«Le diacre est rejoint par le Ressuscité au cœur de sa vie» – par le père Jean-Louis Oudinot

Le diaconat permanent, rétabli dans l’Église depuis 50 ans par le Concile Vatican II, est présence sacramentelle du Christ serviteur auprès de tous les baptisés.

Le diacre est appelé par Dieu pour impulser toutes les communautés chrétiennes à vivre le service comme le Christ l’a vécu. Le Christ serviteur a lavé les pieds de ses disciples. C’est l’invitation à faire de l’existence de soi-même, un don. C’est l’appel à partager son temps, son argent. C’est, entrer toujours plus dans une solidarité concrète, dans une proximité avec les personnes les plus fragiles. Quand le Christ accepte que Marie lui verse du parfum sur les pieds (Jean 12,3), quelque part il accepte de se faire laver les pieds.

Servir, c’est donner, mais aussi être en capacité de recevoir les richesses, les qualités, les questionnements des autres. C’est parfois plus facile de donner que d’accepter d’être construit par les autres. Le diacre, par sa présence, invite à entrer dans ce dépouillement qui rapproche toujours plus du Christ serviteur. Le vieil homme s’enferme vite dans ses assurances, dans ses aspirations à des honneurs et à du confort matériel. Les diacres dits permanents ont aussi une mission à exercer vis-à-vis des autres ministères ordonnés, prêtres et évêques. Ils rappellent à ceux qui ont reçu cette charge qu’ils agissent au nom de Celui qui a dit qu’il «n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude» (Mt 20,28). La présence des diacres devrait aider à sortir de ce cléricalisme tellement dénoncé par le pape François.

Ce signe important, que le diacre pose pour toute l’Église, se révélera d’abord à travers sa manière d’être, de s’engager, de témoigner. La mission qu’il reçoit de l’évêque insère ce signe au cœur de l’Église et du monde. Elle peut se situer dans l’univers caritatif, dans une proximité auprès de personnes fragilisées par la vie : maladies, personnes ayant un handicap, prisonniers. Par sa mission, le diacre stimule la communauté à rencontrer toutes les personnes en recherche, au seuil de l’Église (formation permanente, catéchuménat…)

«ALLEZ DANS LA PAIX DU CHRIST»

L’appel reçu de Dieu à devenir diacre va traverser toute l’existence de celui-ci. Il est rejoint par le Ressuscité au cœur de sa vie. S’il est marié et père de famille, il restera dans la condition humaine où le Seigneur l’a rencontré ; son engagement dans le mariage sera vivifié par le nouvel appel qu’il reçoit de Dieu dans le diaconat. Son épouse sera dans une communion de pensée, de cœur avec le conjoint devenu diacre. Quand, à la fin de la célébration eucharistique, le diacre dira à l’assemblée réunie : «Allez dans la paix du Christ», il invitera celle-ci à révéler que le vrai bonheur se situe dans ce compagnonnage avec le Christ serviteur.

«C’est parfois plus facile de donner que d’accepter d’être construit par les autres. Le diacre, par sa présence, invite à entrer dans ce dépouillement qui rapproche toujours plus du Christ serviteur.»


LA RÉALITÉ DU DIACONAT PERMANENT DANS NOTRE DIOCÈSE

Avant les ordinations du 23 juin prochain, 32 diacres étaient en activité dans le diocèse.

Répartition géographique Sur un plan géographique, 14 d’entre eux vivent dans les deux principales villes du diocèse, 8 à Reims et sa périphérie immédiate et 6 à Charleville ; 18 habitent en zone rurale ou dans de petites villes (Vouziers et la Vallée), 10 dans les Ardennes et 8 dans la Marne, dont trois dans la Montagne de Reims.

L’histoire du diaconat permanent commence dans le diocèse en 1985, vingt ans après la fin de Vatican II : deux diacres, aujourd’hui décédés, sont ordonnés par Mgr Jacques Ménager. Cinq ans après, son successeur Mgr Jean Balland en ordonne deux autres de 63 et 66 ans. Michel Devaux, décède en 2018 et Gilbert Pouillard, aujourd’hui âgé de 92 ans, est le doyen des diacres du diocèse. Mgr Balland en ordonne encore six autres en 1994, dont deux quadragénaires. Mgr Defois poursuit cet élan avec cinq autres personnes dans la cinquantaine, ordonnées en 1997 et 1998. Avec l’arrivée de Mgr Jordan, cette dynamique se prolonge entre 1999 et en 2011 avec l’ordination de vingt et un nouveaux diacres… avant une relance en 2015 qui aboutit aux trois ordinations de cette année… !

Les raisons de cette interruption sont multiples : peut-être une volonté de faire une pause pour favoriser l’intégration de ce nouveau ministère dans les paroisses, mais peut-être aussi une certaine incompréhension de la place du diaconat dans l’Église, ce qui ne favorise pas les interpellations ? À cela se rajoute la difficulté à trouver des couples qui, entre 40 et 50 ans, acceptent de se lancer dans cette aventure certes exigeante et riche, mais qui bouleverse toute une vie. Ce ralentissement des ordinations et son arrêt expliquent en grande partie la pyramide des âges actuelle. Parmi les 32 diacres en activité sur le diocèse, le plus jeune a 55 ans, la moitié a moins de 70 ans et sept ont plus de 75 ans et n’ont plus de mission diocésaine. La moyenne d’âge est de 69 ans et demi.

Qu’ils soient encore en activité professionnelle ou déjà en retraite, leurs missions d’Église sont diverses. Deux sont délégués diocésains au catéchuménat et à la pastorale des familles et un autre participe activement à la formation permanente diocésaine. Sept sont aumôniers d’hôpitaux, de prison, des pèlerinages, des Entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC), du CCFD ou de l’ACI. D’autres assurent une présence au monde du handicap, auprès du Centre catholique des médecins français, ou sont en charge de la pastorale des gens du voyage. Trois sont au service d’une paroisse ou pour l’animation d’un lieu de pèlerinage. Et tous, même ceux qui, au-delà de 75 ans, n’ont plus de mission, participent à la vie des paroisses et des secteurs où ils résident : célébrations de baptêmes, de mariages ou d’obsèques, mise en place de célébrations autour de la Parole de Dieu… Ils répondent ainsi à la triple mission inhérente à leur ministère : le service et la proximité auprès des personnes souvent loin de l’Église, la prière et l’annonce de la Parole de Dieu.

JEAN-GEORGES ANTONI

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