Edito de Mgr Bruno Feillet “Sa fidélité appelle la nôtre et la rend possible”

«Engager toute sa vie avec le peu que l’on connaît de soi-même et de l’avenir manifeste la grandeur de notre humanité.»

La fidélité est une réalité bien concrète que beaucoup de nos concitoyens essayent de vivre en vérité et souvent avec courage. Pour les chrétiens, la fidélité est précédée par celle de Dieu. Nous connaissons bien ce que dit Paul à Timothée : «Si nous sommes infidèles, Dieu demeure fidèle car il ne peut se renier lui-même» (2 Tm 2, 13). C’est le propre de Dieu d’être fidèle et constant dans l’alliance qu’il a conclue avec son peuple. Dieu n’est pas changeant, il ne renonce pas à sa parole. C’est bien pourquoi nous pouvons nous appuyer sur lui. À vrai dire, Dieu est fidèle malgré tout, malgré nos infidélités et nos inconstances. Et c’est là une des caractéristiques de Dieu qui m’a toujours étonné : il est patient et il espère en ses créatures bien plus que nous-mêmes. La patience et l’espérance sont deux des principales caractéristiques de la fidélité.

Alors que nous venons de célébrer Pâques, nous avons réentendu à quel point la véritable fidélité peut avoir un coût élevé, celui de la croix et de la mort offerte par amour de nous. La grâce de la fidélité de Dieu à notre égard à un prix : celui de son Fils. Il est toujours bon de se redire que, puisque nous avons été créés à l’image de Dieu, nous portons dans notre identité profonde ce goût pour la fidélité. Et ce n’est pas une petite joie d’éprouver que la parole que nous avons promis de tenir, nous l’avons tenue malgré les épreuves. Cette joie trouve une forme de plénitude lorsque d’autres sont les témoins de la parole donnée et de la parole accomplie. En tout cas, il n’est pas de plus grande parole dans la vie des hommes que de dire : «Ce que je promets aujourd’hui, je le tiendrai demain.»

Engager toute sa vie avec le peu que l’on connaît de soi-même et de l’avenir manifeste la grandeur de notre humanité. Parfois, il nous arrive de ne pas réaliser en plénitude nos promesses. J’aime alors me rappeler l’expression du pape François : «Ce n’est pas parce que notre amour est imparfait qu’il est faux.» «Dieu est plus grand que notre cœur» Bien sûr, nous savons bien que tous ne parviennent pas toujours à tenir cette parole. Pour des circonstances indépendantes de leur volonté ou en raison de leurs propres faiblesses.

Et dans ces cas-là, au cœur même de la déception, c’est sur la parole de Dieu qu’il faut s’appuyer : «Même si notre cœur nous accuse, Dieu est plus grand que notre cœur» (1 Jn 3, 20). Sa fidélité nous rejoint malgré tout, y compris au cœur de nos échecs. Et c’est encore de là qu’il nous appelle à poursuivre.

+ BRUNO FEILLET Évêque auxiliaire de Reims

[édito paru dans la revue diocésaine “Reims-Ardennes” pour le n° du mois de mai 2019]

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