«Je ressentais cet appel à être témoin du Christ» : témoignage de Thierry Aubenton et de son épouse, Cécile

Thierry Aubenton fait partie du trio de diacres ordonnés le 23 juin prochain. Avec Cécile, son épouse, ils ont vécu une belle préparation, même si cette dernière craint (un peu) qu’un tel engagement puisse empiéter sur la vie familiale.

Pouvez-vous, en quelques mots, vous présenter ?

Thierry Aubenton. Je suis né il y a 54 ans ; originaire de Saint-Menges, je suis responsable de production dans une entreprise de plasturgie, à Mouzon depuis 1987.

Cécile Aubenton. J’ai 52 ans ; j’ai été professeur d’éducation musicale et de chant choral en collège. Après vingt-trois ans d’enseignement, j’ai pu, grâce à nos trois enfants, prendre ma retraite : je terminais l’année sur les rotules, et cela m’a permis plus de disponibilité pour les enfants, Thierry étant bien pris par son travail.

Thierry. Oui, je pars tôt, à 6h30, parfois même avant, et je rentre vers 18h30, 19 heures, sauf quand je passe voir ma mère qui est en Ehpad ; et, comme avec le temps, je finis par y connaître beaucoup de monde, je ne peux me contenter d’une demi-heure.

Cécile. Nous sommes mariés depuis vingt ans et avons trois enfants : Antoine, 24 ans, qui travaille à Paris ; Juliette, 21 ans, étudiante à Reims et Henri, 18 ans, qui va passer son baccalauréat.

Quelle est votre implication ecclésiale ?

Thierry. Je participe à l’Équipe d’animation paroissiale (EAP) de Saint-Lié-Saint-Pierre de la Vence. Je fais partie d’un groupe de prière ignacienne ; j’ai aussi été animateur pour le parcours «Alpha» ; depuis l’institution comme lecteur et acolyte, je suis près de l’autel : les prêtres changent chaque dimanche, c’est une aide pour eux.

Cécile. Pour ma part, je suis à l’orgue, depuis mes dix-huit ans, et me suis investie dans l’animation liturgique. J’ai été catéchiste pendant huit ans, serviteur pour le parcours «Alpha», je continue à m’occuper de l’éveil à la foi, depuis vingt ans.

Vous habitez Prix-lès-Mézières, mais vous allez dans une autre paroisse…

Cécile. Saint-Edmond est l’église de mon enfance, et il y a eu pendant longtemps des messes animées le samedi soir, auxquelles nous participions.

Thierry. Mais nous sommes greffés aussi sur la basilique, car nos enfants étaient catéchisés là où nous habitions. Nous y allons encore une fois par mois pour soutenir la messe après la catéchèse.

Comment est venu l’appel ?

Thierry. En juillet 2013, nous avons rencontré Jean-François et Geneviève Louison, à leur demande.

Cécile. Je ne pensais pas du tout à cela ; je m’attendais plus à un appel comme le Centre de préparation au mariage (CMP). Bref, je suis tombée des nues.

Thierry. Pour ma part, j’étais disponible. La question m’avait déjà traversé l’esprit lorsque Jean et Anne Gernez nous avaient demandé de faire partie de leur équipe d’accompagnement. Dans la prière contemplative, je ressentais cet appel à être de plus en plus proche du Christ, à être témoin de lui. Je n’ai pas souvent dit «non» aux appels, et là, j’ai eu le sentiment que, si je ne répondais pas maintenant, après ce serait trop tard et que j’en aurais eu des regrets.

Cécile. En même temps, on n’en a pas parlé entre nous les deux mois qui ont suivi. Mais cela nous travaillait ; je ne voulais pas me casser la tête avec cela pendant les vacances, d’autant plus que je n’avais pas de réponse claire à donner – je ne trouvais pas de raison à dire oui, mais pas plus pour dire non !

Thierry. Dès le départ, j’ai senti que c’était oui. Nous savions qu’il y avait une grande discrétion au début, ce qui permet de ne pas vivre sous la pression.

Cécile. Cela laisse le temps de réfléchir. Même après l’année de discernement, rien n’était réellement décanté pour moi. Mais j’ai choisi de dire oui à Thierry, une seconde fois après le oui du mariage. La mission qu’il recevra, elle sera sienne, mais j’essayerai de le soutenir.

Thierry. Nous sommes assez indépendants pour vivre cela sereinement.

Cécile. J’ai tellement de choses à côté que je ne me sentirai pas frustrée de quoi que ce soit.

Comment vos enfants ont-ils réagi ?

Cécile. Antoine, ce n’est pas trop son affaire… Les plus jeunes avaient réagi avec leurs peurs d’enfants (la peur de «perdre» papa), mais avec l’âge, ils sont plutôt heureux de ce chemin.

Qu’a apporté ce chemin ?

Cécile. La formation me paraissait d’emblée lourde, mais dès la fin du premier week-end, je me suis dit «Quelle chance, on a !», vis-à-vis des enseignements reçus et de la fraternité qui s’y dégageait.

Thierry. J’apprécie la diversité des personnes en route, diversité d’âge, diversité sociale ; nous nous retrouvons comme en famille.
Cécile. On réalise qu’on a un ami commun, le Christ ; et c’est un temps fort que l’on vit en couple.

Et maintenant ?

Thierry. Un diacre m’a dit lorsque je lui ai parlé de notre cheminement vers le diaconat permanent : «Vous allez recevoir beaucoup de grâces.» Et heureusement, car je ne suis pas un grand orateur.

Cécile. Je suis heureuse pour Thierry ; ma peur se situe plutôt par rapport au temps, la crainte qu’il se fasse «manger», qu’il n’ait plus de disponibilité pour la famille. Mais je suis de nature optimiste…

PROPOS RECUEILLIS PAR LE PÈRE PASCAL BARDET

Nous contacter

Laissez nous un message !

En cours d’envoi
Diocèse de Reims - 2016 © Corinne Salmon - Mentions légales

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?