Carême : le temps du choix

L’expression «face de carême» traduit bien la mortification qui, dans l’esprit des gens, accompagne ce temps. Cependant, dès le mercredi des Cendres, l’Évangile renvoie au cœur, en opposition à l’apparence, et ce chemin nous mène à la joie pascale.

Le carême est un temps de conversion où chacun est invité à sonder son cœur pour discerner ce qui le détourne de Dieu et des autres, afin de mieux s’ajuster à son baptême, cette vie nouvelle que Dieu donne en Jésus. Il n’est pas question de renoncer pour un temps avant de recommencer de plus belle, même si l’on fait ce que l’on peut, mais bien de mourir à quelque chose pour mieux renaître à la vie que Dieu veut pour chacun.

Lorsque je regarde Jésus au désert, et les tentations que le diable lui met sous les yeux, j’y reconnais les tentations qui m’habitent, les tentations de notre monde : la réussite, la reconnaissance, la belle situation, celle qui permet de gagner beaucoup d’argent pour jouir de la vie ; le savoir, la possession pour pouvoir dominer… Bref, la tentation de se réaliser en accumulant des biens, des connaissances, des titres, une carte d’identité bien remplie, plutôt que de se laisser construire par le Seigneur, par une carte de relations large et ouverte.

Face aux tentations, Jésus se situe comme Fils, engendré par le Père, donné au projet de celui-ci. Comme pour Jésus, le carême est le temps du choix, toujours à vivre ; le choix de répondre à ses désirs ou celui d’écouter le désir de Dieu ; le choix de vivre à partir de soi et pour soi, ou le choix de vivre de Dieu avec les autres ; le choix de demeurer dans sa torpeur, ses habitudes ou celui de raviver sa foi. Il y a tant à choisir et l’on peut s’éparpiller, comme Marthe, mais une seule est nécessaire : mourir à l’inutile pour naître à la vie de Dieu et retrouver ainsi l’essentiel. Dans ce discernement de vie, nous rejoignons et accompagnons la marche des catéchumènes avec les scrutins où ils découvrent qu’ils sont appelés à se laisser pénétrer et transformer par le regard de Dieu sur leur vie, regard d’amour qui perçoit les soifs profondes (la samaritaine), qui fait passer des ténèbres à la lumière (l’aveugle-né), de la mort à la vie (Lazare).

Pour aller plus loin : 
Lire la lettre de Mgr Eric de Moulins-Beaufort sur le Carême

LA RECHERCHE DE L’ESSENTIEL

En invitant chaque catholique à la prière, au partage et au jeûne, l’Église appelle chacun à chercher l’essentiel dans son rapport à Dieu, aux autres, à soi-même et à la création. Ces trois orientations ne peuvent se penser l’une sans l’autre, car elles interfèrent, s’interpénètrent. Certes, une difficulté dans cette conversion concrète est de tenir, ou plutôt, de tenir à l’essentiel. Comme les bonnes résolutions de rentrée, le risque est d’arrêter, de se décourager parce que l’on chute et qu’on désespère d’y arriver. Le risque est de baisser la garde, de se satisfaire d’une vie moyenne, d’une sainteté médiocre, dirait le pape François. Dans une belle méditation, le père A. Valensin, évoquait une fourmi, chargée, allant
vers sa fourmilière ; il s’amusait, avec un fétu, à la dévier de sa route. À la fin, elle se trouvait plus éloignée de sa fourmilière, mais jamais, dit-il, elle n’avait cessé d’y tendre. Que les aléas, les chutes ne nous donnent pas de «cesser d’y tendre», et de tomber dans le fatalisme ou la désespérance qui sont, peut-être, la plus forte expression du péché. Alors, heureux temps de carême où l’on joue à «qui perd gagne» ; heureux temps de carême où se pose une direction de vie, qui nous donne de la goûter pour la désirer sans cesse, de la tenir forts de l’Esprit qui nous conduit.

PÈRE PASCAL BARDET

Pour aller plus loin : 
Les initiatives de Carême dans le diocèse de Reims

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