Parcours Alpha : des échanges dans la convivialité

Lancés à Londres il y a trente ans, les cours Alpha se développent en France. Ils constituent une première annonce de la foi dans un contexte convivial, catholique ou protestant.

Les parcours Alpha sont des repas pour échanger sur Dieu et sur les questions du sens de la vie. C’est une opportunité de découvrir ou redécouvrir les bases de la foi chrétienne dans une église de son quartier, le tout dans une ambiance conviviale et informelle. Groupes d’échanges au sein desquels on peut librement partager ses interrogations sur la religion, dans le respect de chacun, ce sont des temps de dialogue ouverts à tous, sans limite d’âge, que l’on soit croyant ou pas, de confession chrétienne ou pas, pratiquant ou pas et où l’on peut inviter ses amis mais aussi lier de nouvelles connaissances. Alpha, ce sont également des bénévoles laïcs qui animent les dîners et font découvrir ou redécouvrir l’Église. Un parcours Alpha se vit en général au rythme d’un repas par semaine, pendant 10 semaines, ainsi qu’un week-end proposé en milieu de parcours. Tout cela est gratuit et sans engagement.

Historique :

Saint-Denys-la-Chapelle à Paris est la première paroisse catholique française à avoir mis en place Alpha, à la fin des années 90. La méthode était peu connue en France. « C’était dans la foulée des JMJ de Paris en 1997. On avait vécu une expérience d’une forte communauté chrétienne priant, célébrant et mangeant ensemble. On voulait vivre la même chose, mais avec les gens du quartier toute l’année », raconte le P. Jean-Hubert Thieffry, ancien curé de Saint-Denys-la-Chapelle. D’où le choix d’Alpha, après plusieurs mois de préparation et de concertation. Le Père Thieffry évoque alors une « dynamique qui a fait venir toute une population du quartier ». Plus jeune et internationale, la population paroissiale régulière a doublé, passant de 350 à 700. « En partie grâce à Alpha ».

Alpha n’est pas une communauté. C’est un outil, inventé de manière pragmatique il y a plus de trente ans par une paroisse anglicane de Londres, Holy Trinity Brompton. C’est sous la houlette de Marc et Florence de Leyritz, catholiques français expatriés à Londres avant de revenir dans l’Hexagone, qu’Alpha s’est implanté et développé en France.

Après un travail de réécriture et d’acculturation de ces « cours » venus d’outre-Manche, sous la vigilance d’une commission épiscopale et d’un groupe de théologiens, Alpha a pu être lancé dans les diocèses catholiques français. Et dans les paroisses protestantes. Aujourd’hui, les parcours Alpha existants appliquent une même méthode de dix soirées hebdomadaires et un week-end. L’objectif : une première annonce de la foi chrétienne. D’où le nom d’« Alpha ».

Déroulement des soirées :

Un accueil, un repas, un exposé (écrit, ou sous forme vidéo, par Alpha et validé par les évêques), suivi d’une discussion par tablée. Ce qu’Alpha appelle « l’apostolat de la fourchette ». Les participants sont des invités des paroissiens : amis, collègue de travail, voisins … Une liberté de parler, et notamment de l’Église. Liberté de parler et liberté de partir : c’est l’une des règles, ne pas relancer les participants.

Alpha = convivialité

Une convivialité qui n’est pas toujours présente dans la vie de paroisse … « C’est une surprise pour certains », la découverte d’une « image de l’Église qui n’est pas celle qu’ils ont connue », « et qui a beaucoup changé ». C’est ce qui touche les invités, dont la moitié est composée de « recommençants » …

Pour beaucoup des personnes éloignées de l’Église, il y a souvent une reprise de la prière et de la lecture de la Bible. D’autres se sont mariés religieusement à la suite du parcours. Il y a des baptêmes d’adultes et des engagements durables dans la paroisse, soit en intégrant l’équipe organisatrice d’un parcours Alpha, soit dans le cadre d’un des nombreux groupes post-Alpha qui ont fleuri ces dernières années et qui approfondissent
souvent le Nouveau Testament. Certains s’intègrent dans la paroisse et peu à peu y prennent des responsabilités.

Magiques, les cours Alpha ? Évidemment non. S’ils peuvent dynamiser une paroisse, certaines équipes s’essoufflent, voire arrêtent. Surtout, il faut une vie de paroisse vivante, prête à accueillir. Un engagement mûri et discuté : « Il faut que le maximum de personnes ait compris ce dont il s’agissait, souligne le P. Thieffry. Ce qui demande une préparation, une réflexion, une concertation. Cela bouleverse la paroisse et peut créer des tensions. Si on va trop vite, on fait des erreurs. »

Les parcours Alpha, une formule à succès

Depuis plusieurs années, des parcours d’initiation chrétienne ciblés pour les jeunes, les détenus, les hommes d’affaires se développent en parallèle des parcours Alpha classiques. La formule est désormais bien implantée dans les paroisses catholiques et protestantes de l’Hexagone, pour faire découvrir ou redécouvrir les bases de la foi chrétienne au cours de dîners conviviaux ouverts à un large public.

Moins connue que ces « Alpha Classic » mais en expansion elle aussi, une palette de parcours spécifiques se développe depuis plusieurs années pour des publics ciblés : « Alpha jeunes » qui s’adresse aux 14-18 ans, « Alpha Campus » pour les étudiants, « Alpha couples » et, en amont, « Alpha Duo », pour ceux qui se posent la question de l’engagement, « Alpha pro » en lien avec les horaires de bureaux, etc.

« Le contenu est le même mais la forme est adaptée aux besoins et aux contraintes des personnes, explique Olivier Sachs, membre du conseil d’administration d’Alpha France et responsable du parcours Alpha jeunes du lycée Sainte-Marie de Neuilly. Si nous voulons atteindre ceux qui sont loin du Christ, il nous faut aller les chercher là où ils sont, avec les moyens qui leur sont le plus accessibles. »

Ainsi pour les adolescents, les séances sont plus courtes et s’appuient sur un outil multimédia qui mêle citations bibliques et extraits de films. « Le langage et la culture des jeunes changent très rapidement et il nous faut constamment le mettre à jour, souligne Charly Mootien, 28 ans, ancien éducateur et développeur d’Alpha jeunes. Dans nos enseignements, nous parlons par exemple de l’iPhone, des trahisons qu’on peut vivre dans une amitié, des relations amoureuses ou de l’orientation scolaire. Manière de faire comprendre aux jeunes que la foi n’est pas une idée mais se vit dans le quotidien. »

Alpha, c’est aussi :

Des parcours qui s’adaptent aux besoins de tous :
Alpha Jeunes : pour les 14-18 ans
Alpha Étudiants
Alpha Professionnel : proposé à l’heure du déjeuner à proximité de bureaux.
Parcours Alpha en journée : lors d’un petit déjeuner ou goûter
Parcours Alpha Couple : ce parcours est dédié à ceux (mariés ou non) qui veulent donner du temps à leur couple et consolider la qualité de leur relation.
Parcours Alpha Duo : ce parcours est dédié aux couples qui souhaitent réfléchir au sens de l’engagement.

Tout comme la formule classique, ces parcours spécifiques ont été inventés et développés outre-Manche. Mais si, en France, « Alpha couple » et « Alpha jeunes » ont fait leurs preuves, les autres parcours en sont en revanche à leurs débuts. Et leur expansion dépend en grande partie de la motivation des laïcs dans les régions. C’est le cas d’« Alpha prison », présent dans 80 % des centres de détention britanniques, lancé pour la première fois l’an dernier à Montbéliard par le pasteur baptiste Christophe Hahling, président de la commission d’entraide auprès des détenus et de leurs familles du Conseil national des évangéliques de France (Cnef). « Après un premier parcours Alpha dans mon Église, j’ai eu envie de le proposer aussi dans la prison dont je suis aumônier et j’ai sollicité pour cela les responsables d’Alpha France : ils m’ont encouragé à monter un projet pilote, car j’avais de très bonnes relations avec la direction pénitentiaire. Entre 7 et 10 détenus sur un total de 55 ont suivi le parcours », raconte le pasteur.

Chargé de la diversification et de la dynamique régionales des parcours Alpha, Nicolas de Chezelles se félicite lui aussi de cette initiative qui confirme « la soif de spiritualité considérable dans les prisons ». Il songe déjà aux maisons de retraite et aux hôpitaux, mais regrette pour le moment « le manque de temps et de bras ».

Source “La Croix”

Nous contacter

Laissez nous un message !

En cours d’envoi
Diocèse de Reims - 2016 © Corinne Salmon - Mentions légales
Réflexions diocèse de Reims

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?