient les circonstances de ma vie du moment.

Et alors ?

Patrice. Un deuxième appel est venu via le père Dubois-Matra… mais rien ne s’est passé. Jusqu’à ce que le père Jean-Louis Oudinot vienne nous voir en 2013, et là ma réponse était prête. Pour Brigitte aussi. Nous avons donc entamé une seconde année de discernement. Une belle année d’échanges et de fraternité avec quatre couples et un célibataire. Trois couples seulement ont continué.

Dans quel contexte professionnel ?

Patrice. C’était très dur. J’avais envie de travailler dans le social, mais je n’avais aucune réponse positive. J’ai une formation de sellier. Je me suis inscrit en microentreprise. À ce moment-là, alors que rien ne s’était passé auparavant, j’ai un appel d’un ami qui me propose un poste d’agent technique aux Papillons blancs d’Épernay. Cela ne correspondait pas à ce dont je rêvais, mais finalement, je me suis beaucoup plu dans ce rôle de «serviteur». J’y trouve de la joie, c’est formidable. Il a fallu que je passe par là pour le comprendre : les pauvres nous évangélisent. Dieu m’a reconstruit à travers eux. Je suis heureux même si je n’ai plus la même paie. Je considère le travail comme un don de soi pour Dieu et pour les autres. J’y découvre la paix intérieure. C’est le Seigneur qui sait ce qui est bon pour nous. On perd sa vie qu’on voulait mener tout seul, mais qui n’emmenait pas vers le meilleur. Notre vie, on la gagne en la perdant.

Et vos enfants, qu’en pensent-ils ?

Brigitte. Nous avons beaucoup parlé avec eux. Ils nous ont beaucoup encouragés, notamment nos garçons, qui nous ont donné un très beau témoignage. Le diaconat nous fait réaliser la richesse de notre sacrement de mariage. Quand j’ai dû dire oui, j’avais vraiment l’impression de le revivre. Nous avons toujours cheminé ensemble. Quand on fait la relecture, il y a toujours eu des personnes sur notre chemin en soutien, de vrais amis.

Patrice. Il n’y a pas de hasard, le Seigneur a jalonné le chemin. Brigitte et moi, nous avons grandi dans notre foi. Nous sommes très proches, nous avons les mêmes envies et les mêmes espérances. Le plus important, c’est l’abandon, l’humilité, la confiance. Il faut accepter de descendre pour savoir qui on est vraiment. Le dépouillement, c’est un désir. Ce sont les handicapés qui m’ont permis de me détacher du métier que j’aimais tant. Il y a encore plein de choses dont il faut se détacher : on a encore du travail à faire.

Brigitte. On va continuer : on a encore des chaînes ! On peut dire merci à l’Église pour la qualité de la formation que nous avons reçue. Depuis, j’ai besoin de me former, je ne peux plus m’en passer. C’est une grande richesse de vivre la même formation ensemble. Cela nous éveille, nous fait grandir pour les autres. Ma confiance en Dieu a grandi. Il nous emmène vers quelque chose de beau, la joie intérieure.

Patrice. La formation a été aussi un chemin de conversion. Cinq ans ce ne sont pas que des connaissances. C’est le «comme Jésus» qui est important. Nous prions (un peu) ensemble. La relecture permet de rendre grâce et de corriger nos erreurs. Dieu sait ce qui est bon pour nous, même si on fait les mauvais choix, il nous aide quand même.

Avez-vous des inquiétudes ?

Brigitte. Nous ne connaissons pas la mission qui lui sera confiée. La famille est première, mais comment partager le temps ?

PROPOS RECUEILLIS PAR ÉLISABETH JOUBERT

«Le plus important, c’est l’abandon, l’humilité, la confiance. Il faut accepter de descendre pour savoir qui on est vraiment. Le dépouillement, c’est un désir.»

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