Le jeûne est à la mode aujourd’hui !

Aujourd’hui, le jeûne est à la mode mais il perd souvent son sens spirituel. Pour redécouvrir le sens du jeûne chrétien, la paroisse propose à ceux qui le souhaitent de vivre cette expérience. Chacun jeûne chez soi, en poursuivant ses activités ordinaires et en toute liberté et responsabilité. Des rencontres et enseignements sont prévus pour se soutenir et vivre la dimension communautaire du jeûne. En effet, il est important que la prière de toute la communauté accompagne ceux qui jeûnent et qu’eux-mêmes portent dans leur jeûne tous les besoins de leurs frères. Un blog a été ouvert pour cette période; chaque jour un post aborde les aspects pratiques et spirituels du jeûne. Les enseignements du Père Mickaël y seront aussi retranscrits.
Que ce jeûne porte des fruits pour la communauté paroissiale.
 

 

Saint Jean-Paul II (1920-2005)
pape
Angélus du 10 mars 1996 (trad. DC 2135, 7/4/96, p. 313)

« Alors ils jeûneront »

Parmi les pratiques pénitentielles que nous propose l’Église, surtout en ce temps de Carême, il y a le jeûne. Il comporte une sobriété spéciale dans la prise de nourriture, étant saufs les besoins de notre organisme. Il s’agit d’une forme traditionnelle de pénitence qui n’a rien perdu de sa signification, et que l’on doit même peut-être redécouvrir, surtout en cette partie du monde et dans ces milieux où non seulement la nourriture abonde mais où l’on rencontre parfois des maladies dues à la suralimentation.
À l’évidence, le jeûne pénitentiel est très différent des régimes alimentaires thérapeutiques. Mais, à sa manière, on peut y voir comme une thérapie de l’âme. En effet, pratiqué en signe de conversion, il facilite l’effort intérieur pour se mettre à l’écoute de Dieu. Jeûner, c’est réaffirmer à soi-même ce que Jésus répliqua à Satan qui le tentait au terme de quarante jours de jeûne au désert : « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Mt 4,4). Aujourd’hui, spécialement dans les sociétés de bien-être, on comprend difficilement le sens de cette parole évangélique. La société de consommation, au lieu d’apaiser nos besoins, en crée toujours de nouveaux, engendrant même un activisme démesuré… Entre autres significations, le jeûne pénitentiel a précisément pour but de nous aider à retrouver l’intériorité.
L’effort de modération dans la nourriture s’étend aussi à d’autres choses qui ne sont pas nécessaires et apporte un grand soutien à la vie de l’esprit. Sobriété, recueillement et prière vont de pair. On peut faire une application opportune de ce principe en ce qui concerne l’usage des moyens de communication de masse. Ils ont une utilité indiscutable mais ils ne doivent pas devenir les « maîtres » de notre vie. Dans combien de familles le téléviseur semble remplacer, plutôt que faciliter, le dialogue entre les personnes ! Un certain « jeûne », dans ce domaine aussi, peut être salutaire, soit pour consacrer davantage de temps à la réflexion et à la prière, soit pour cultiver les rapports humains.