La finance est-elle toujours au service de l’économie ?

La question que pose la “financiarisation de l’économie” est simple : la finance est-elle toujours au service de l’économie, ou est-ce devenu l’inverse ?

Le lien entre finance et économie est naturel : une entreprise a besoin, pour exister, de travail (ex. les salariés) et de capital (ex. les murs et les machines), ce qui coûte de l’argent. Elle peut financer cela :

  • par elle-même, mais cette solution trouve rapidement ses limites si l’entreprise cherche à se développer (innovation, acquisitions d’autres entreprises, développement international …) ;
  • auprès d’une banque ou sur les marchés (par exemple en émettant des obligations, c’est-à-dire des titres de dette, ou des actions, c’est-à-dire des titres de propriété).

Le recours au marchés financiers s’étant fortement développé, les entreprises prennent davantage en compte l’avis des acteurs financiers (investisseurs, analystes, fonds de pension, agences de notation …) pour pouvoir lever des fonds ou éviter d’être rachetées si leur cours diminue trop.

Si cette prise en compte de l’avis des investisseurs est trop grande, elle conduit alors à une véritable financiarisation de l’économie, c’est-à-dire une “soumission” des décisions économiques aux indicateurs financiers. Certaines pratiques conduisent à cet alignement de l’économie sur la finance, par exemple les “stock-options”, c’est-à-dire la rémunération d’un dirigeant en actions de l’entreprise, qui rapprochent significativement ses intérêts de ceux des investisseurs.

Toute la question est donc de savoir comment faire en sorte que la finance reste au service de l’économie, en lui permettant d’innover et d’investir, et ne conduise pas au court-termisme. Cette question, fort heureusement, la finance se la pose elle-même – comme en témoigne le courrier désormais annuel du président de Black Rock (le premier fonds d’investissement au monde) aux grandes entreprises européennes, qui les exhorte à ne pas subir les exigences nées “de la prolifération des actionnaires activistes qui cherchent un rendement immédiat, de la vélocité croissante du capital, d’un paysage médiatique qui fonctionne 24 h sur 24 et 7 jours sur 7, et enfin d’une politique publique qui échoue à encourager l’investissement de long terme”.

La finance et l’économie doivent, ensemble, réapprendre le long terme.

Pierre-Yves Bing
Directeur des études et de la formation de la DFCG (association nationale des directeurs financiers et de contrôle de gestion)

Le Courrier – Septembre-Octobre-Novembre 2016

 

COMPRENDRE LA FINANCIARISATION EN TROIS MINUTES

Une vidéo fort bien faite provenant du site “Dessine moi l’éco” :

 

 

 

 

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