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Les jeunes du diocèse de Reims aux JMJ : jour 12

Des nouvelles de vendredi dernier que nous n’avons pu envoyer avant par manque de temps :

 

Quelle journée magnifique ! Malgré les rares averses qui ne faisaient que rafraîchir l’ambiance bouillante dont est habitée Cracovie depuis le début de la semaine, les pérégrinations de chacun dans cette ville chargée d’Histoire avaient aujourd’hui, pour la plupart d’entre elles, une dimension spirituelle unique. La venue du Pape est pour certains l’accomplissement d’un pèlerinage qui prône la jeunesse, l’ouverture et le dynamisme, c’est-à-dire à l’image même de François.

Le matin, nous avions rendez-vous avec Mgr Leborgne, Évêque d’Amiens, que nous avions déjà pu rencontrer à Lodz. Son intervention était profonde et remplie d’ardeur. Il a malheureusement dû faire face à une compétition de haut niveau, le pape François passant deux fois devant l’église, à l’aller et au retour d’Auschwitz, entrainant de nombreux jeunes présents pour la catéchèse à attendre au bord de la route.

Après avoir pris part à la messe, nous avons profité de la générosité de pèlerins Belges qui nous prêtèrent leur car pour nous rendre pour la première fois confortablement dans la capitale culturelle de la Pologne. Notre entière après-midi fut dédiée à la découverte de la ville, et notamment de ses églises, lieux intéressants historiquement mais aussi spirituellement. L’impressionnant silence qui règne dans l’église des Dominicains où sont exposées les reliques de Bienheureux Giorgio Frassati, saint patron de la jeunesse durant les JMJ, est un appel à la prière. D’autres prirent le temps de se restaurer et de prier dans les nombreux lieux où est exposé le St Sacrement alors que les derniers se mettaient déjà en route pour la plaine de Blonia où devait avoir lieu le chemin de croix avec le saint père. Le début était prévu pour 18 h 00 mais dès 15 h 00 les foules affluaient. Ce fut un beau temps de prière en union avec les communautés présentées au fur et à mesure des stations. Un petit moment artistique permettait aussi de donner du relief au chemin de croix. L’ambiance était plus ou moins recueillie en fonction des états de fatigue et de la sensibilité de chacun à la dynamique de la via cruxis.

Le grand rendez-vous est demain avec les retrouvailles de tous les pèlerins, la soirée de prière avec François puis la messe du lendemain. L’impatience grandit mais la fatigue à venir m’oblige à vous dire au revoir pour maintenant. Sachez que nous sommes très heureux d’être ici et que la Pologne est un pays magnifique.

En ce jour de la croix, nous nous unissons à tous les hommes qui souffrent à travers le monde et qui sont privés de l’Espérance que Jésus-Christ apporte.

Pour le diocèse de Reims,

Augustin et Élie

La suite très bientôt !

 

Pour le groupe du diocèse de Reims,
Augustin et Élie

 

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Cap sur Panama en 2019 : le pape François très attendu

logoLes prochaines Journées mondiales de la jeunesse auront lieu en Amérique latine, au Panama, en 2019. C’est le pape François lui-même qui a annoncé cette destination au terme de la messe de clôture des JMJ de Cracovie, en Pologne, le 31 Juillet 2016.

«La Providence de Dieu nous précède toujours. Pensez qu’elle a déjà décidé quelle sera la prochaine étape de ce grand pèlerinage commencé en 1985 par saint Jean-Paul II !», a ainsi lancé le pape François en introduisant la prière mariale de l’angélus, devant un océan de jeunes réunis au Campus Misericordiae. Avant d’ajouter solennellement : «Et par conséquent, je vous annonce avec joie que les prochaines Journées mondiales de la jeunesse – après les deux au niveau diocésain – auront lieu en 2019 à Panama.»

Après les JMJ de Buenos Aires (Argentine) en 1987 et celles de Rio de Janeiro (Brésil) en 2013, ce sera donc la troisième fois que l’Amérique latine accueillera cette rencontre internationale des jeunes initiée par le pape polonais il y a 31 ans.

Après l’annonce du pape François saluée par un tonnerre d’applaudissements, les jeunes du Panama ont déployé leurs drapeaux dans une liesse tangible. Le président du Panama, Juan Carlos Varela, était également présent lors de la célébration.

En 2019, la ville de Panama sera la Ville de la culture ibéroaméricaine à l’occasion de son 500e anniversaire, qui sera célébré le 19 Août.

Source Zenit

 

Les pèlerins panaméens fiers et émus d’accueillir les JMJ en 2019

 

La rumeur courait sur le Campus Misericordiae depuis samedi. Alors que beaucoup avaient parié sur la Corée du Sud, le pape a jeté son dévolu sur le Panama, petit pays d’Amérique centrale.

Le Panama, un petit pays qui compte huit diocèses. On suppose donc que la semaine en diocèse aura lieu dans les pays voisins. Comme le rappelle le père Pierre de Charentenay, la région a connu jusqu’à présent de graves difficultés sociales et politiques. Suite à l’affaire des Panama Papers, on peut y voir un message politique de la part du pape. Le président du pays était visiblement très ému à l’écoute de l’annonce officielle, comme l’ont remarqué ceux qui étaient au campus Misericordiae.

En ce qui concerne les jeunes catholiques présents à Cracovie, la rumeur était bien arrivée aux oreilles des jmjistes panaméens, mais ils ne voulaient pas en parler tant que ce ne serait pas confirmer. Au cours de la messe on les a vus cependant s’approcher de l’autel … Ils ont ainsi pu se montrer aux pèlerins du monde entier en s’approchant de la scène et des caméras.

Des Panaméens, il y en avait une centaine à Cracovie pour les JMJ. «Les Panaméens ont un grand cœur pour recevoir les personnes venus du monde entier, disait Kabhir Pacheco, l’un des 10 volontaires panaméens présents aux JMJ, mais si c’est vrai que le Panama est le prochain pays, il va y avoir une grosse attente. Beaucoup d’habitants du Panama sont catholiques et le pape François est très proche de l’Amérique latine, donc on est très contents!» explique ce jeune volontaire !

Source jmj.rcf.fr/

 

 

Messe de clôture des JMJ de Cracovie : homélie du Pape François

Point d’orgue de ces XXXIèmes Journées mondiales de la jeunesse, la messe célébrée le dimanche 31 Juillet 2016 au Campus Misericordiae à Cracovie, en Pologne. Environ un million et demi de jeunes pèlerins et leurs accompagnateurs ont assisté à la célébration présidée par le Pape François.

Dans son homélie, le Pape François, commentant l’évangile de saint Luc et la rencontre entre Jésus et Zachée, a encouragé les jeunes a dépasser les obstacles de la rencontre avec Jésus et à croire en l’amour inconditionnel de Dieu. Il les a exhorté à vivre en témoin de la joie en accueillant le Seigneur dans leur vie.

À l’issue de la messe, lors de l’angélus, le Pape François a annoncé que les prochaines Journées Mondiales de la Jeunesse auront lieu en 2019 à Panama.

 

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Homélie prononcée par Pape François à l’occasion de la messe pour la journée mondiale de la jeunesse, sur le campus Misericordiae à Cracovie, le dimanche 31 Juillet 2016.

 

Chers jeunes, vous êtes venus à Cracovie pour rencontrer Jésus. Et l’Évangile aujourd’hui nous parle justement de la rencontre entre Jésus et un homme, Zachée, à Jéricho (cf. Lc 19, 1-10). Là, Jésus ne se limite pas à prêcher, ou à saluer chacun, mais il veut – dit l’Évangéliste – traverser la ville (cf. v. 1). Jésus désire, en d’autres termes, s’approcher de la vie de chacun, parcourir notre chemin jusqu’au bout, afin que sa vie et notre vie se rencontrent vraiment.

Arrive ainsi la rencontre la plus surprenante, celle avec Zachée, le chef des “publicains”, c’est-à- dire des collecteurs d’impôts. Zachée était donc un riche collaborateur des occupants romains détestés ; c’était un exploiteur du peuple, quelqu’un qui, à cause de sa mauvaise réputation, ne pouvait même pas s’approcher du Maître. Mais la rencontre avec Jésus change sa vie, comme cela a été et peut être chaque jour pour chacun de nous. Zachée, cependant, a dû affronter certains obstacles pour rencontrer Jésus : au moins trois, qui peuvent nous dire quelque chose à nous aussi.

Le premier est la petite taille : Zachée ne réussissait pas à voir le Maître parce qu’il était petit. Aujourd’hui aussi nous pouvons courir le risque de rester à distance de Jésus parce que nous ne nous sentons pas à la hauteur, parce que nous avons une basse considération de nous-même. C’est une grande tentation, qui ne regarde pas seulement l’estime de soi, mais touche aussi la foi. Parce que la foi nous dit que nous sommes «enfants de Dieu et nous le sommes réellement» (1 Jn 3, 1) : nous avons été créés à son image ; Jésus a fait sienne notre humanité et son cœur ne se lassera jamais de nous ; l’Esprit Saint désire habiter en nous ; nous sommes appelés à la joie éternelle avec Dieu ! C’est notre “stature”, c’est notre identité spirituelle : nous sommes les enfants aimés de Dieu, toujours. Vous comprenez alors que ne pas s’accepter, vivre mécontents et penser en négatif signifie ne pas reconnaitre notre identité la plus vraie : c’est comme se tourner d’un autre côté tandis que Dieu veut poser son regard sur moi, c’est vouloir effacer le rêve qu’il nourrit pour moi. Dieu nous aime ainsi comme nous sommes, et aucun péché, défaut ou erreur ne le fera changer d’idée. Pour Jésus – l’Évangile nous le montre -, personne n’est inférieur et distant, personne n’est insignifiant, mais nous sommes tous préférés et importants : tu es important !

Et Dieu compte sur toi pour ce que tu es, non pour ce que tu as : à ses yeux ne vaut vraiment rien le vêtement que tu portes ou le téléphone portable que tu utilises : que tu sois à la mode ne lui importe pas, ce qui lui importe, c’est toi. Tu as de la valeur à ses yeux et ta valeur est inestimable. Quand dans la vie, il nous arrive de viser en bas plutôt qu’en haut, cette grande vérité peut nous aider : Dieu est fidèle dans son amour pour nous, même obstiné. Cela nous aidera de penser qu’il nous aime plus que nous nous aimons nous-même, qu’il croit en nous plus que nous croyons en nous-même, qu’il “est toujours le supporter” pour nous comme le plus irréductible des supporters. Il nous attend toujours avec espérance, même lorsque nous nous refermons sur nos tristesses, ruminant sans cesse sur les torts reçus et sur le passé. Mais s’attacher à la tristesse n’est pas digne de notre stature spirituelle ! C’est même un virus qui infecte et bloque tout, qui ferme toute porte, qui empêche de relancer la vie, de recommencer. Dieu, au contraire est obstinément plein d’espoir : il croit toujours que nous pouvons nous relever et ne se résigne pas à nous voir éteints et sans joie. Parce que nous sommes toujours ses enfants bien-aimés. Rappelons-nous de cela au début de chaque journée. Cela nous fera du bien chaque matin de le dire dans la prière : “Seigneur, je te remercie parce que tu m’aimes; fais-moi aimer ma vie !”.

Non pas mes défauts, qui se corrigent, mais la vie, qui est un grand don : c’est le temps pour aimer et pour être aimés. Zachée avait un second obstacle sur le chemin de la rencontre avec Jésus : la honte qui paralyse. Nous pouvons imaginer ce qui s’est passé dans le cœur de Zachée avant de monter sur ce sycomore, cela aura été une belle lutte : d’une part une bonne curiosité, celle de connaître Jésus ; de l’autre le risque de faire une terrible piètre figure. Zachée était un personnage public ; il savait qu’en essayant de monter sur l’arbre, il serait devenu ridicule aux yeux de tous, lui, un chef, un homme de pouvoir. Mais il a surmonté la honte, parce que l’attraction de Jésus était plus forte. Vous aurez fait l’expérience de ce qui arrive lorsqu’une personne devient si attirante au point d’en tomber amoureux : il peut arriver alors de faire volontiers des choses qui ne se seraient jamais faites. Quelque chose de semblable arrive dans le cœur de Zachée, quand il sentit que Jésus était si important qu’il aurait fait n’importe quoi pour lui, parce qu’il était le seul qui pouvait le tirer hors des sables mouvants du péché et du mécontentement. Et ainsi la honte qui paralyse n’a pas eu le dessus : Zachée – dit l’Évangile- «courut en avant», «grimpa» et ensuite quand Jésus l’appela, «il descendit vite» (vv. 4.6). Il a risqué et il s’est mis en jeu. Cela est aussi pour nous le secret de la joie : ne pas éteindre la belle curiosité, mais se mettre en jeu, parce que la vie ne s’enferme pas dans un tiroir. Devant Jésus on ne peut rester assis en attendant les bras croisés ; à Lui, qui nous donne la vie, on ne peut répondre par une pensée ou un simple “petit message”!

Chers jeunes, n’ayez pas honte de tout lui porter, spécialement vos faiblesses, vos peines et vos péchés dans la confession : Lui saura vous surprendre avec son pardon et sa paix. N’ayez pas peur de lui dire “oui” avec tout l’élan de votre cœur, de lui répondre généreusement, de le suivre ! Ne vous laissez pas anesthésier l’âme, mais visez l’objectif du bel amour, qui demande aussi le renoncement, et un “non” fort au doping du succès à tout prix et à la drogue de penser seulement à soi et à ses propres aises. Après la basse stature et la honte qui paralyse, il y a un troisième obstacle que Zachée a dû affronter, non plus à l’intérieur de lui, mais autour de lui. C’est la foule qui murmure, qui l’a d’abord arrêté et puis l’a critiqué : Jésus ne devait pas entrer dans sa maison, la maison d’un pécheur ! Comme il est difficile d’accueillir vraiment Jésus, comme

il est dur d’accepter un «Dieu, riche en miséricorde» (Ep 2, 4). Ils pourront vous empêcher, en cherchant à vous faire croire que Dieu est distant, raide et peu sensible, bon avec les bons et mauvais avec les mauvais. Au contraire, notre Père «fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons» (Mt 5, 45) et il nous invite au vrai courage : être plus forts que le mal en aimant chacun, même les ennemis. Ils pourront rire de vous, parce que vous croyez dans la force douce et humble de la miséricorde. N’ayez pas peur, mais pensez aux paroles de ces jours : «Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde» (Mt 5, 7). Ils pourront vous juger comme des rêveurs, parce que vous croyez en une humanité nouvelle, qui n’accepte pas la haine entre les peuples, ne voit pas les frontières des pays comme des barrières et garde ses propres traditions sans égoïsmes ni ressentiments. Ne vous découragez pas : avec votre sourire et avec vos bras ouverts, prêchez l’espérance et soyez une bénédiction pour l’unique famille humaine, qu’ici vous représentez si bien !

La foule, ce jour-là, a jugé Zachée, elle l’a regardé de haut en bas ; Jésus au contraire, a fait l’inverse : il a levé son regard vers lui (v. 5). Le regard de Jésus va au-delà des défauts et voit la personne ; il ne s’arrête pas au mal du passé, mais il entrevoit le bien dans l’avenir ; il ne se résigne pas devant les fermetures, mais il recherche la voie de l’unité et de la communion ; au milieu de tous, il ne s’arrête pas aux apparences, mais il regarde le cœur. Avec ce regard de Jésus, vous pouvez faire croître une autre humanité, sans attendre qu’ils vous disent “bravo”, mais en cherchant le bien pour lui-même, heureux de garder le cœur intègre et de lutter pacifiquement pour l’honnêteté et la justice. Ne vous arrêtez pas à la superficie des choses et défiez-vous des liturgies mondaines du paraître, du maquillage de l’âme pour sembler meilleurs. Au contraire, installez bien la connexion la plus stable, celle d’un cœur qui voit et transmet le bien sans se lasser. Et cette joie que gratuitement vous avez reçu de Dieu, donnez-la gratuitement (cf. Mt 10, 8), parce que beaucoup l’attendent !

Enfin, écoutons les paroles de Jésus à Zachée, qui semblent dites spécialement pour nous aujourd’hui : «Descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison» (v. 5). Jésus t’adresse la même invitation : “Aujourd’hui, je dois demeurer dans ta maison”. Les JMJ, pourrions-nous dire, commencent aujourd’hui et continuent demain, à la maison, parce que c’est là que Jésus veut te rencontrer à partir de maintenant. Le Seigneur ne veut pas rester seulement dans cette belle ville ou dans de chers souvenirs, mais il désire venir chez toi, habiter ta vie de chaque jour : les études et les premières années de travail, les amitiés et les affections, les projets et les rêves. Comme il lui plaît que dans la prière, tout cela lui soit porté ! Comme il espère que parmi tous les contacts et les chat de chaque jour il y ait à la première place le fil d’or de la prière ! Comme il désire que sa Parole parle à chacune de tes journées, que son Évangile devienne tien, et qu’il soit ton “navigateur” sur les routes de la vie !

Pendant qu’il te demande de venir chez toi, Jésus, comme il a fait avec Zachée, t’appelle par ton nom. Ton nom est précieux pour Lui. Le nom de Zachée évoquait, dans la langue de l’époque, le souvenir de Dieu. Confiez-vous au souvenir de Dieu : sa mémoire n’est pas un “disque dur” qui enregistre et archive toutes nos données, mais un cœur tendre de compassion, qui se réjouit d’effacer définitivement toutes nos traces de mal. Essayons, nous aussi, maintenant, d’imiter la mémoire fidèle de Dieu et de conserver le bien que nous avons reçu en ces jours. En silence, faisons mémoire de cette rencontre, gardons le souvenir de la présence de Dieu et de sa Parole, ravivons en nous la voix de Jésus qui nous appelle par notre nom. Ainsi prions en silence, en faisant mémoire, en remerciant le Seigneur qui ici nous a voulus et nous a rencontrés.

 

Messe de clôture de la Journée Mondiale de la Jeunesse célébrée par le pape François (source KTO) :

 

Veillée de prière avec les jeunes pèlerins

Au quatrième jour de son voyage apostolique en Pologne, le pape a participé à la traditionnelle veillée des JMJ, au Campus Misericordiae, dans la périphérie de Cracovie, avec 1,6 million de jeunes, le 30 Juillet 2016.

Après avoir franchi, main dans la main avec des représentants de tous les continents la Porte sainte du Campus, le pape a assisté avec les jeunes à des représentations musicales en cinq temps (la foi pour ceux qui doutent, l’espérance pour ceux qui sont découragés, l’amour pour ceux qui sont indifférents, le pardon pour ceux qui ont fait le mal, la joie pour les personnes tristes) en alternance avec les témoignages de trois jeunes de Pologne, de Syrie et du Paraguay.

Dans son long discours, interrompu par les applaudissements des 1,6 millions de jeunes galvanisés, le pape les a mis en garde contre la paralysie qui «peut nuire le plus à la jeunesse» : celle «qui naît lorsqu’on confond le bonheur avec un divan» sur lequel faire «des jeux vidéo et passer des heures devant l’ordinateur». Les jeunes se retrouvent alors «étourdis et abrutis» tandis que d’autres «décident de l’avenir» à leur place.

«Chers jeunes, nous ne sommes pas venus au monde pour ‘végéter’, pour vivre dans la facilité, pour faire de la vie un divan qui nous endorme», a ajouté le pape, maintes fois applaudi. Et de prévenir contre les «drogues socialement acceptées qui finissent par nous rendre (…) esclaves». «Quand nous choisissons le confort, en confondant bonheur et consumérisme, alors le prix que nous payons est très élevé : nous perdons la liberté».

Interpelant plusieurs fois les jeunes, il leur a demandé de défendre leur liberté «et de ne pas permettre que ce soient d’autres qui décident notre avenir».


Le Seigneur du risque

«Jésus est le Seigneur du risque, du toujours ‘au-delà’, a poursuivi le pape François. Jésus n’est pas le Seigneur du confort, de la sécurité et de la commodité. Pour suivre Jésus, il faut avoir une dose de courage, il faut se décider à changer le divan contre une paire de chaussures qui t’aideront à marcher, sur des routes jamais rêvées et même pas imaginées, sur des routes qui peuvent ouvrir de nouveaux horizons».

Sous les rayons dorés du soleil couchant, le pape a lancé : «Dieu attend quelque chose de toi (…), Dieu veut quelque chose de toi, Dieu t’attend. (…) Il t’invite à rêver, il veut te faire voir qu’avec toi le monde peut être différent. C’est ainsi : si tu n’y mets pas le meilleur de toi-même, le monde ne sera pas différent.»

Le pape a encouragé les jeunes à être «des acteurs politiques, des personnes qui pensent, des animateurs sociaux». «Le temps qu’aujourd’hui nous vivons n’a pas besoin de jeunes-divan, mais de jeunes avec des chaussures, mieux encore, chaussant des crampons», a-t-il assuré, souhaitant qu’ils deviennent «protagonistes de l’histoire» et qu’ils y laissent leur «empreinte».


Les adultes ont besoin de vous

«Aujourd’hui, nous les adultes, a insisté le pape, nous avons besoin de vous, pour nous enseigner à cohabiter dans la diversité, dans le dialogue, en partageant la multi culturalité non pas comme une menace mais comme une opportunité.»

Lors de cette veillée, le pape François a aussi invité la foule à se lever et à faire «un pont humain» en se donnant les mains et en priant «afin qu’une fois pour toutes, nous puissions comprendre que rien ne justifie le sang d’un frère, que rien n’est plus précieux que la personne que nous avons à côté». Y compris en confiant à Dieu ses «guerres» intérieures, «les luttes que chacun porte avec soi, dans son cœur».

«Nous, nous ne mettrons pas à crier contre quelqu’un, nous ne mettrons pas à nous quereller, nous ne voulons pas détruire, a-t-il affirmé. Nous, nous ne voulons pas vaincre la haine par davantage de haine, vaincre la violence par davantage de violence, vaincre la terreur par davantage de terreur. Et notre réponse à ce monde en guerre a un nom : elle s’appelle fraternité, elle s’appelle lien fraternel, elle s’appelle communion, elle s’appelle famille».

La veillée s’est conclue par un temps d’adoration, à la nuit tombée, tandis que des centaines de milliers de flambeaux scintillaient parmi une foule très recueillie. Après la départ du pape, les jeunes devaient continuer à veiller et dormir sur place, jusqu’à la messe conclusive des JMJ le lendemain matin.

 

Discours du pape François

Chers jeunes,

Il est beau d’être ici avec vous en cette veillée de prière.

À la fin de son témoignage courageux et émouvant, Rand nous a demandé quelque chose. Elle a dit : «Je vous demande sincèrement de prier pour mon cher pays». Une histoire marquée par la guerre, par la douleur, par la perte, qui finit avec une demande : celle de la prière. Qu’y a-t-il de mieux que de commencer notre veillée en priant ?

Nous venons de diverses parties du monde, de continents, de pays, langues, cultures, peuples différents. Nous sommes «fils» de nations qui peut-être qui sont en train de discuter à cause de divers conflits, ou même sont en guerre. Pour d’autres, nous venons de pays qui peuvent être en «paix», qui n’ont pas de conflits belliqueux, où beaucoup des choses douloureuses qui arrivent dans le monde font seulement partie des nouvelles et de la presse. Mais nous sommes conscients d’une réalité : pour nous, aujourd’hui et ici, provenant de diverses parties du monde, la douleur, la guerre que vivent de nombreux jeunes, ne sont plus une chose anonyme, elles ne sont plus une nouvelle de la presse, elles ont un nom, un visage, une histoire, une proximité. Aujourd’hui, la guerre en Syrie est la douleur et la souffrance de tant de personnes, de tant de jeunes comme le courageux Rand, qui se trouve au milieu de nous et nous demande de prier pour son cher pays.

Il y a des situations qui peuvent nous paraître lointaines jusqu’à ce que, de quelque manière, nous les touchions. Il y a des réalités que nous ne comprenons pas parce nous ne les voyons qu’à travers un écran (du téléphone portable ou de l’ordinateur). Mais lorsque nous entrons en contact avec la vie, avec ces vies concrètes non plus médiatisées par les écrans, alors il nous arrive quelque chose de fort, nous sentons l’invitation à nous impliquer : «Assez des villes oubliées», comme dit Rand ; il doit plus jamais arriver que des frères soient «entourés par la mort et par les tueries», sentant que personne ne les aidera. Chers amis, je vous invite à prier ensemble pour la souffrance de tant de victimes de la guerre, cette guerre qui est aujourd’hui dans le monde, afin qu’une fois pour toutes, nous puissions comprendre que rien ne justifie le sang d’un frère, que rien n’est plus précieux que la personne que nous avons à côté. Et dans cette demande de prière, je veux vous remercier également, Natalia et Miguel, parce que vous aussi vous avez partagé avec nous vos batailles, vos guerres intérieures. Vous nous avez présenté vos luttes, et comment vous les avez surmontées. Vous êtes des signes vivants de ce que la miséricorde veut faire en nous.

À présent, nous, nous ne mettrons pas à crier contre quelqu’un, nous ne mettrons pas à nous quereller, nous ne voulons pas détruire. Nous, nous ne voulons pas vaincre la haine par davantage de haine, vaincre la violence par davantage de violence, vaincre la terreur par davantage de terreur. Et notre réponse à ce monde en guerre a un nom : elle s’appelle fraternité, elle s’appelle lien fraternel, elle s’appelle communion, elle s’appelle famille. Nous célébrons le fait de venir de diverses cultures et nous nous unissons pour prier. Que notre meilleure parole, notre meilleur discours soit de nous unir en prière. Faisons un moment de silence et prions ; mettons devant Dieu les témoignages de ces amis, identifions-nous avec ceux pour lesquels «la famille est un concept inexistant, la maison rien qu’un endroit où dormir et manger», ou bien avec ceux qui vivent dans la peur de croire que leurs erreurs et leurs péchés les ont exclus définitivement. Mettons en présence de notre Dieu également vos «guerres», les luttes que chacun porte avec soi, dans son cœur.

… (SILENCE)

Tandis que nous priions m’est venue à l’esprit l’image des Apôtres le jour de Pentecôte. Une scène qui peut nous aider à comprendre tout ce que Dieu rêve de réaliser dans notre vie, en nous et avec nous. Ce jour, par peur, les disciples étaient enfermés. Ils se sentaient menacés par un entourage qui les persécutait, qui les contraignait à rester dans une petite chambre, les obligeant à demeurer figés et paralysés. La crainte s’était emparée d’eux. Dans ce contexte, il s’est passé quelque chose de spectaculaire, quelque chose de grandiose. L’Esprit Saint est venu et des langues comme de feu se sont posées sur chacun d’eux, les poussant à une aventure dont ils n’auraient jamais rêvé.

Nous avons écouté trois témoignages ; nous avons touché, de nos cœurs, leurs histoires, leurs vies. Nous avons vu comment eux, comme les disciples, ils ont vécu des moments semblables, ont connu des moments où ils ont été en proie à la peur, où il semblait que tout croulait. La peur et l’angoisse qui naissent de la conscience qu’en sortant de la maison on peut ne plus revoir ses proches, la peur de ne pas se sentir apprécié et aimé, la peur de ne pas avoir d’autres opportunités. Ils ont partagé avec nous la même expérience qu’ont faite les disciples, ils ont fait l’expérience de la peur qui mène à un seul endroit : à la fermeture. Et lorsque la peur se terre dans la fermeture, elle est toujours accompagnée de sa «sœur jumelle», la paralysie ; nous sentir paralysés. Sentir qu’en ce monde, dans nos villes, dans nos communautés, il n’y a plus d’espace pour grandir, pour rêver, pour créer, pour regarder des horizons, en définitive pour vivre, est l’un des pires maux qui puissent nous affecter dans la vie. La paralysie nous fait perdre le goût de savourer la rencontre, de l’amitié, le goût de rêver ensemble, de cheminer avec les autres, elle nous éloigne des autres, nous empêche de nous serrer la main (…).

Dans la vie, il y a une autre paralysie encore plus dangereuse et souvent difficile à identifier, et qu’il nous coûte beaucoup de reconnaître. J’aime l’appeler la paralysie qui naît lorsqu’on confond le BONHEUR avec un DIVAN ! Oui, croire que pour être heureux, nous avons besoin d’un bon divan. Un divan qui nous aide à nous sentir à l’aise, tranquilles, bien en sécurité. Un divan – comme il y en a maintenant, modernes, avec des massages y compris pour dormir – qui nous garantissent des heures de tranquillité pour nous transférer dans le monde des jeux vidéo et passer des heures devant le computer. Un divan contre toute espèce de douleur et de crainte. Un divan qui nous maintiendra enfermés à la maison sans nous fatiguer ni sans nous préoccuper. Le divan-bonheur est probablement la paralysie silencieuse qui peut nous nuire davantage, qui peut nuire le plus à la jeunesse ; parce que peu à peu, sans nous en rendre compte, nous nous endormons, nous nous retrouvons étourdis et abrutis tandis que d’autres – peut-être plus éveillés, mais pas les meilleurs – décident de l’avenir pour nous. Sûrement, pour beaucoup il est plus facile et avantageux d’avoir des jeunes étourdis et abrutis qui confondent le bonheur avec un divan ; pour beaucoup, cela est plus convenable que d’avoir des jeunes éveillés, désireux de répondre au rêve de Dieu et à toutes les aspirations du cœur (…).

Mais la vérité est autre : chers jeunes, nous ne sommes pas venus au monde pour «végéter», pour vivre dans la facilité, pour faire de la vie un divan qui nous endorme ; au contraire, nous sommes venus pour autre chose, pour laisser une empreinte. Il est très triste de passer dans la vie sans laisser une empreinte. Mais quand nous choisissons le confort, en confondant bonheur et consumérisme, alors le prix que nous payons est très mais très élevé : nous perdons la liberté.

Justement ici, il y a une grande paralysie, lorsque nous commençons à penser que le bonheur est synonyme de confort, qu’être heureux, c’est marcher dans la vie, endormi ou drogué, que l’unique manière d’être heureux est d’être comme un abruti. Il est certain que la drogue fait du mal, mais il y a beaucoup d’autres drogues socialement acceptées qui finissent par nous rendre beaucoup ou de toute manière plus esclaves. Les unes et les autres nous dépouillent de notre plus grand bien : la liberté.

Chers amis, Jésus est le Seigneur du risque, du toujours «au-delà». Jésus n’est pas le Seigneur du confort, de la sécurité et de la commodité. Pour suivre Jésus, il faut avoir une dose de courage, il faut se décider à changer le divan contre une paire de chaussures qui t’aideront à marcher, sur des routes jamais rêvées et même pas imaginées, sur des routes qui peuvent ouvrir de nouveaux horizons, capables de propager la joie, cette joie qui naît de l’amour de Dieu, la joie que laissent dans ton cœur chaque geste, chaque attitude de miséricorde. Aller par les routes en suivant la «folie» de notre Dieu qui nous enseigne à le rencontrer en celui qui a faim, en celui qui a soif, en celui qui est nu, dans le malade, dans l’ami qui a mal tourné, dans le détenu, dans le réfugié et dans le migrant, dans le voisin qui est seul. Aller par les routes de notre Dieu qui nous invite à être des acteurs politiques, des personnes qui pensent, des animateurs sociaux. Il nous incite à penser à une économie plus solidaire. Dans les milieux où vous vous trouvez, l’amour de Dieu nous invite à porter la Bonne Nouvelle, en faisant de notre propre vie un don fait à lui et aux autres (…).

Vous pourrez me dire : Père, mais cela n’est pas pour tous, c’est uniquement pour quelques élus ! Oui, et ces élus sont tous ceux qui sont disposés à partager leur vie avec les autres. De la même façon que l’Esprit Saint a transformé le cœur des disciples le jour de Pentecôte, il a fait de même avec nos amis qui ont partagé leurs témoignages. J’emprunte tes mots, Miguel : tu nous disais que le jour où dans la «Facenda» ils t’ont confié la responsabilité d’aider au meilleur fonctionnement de la maison, alors tu as commencé à comprendre que Dieu te demandait quelque chose. C’est ainsi qu’a commencé la transformation.

Voilà le secret, chers amis, que nous sommes appelés à expérimenter. Dieu attend quelque chose de toi (…), Dieu veut quelque chose de toi, Dieu t’attend. Dieu vient rompre nos fermetures, il vient ouvrir les portes de nos vies, de nos visions, de nos regards. Dieu vient ouvrir tout ce qui t’enferme. Il t’invite à rêver, il veut te faire voir qu’avec toi le monde peut être différent. C’est ainsi : si tu n’y mets pas le meilleur de toi-même, le monde ne sera pas différent.

Le temps qu’aujourd’hui nous vivons n’a pas besoin de jeunes-divan, mais de jeunes avec des chaussures, mieux encore, chaussant des crampons. Il n’accepte que des joueurs titulaires sur le terrain, il n’y a pas de place pour des réservistes. Le monde d’aujourd’hui vous demande d’être des protagonistes de l’histoire, parce que la vie est belle à condition que nous voulions la vivre, à condition que nous voulions y laisser une empreinte. L’histoire aujourd’hui nous demande de défendre notre dignité et de ne pas permettre que ce soient d’autres qui décident notre avenir. Le Seigneur, comme à la Pentecôte, veut réaliser l’un des plus grands miracles dont nous puissions faire l’expérience : faire en sorte que tes mains, mes mains, nos mains se transforment en signes de réconciliation, de communion, de création. Il veut tes mains pour continuer à construire le monde d’aujourd’hui. Il veut construire avec toi.

Tu me diras : Père, mais moi, j’ai bien des limites, je suis pécheur, que puis-je faire? Quand le Seigneur nous appelle, il ne pense pas à ce que nous sommes, à ce que nous étions, à ce que nous avons fait ou cessé de faire. Au contraire, au moment où il nous appelle, il regarde tout ce que nous pourrions faire, tout l’amour que nous sommes capables de propager. Lui parie toujours sur l’avenir, sur demain. Jésus te projette à l’horizon.

C’est pourquoi, chers amis, aujourd’hui, Jésus t’invite, il t’appelle à laisser ton empreinte dans la vie, une empreinte qui marque l’histoire, qui marque ton histoire et l’histoire de beaucoup.

La vie d’aujourd’hui nous dit qu’il est très facile de fixer l’attention sur ce qui nous divise, sur ce qui nous sépare. On voudrait nous faire croire que nous enfermer est la meilleure manière de nous protéger de ce qui fait mal. Aujourd’hui, nous les adultes, nous avons besoin de vous, pour nous enseigner à cohabiter dans la diversité, dans le dialogue, en partageant la multi culturalité non pas comme une menace mais comme une opportunité : ayez le courage de nous enseigner qu’il est plus facile construire des ponts que d’élever des murs ! Et tous ensemble, demandons que vous exigiez de nous de parcourir les routes de la fraternité (…). Construire des ponts : savez-vous quel le premier pont à construire ? Un pont que nous pouvons réaliser ici et maintenant : nous serrer les mains, nous donner la main. Allez-y, faites-le maintenant, ici ce pont primordial, et donnez-vous la main. C’est le grand pont fraternel, et puissent les grands de ce monde apprendre à le faire ! … toutefois non pour la photographie, mais pour continuer à construire des ponts toujours plus grands. Que ce pont humain soit semence de nombreux autres ; il sera une empreinte.

Aujourd’hui Jésus, qui est le chemin, t’appelle à laisser ton empreinte dans l’histoire. Lui, qui est la vie, t’invite à laisser une empreinte qui remplira de vie ton histoire et celle de tant d’autres. Lui, qui est la vérité, t’invite à abandonner les routes de la séparation, de la division, du non-sens. Es-tu d’accord ? Que répondent tes mains et tes pieds au Seigneur, qui est chemin, vérité et vie ?

Source Zenit

 

Chemin de Croix avec les jeunes

Au terme du troisième jour de son voyage apostolique en Pologne, le 29 Juillet 2016, le pape François a participé au Chemin de croix des Journées mondiales de la jeunesse, au parc Jordan de Błonia, à Cracovie. Durant son discours, il a affirmé que les jeunes «prêts à consacrer leur vie au service» des plus pauvres étaient «une réponse concrète aux besoins et à la souffrance de l’humanité».

La célébration, rythmée de scénographies et œuvres d’art aussi méditatives que spectaculaires, était centrée sur le thème de la miséricorde. De station en station, des associations – parmi lesquelles l’Arche de Jean Vanier et les Missionnaires de la charité – se relayaient pour porter la croix, tandis que des vidéos de leurs œuvres caritatives étaient diffusées sur écran géant. Autour de l’Évangile et d’intentions de prière, des artistes faisaient revivre les étapes du Chemin de croix, par des chorégraphies marquées de prouesses physiques et des représentations poignantes.

Dans son discours au terme de la rencontre, le pape, qui durant la journée avait visité les camps nazis d’Auschwitz et Birkenau ainsi qu’un hôpital pédiatrique, a commencé par exprimer «des interrogations auxquelles il n’y a pas de réponses humaines» : «Où est Dieu, si dans le monde il y a le mal, s’il y a des hommes qui ont faim, qui ont soif, sans toit, des déplacés, des réfugiés ? Où est Dieu, lorsque des personnes innocentes meurent à cause de la violence, du terrorisme, des guerres ? Où est Dieu, lorsque des maladies impitoyables rompent des liens de vie et d’affection ? Ou bien lorsque les enfants sont exploités, humiliés, et qu’eux aussi souffrent à cause de graves pathologies ? Où est Dieu, face à l’inquiétude de ceux qui doutent et de ceux qui sont affligés dans l’âme ?»

À ces questions, le pape a donné «la réponse de Jésus» : «Dieu est en eux, Jésus est en eux, il souffre en eux, profondément identifié à chacun». «En embrassant le bois de la croix, a-t-il assuré, Jésus embrasse la nudité et la faim, la soif et la solitude, la douleur et la mort des hommes et des femmes de tous les temps». Et le pape d’ajouter à l’intention des jeunes Syriens qui venaient de prier un Notre Père en araméen durant le Chemin de croix : «Ce soir, Jésus, et nous avec lui, embrasse avec un amour spécial nos frères syriens, qui ont fui la guerre». Ce à quoi les jeunes ont répondu par des applaudissements nourris.

«Face au mal, à la souffrance, au péché, a poursuivi le pape François, l’unique réponse possible pour le disciple de Jésus est le don de soi, y compris de la vie». Ainsi, «si quelqu’un, qui se dit chrétien, ne vit pas pour servir, sa vie ne vaut pas la peine d’être vécue. Par sa vie, il renie Jésus Christ».

«Ce soir, chers jeunes, le Seigneur vous renouvelle l’invitation à devenir des protagonistes dans le service, a poursuivi le pape ; il veut faire de vous une réponse concrète aux besoins et à la souffrance de l’humanité ; il veut que vous soyez un signe de son amour miséricordieux pour notre temps !»

Dans «une société parfois divisée, injuste et corrompue», il a appelé les jeunes à prendre le «chemin de l’engagement personnel et du sacrifice». Ce «Chemin de la croix», qui suit le Christ «jusqu’au bout», n’est pas une coutume «sadomasochiste», a précisé le pape, il est «l’unique qui vainc le péché, le mal et la mort».

Avant de quitter les centaines de milliers de jeunes qui ont participé au Chemin de croix dans un grand recueillement, le pape François leur a laissé une question : «Comment voulez-vous retourner ce soir dans vos maisons, dans vos lieux d’hébergement ? comment voulez-vous retourner ce soir pour vous rencontrer avec vous-mêmes ? Le monde nous regarde. Il revient à chacun de vous de répondre au défi de cette question».

 

Discours du pape au Chemin de croix des JMJ à Cracovie :

«L’humanité a besoin (…) de jeunes comme vous, qui ne veulent pas vivre leur vie ‘à moitié’», a lancé le pape François lors du Chemin de croix des Journées mondiales de la jeunesse, le 29 Juillet 2016. Depuis le parc Jordan de Błonia, à Cracovie, le pape a mis en garde : «Si quelqu’un, qui se dit chrétien, ne vit pas pour servir, sa vie ne vaut pas la peine d’être vécue. Par sa vie, il renie Jésus Christ.»

Au troisième jour de son voyage apostolique en Pologne, le pape a célébré avec les jeunes le Chemin de croix, centré sur le thème de la miséricorde et animé par des associations de différents pays. Dans son allocution qui concluait la soirée, le pape a particulièrement salué «nos frères syriens, qui ont fui la guerre. Nous les (…) accueillons avec une affection fraternelle et avec sympathie».

Le pape a encouragé les jeunes à être «prêts à consacrer leur vie au service gratuit des frères les plus pauvres et les plus faibles». «Face au mal, à la souffrance, au péché, a-t-il estimé, l’unique réponse possible pour le disciple de Jésus est le don de soi, y compris de la vie». «Le monde nous regarde», a-t-il aussi improvisé au terme de son discours, appelant les jeunes à répondre à cette question : «comment voulez-vous retourner ce soir dans vos maisons, dans vos lieux d’hébergement ?»

 

Discours du pape François

«J’avais faim, et vous m’avez donné à manger ;
j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;
j’étais nu, et vous m’avez habillé ;
j’étais malade, et vous m’avez visité ;
j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi.» (Mt 25, 35-36).

Ces paroles de Jésus répondent à l’interrogation qui résonne souvent dans notre esprit et dans notre cœur : «Où est Dieu ?». Où est Dieu, si dans le monde il y a le mal, s’il y a des hommes qui ont faim, qui ont soif, sans toit, des déplacés, des réfugiés ? Où est Dieu, lorsque des personnes innocentes meurent à cause de la violence, du terrorisme, des guerres ? Où est Dieu, lorsque des maladies impitoyables rompent des liens de vie et d’affection ? Ou bien lorsque les enfants sont exploités, humiliés, et qu’eux aussi souffrent à cause de graves pathologies ? Où est Dieu, face à l’inquiétude de ceux qui doutent et de ceux qui sont affligés dans l’âme ? Il existe des interrogations auxquelles il n’y a pas de réponses humaines. Nous ne pouvons que regarder Jésus, et l’interroger lui. Et voici la réponse de Jésus : ‘‘Dieu est en eux’’, Jésus est en eux, il souffre en eux, profondément identifié à chacun. Il est si uni à eux, presqu’au point de former ‘‘un seul corps’’.

Jésus a choisi lui-même de s’identifier à ces frères et sœurs éprouvés par la douleur et par les angoisses, en acceptant de parcourir le chemin douloureux vers le calvaire. Lui, en mourant sur la croix, se remet entre les mains du Père et porte sur lui et en lui, avec un amour qui se donne, les plaies physiques, morales et spirituelles de l’humanité entière. En embrassant le bois de la croix, Jésus embrasse la nudité et la faim, la soif et la solitude, la douleur et la mort des hommes et des femmes de tous les temps. Ce soir, Jésus, et nous avec lui, embrasse avec un amour spécial nos frères syriens, qui ont fui la guerre. Nous les saluons et nous les accueillons avec une affection fraternelle et avec sympathie.

En parcourant de nouveau la Via Crucis de Jésus, nous avons redécouvert l’importance de nous configurer à lui, à travers les 14 œuvres de miséricorde. Elles nous aident à nous ouvrir à la miséricorde de Dieu, à demander la grâce de comprendre que sans miséricorde on ne peut rien faire, sans miséricorde, moi, toi, nous tous, nous ne pouvons rien faire. Regardons d’abord les sept œuvres de miséricorde corporelle : donner à manger à ceux qui ont faim ; donner à boire à ceux qui ont soif ; vêtir celui qui est nu ; offrir l’hospitalité aux pèlerins, visiter les malades ; visiter les détenus ; ensevelir les morts. Nous avons reçu gratuitement, donnons gratuitement. Nous sommes appelés à servir Jésus crucifié dans chaque personne marginalisée, à toucher sa chair bénie dans celui qui est exclu, qui a faim, qui a soif, qui est nu, détenu, malade, sans travail, persécuté, déplacé, migrant. Nous trouvons là notre Dieu, nous touchons là le Seigneur. Jésus lui-même nous l’a dit, en expliquant quel sera le ‘‘protocole’’ sur la base duquel nous serons jugés : chaque fois que nous aurons fait cela au plus petit de nos frères, c’est à lui que nous l’aurons fait (cf. Mt 25, 31-46).

Les œuvres de miséricorde corporelle sont suivies des œuvres de miséricorde spirituelle : conseiller ceux qui sont dans le doute, instruire les ignorants, exhorter les pécheurs, consoler les affligés, pardonner les offenses, supporter avec patience les personnes ennuyeuses, prier Dieu pour les vivants et pour les morts. Dans l’accueil du marginalisé qui est blessé dans son corps, dans l’accueil du pécheur qui est blessé dans son âme, se joue notre crédibilité en tant que chrétiens.

Aujourd’hui, l’humanité a besoin d’hommes et de femmes, et de manière particulière de jeunes comme vous, qui ne veulent pas vivre leur vie ‘‘à moitié’’, des jeunes prêts à consacrer leur vie au service gratuit des frères les plus pauvres et les plus faibles, à imitation du Christ, qui s’est donné tout entier pour notre salut. Face au mal, à la souffrance, au péché, l’unique réponse possible pour le disciple de Jésus est le don de soi, y compris de la vie, à imitation du Christ ; c’est l’attitude du service. Si quelqu’un, qui se dit chrétien, ne vit pas pour servir, sa vie ne vaut pas la peine d’être vécue. Par sa vie, il renie Jésus Christ.

Ce soir, chers jeunes, le Seigneur vous renouvelle l’invitation à devenir des protagonistes dans le service ; il veut faire de vous une réponse concrète aux besoins et à la souffrance de l’humanité ; il veut que vous soyez un signe de son amour miséricordieux pour notre temps ! Pour accomplir cette mission, il vous indique le chemin de l’engagement personnel et du sacrifice de vous-mêmes : c’est le Chemin de la croix. Le Chemin de la croix est celui du bonheur de suivre le Christ jusqu’au bout, dans les circonstances souvent dramatiques de la vie quotidienne ; c’est le chemin qui ne craint pas les échecs, les marginalisations ou la solitude, parce qu’il remplit le cœur de l’homme de la plénitude de Jésus. Le Chemin de la croix est celui de la vie et du style de Dieu, que Jésus fait parcourir y compris par des sentiers d’une société parfois divisée, injuste et corrompue.

Le Chemin de la croix n’est pas une habitude sadomasochiste, elle est l’unique qui vainc le péché, le mal et la mort, parce qu’il débouche sur la lumière radieuse de la résurrection du Christ, en ouvrant les horizons de la vie nouvelle et pleine. C’est le Chemin de l’espérance et de l’avenir. Celui qui le parcourt avec générosité et avec foi, donne espérance et avenir à l’humanité. Je vous invite à être semeurs d’espérance.

Chers jeunes, ce vendredi saint-là, beaucoup de disciples sont retournés tristes dans leurs maisons, d’autres ont préféré aller à la maison de campagne pour oublier la croix. Je vous pose la question, que chacun réponde dans son cœur : comment voulez-vous retourner ce soir dans vos maisons, dans vos lieux d’hébergement ? comment voulez-vous retourner ce soir pour vous rencontrer avec vous-mêmes ? Le monde nous regarde. Il revient à chacun de vous de répondre au défi de cette question.

Source Zenit

 

Chemin de croix avec les jeunes (source KTO) :