Témoignage d’un futur diacre : Joël et son épouse Sophie nous parle de leur engagement !

«Je suis contente pour Joël, et pour nous»

Ordonné le 23 juin prochain, Joël Laguerre, 54 ans, natif de Carignan, est formateur pour adultes en sécurité industrielle. Sophie, son épouse, originaire du Sedanais, 52 ans, est secrétaire médicale le matin et aumônier de l’hôpital de Sedan l’après-midi. Ils ont deux enfants : Clémence, 26 ans, infirmière en psychiatrie, et Baptiste, 21 ans, étudiant.

En quelques mots, parlez-nous de vos engagements…

Sophie Laguerre. Ensemble, nous sommes animateurs du Centre de préparation mariage (CPM) sur Sedan ; cela nous prend huit soirées dans l’année. Et, depuis peu, on nous a demandé d’accompagner un catéchumène adulte, de notre âge.

Joël Laguerre. Personnellement, je suis à l’Équipe d’animation paroissiale (EAP) de la paroisse et fais partie d’une équipe du Mouvement des cadres chrétiens (MCC) ; j’ai lâché certaines choses. Il faut dire que j’ai aussi des engagements en dehors de l’Église : les pompiers, qui me demandent beaucoup de temps, et suis membre du conseil municipal de mon village.

Comment s’est passé l’appel ?

Joël. J’ai envie de dire qu’un prêtre m’a «dénoncé» ; il était venu m’en parler, et puis plus rien pendant des mois, jusqu’à ce qu’il nous envoie rencontrer Jean-François et Geneviève Louison. J’avais une appréhension, ne sachant pas trop ce qui pouvait nous attendre, ce que cachait concrètement ce mot «diaconat».

Sophie. Pour ma part, j’ai été un peu surprise, mais comme Joël était déjà bien impliqué, j’ai pensé que c’était une suite. Avec la formation, j’ai découvert que c’était autre chose, que j’avais commencé à percevoir dans la rencontre avec le couple des Louison.

Joël. Ensuite, il y a eu l’année de discernement, qui nous aiguille, mais c’est surtout la formation qui permet d’éclairer une réponse. J’avoue que, quand on a commencé, j’ai eu le sentiment de rencontrer des couples d’une foi profonde, et sur le coup, je me suis dit : qu’est-ce que tu fais là ? Même en ayant fait la formation «chemin d’Emmaüs», j’avais peur d’être «à la ramasse». Et puis, une fois la machine lancée, on réalise qu’on est proches, ce que l’on a en commun et des liens se créent.

Sophie. Il fallait pouvoir rester soi-même. Je peux avouer mon appréhension par rapport à la formation ; la difficulté parfois de suivre ; mais je prends des notes et je relis avec mon accompagnateur. C’est finalement plus la formation qui m’a fait peur que le fait qu’il puisse devenir diacre.

Joël. En même temps, le groupe de formation est devenu plus important (vingt et un couples), ce qui donne l’impression de cours en amphi. Avant, nous faisions cercle.

Sophie. Sans parler des distances ; aller à Amiens, ou à Beauvais, c’est éprouvant.

Comment envisagez-vous l’avenir ?

Joël. Je n’ai pas spécialement de peur. Je m’interroge parfois sur la mission qui me sera donnée : y arriverais-je ? Ce que je vois, c’est la place qu’a prise la parole de Dieu dans ma vie, une parole que je lis, relis, prends le temps de méditer. Prendre la parole en public, j’ai l’habitude, avec la formation.

Sophie. Moi, je suis plutôt timide ; je me sens à l’aise dans une chambre à l’hôpital avec un malade. Mais de toute façon, dès le début, j’ai pensé que l’appel concernait Joël. Mon rôle sera d’être là, de l’accompagner, mais sans trop savoir ce qui nous attend. Après, le voir en aube dans le chœur, ce ne sera pas une nouveauté.

Joël. On m’avait demandé de reprendre le groupe des clercs ; et quand je prends quelque chose, il faut que je sois dedans.

Sophie. Au début, j’avais peur des regards, puis c’est devenu plus naturel ; en même temps, les dimanches où Joël était d’astreinte, il restait dans l’assemblée avec moi.

Quelle est votre joie profonde ?

Joël. J’aurais envie de dire «servir», mais je le vis déjà dans mes engagements. Je pense que la mission sera une priorité. Je pense que j’aurai plaisir à célébrer des baptêmes, des mariages.

Sophie. On est au service de Dieu, mais j’ai le sentiment que cette ordination, car ce n’est pas rien, vient apporter un accomplissement. C’est difficile à exprimer, je n’ose dire que c’est plus profond, car tout service a sa valeur, mais c’est peut-être plus accompli. Je suis contente de cela pour Joël, et pour nous.

Et vos enfants ?

Sophie. Nous leur avons annoncé dès le départ, car nous devions nous absenter régulièrement, et il me paraissait important qu’ils soient au courant de ce que nous faisions.

Joël. Ils l’ont bien pris, sereinement. Même si Clémence s’est un peu éloignée, il faut dire que nous avons vécu cinq décès proches en peu de temps qui l’ont affectée, elle comprend la démarche.

Sophie. D’ailleurs, elle est venue avec nous pour choisir l’étole, et cela nous a fait plaisir ; nous avions posé un choix, mais elle nous a convaincus de prendre une étole plus simple, plus humble.

PROPOS RECUEILLIS PAR LE PÈRE PASCAL BARDET

«On est au service de Dieu, mais j’ai le sentiment que cette ordination, car ce n’est pas rien, vient apporter un accomplissement.»

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