Redécouvrir que chaque baptisé est missionnaire

Notre diocèse s’apprête à vivre de grands changements dans les mois à venir. Qu’est-ce qui va changer ? Comment cela va-t-il se faire ?

Explications du Père Thierry Bettler, vicaire général du diocèse.

Depuis l’arrivée de notre archevêque, en octobre dernier, on annonce beaucoup de changements dans le diocèse, sans trop savoir ce qui va être fait. Qu’en est-il ?

Père Thierry Bettler : Depuis quelques années, nous sommes bien conscients que notre vie ecclésiale rejoint plus difficilement la vie de nos contemporains. Les démarches synodales engagées depuis 20 et 10 ans, font partie de notre histoire, mais il faut aller plus loin. Nos paroisses actuelles sont appelées encore à évoluer. Nous n’avons pas attendu l’arrivée de notre archevêque pour y réfléchir ! Si le modèle paroissial est toujours pertinent, nous sentons tous que d’autres manières d’annoncer l’Evangile sont à développer. Nous devons répondre à la mission de l’Eglise et porter l’Evangile dans notre monde. Nous ne pouvons plus tout proposer dans le cadre paroissial.

Concrètement, cela veut dire que, demain, il n’y aura plus de paroisses ?

 P-T-B : Si, bien sûr ! Elles ont toujours leur raison d’être, mais pas de manière unique. D’autres lieux sont à investir : les écoles catholiques, les sanctuaires, les monastères, les maisons diocésaines…Il faut aussi que nous restions à l’écoute de nouveaux appels, ou pour le dire comme le pape François, que nous rejoignons « les périphéries », qu’elles soient géographiques, culturelles ou existentielles.

Mais nous n’avons pas assez de prêtres pour assurer toutes cette mission !

P-T-B : Oui, mais c’est peut-être une chance ! C’est la chance de nous redire pourquoi Dieu donne des prêtres. Et celle aussi, de redécouvrir que chaque baptisé est missionnaire. Le fait qu’il y ait moins de prêtres a conduit à leur isolement. Demain, les prêtres vivront en équipe pour travailler et prier ensemble.

Du coup, il n’y aura plus de prêtres dans les paroisses ?

P-T-B : On envisage de créer des « espaces missionnaires » dans lesquels les prêtres seront envoyés à plusieurs. Parallèlement, l’animation des paroisses sera confiée à une équipe de laïcs.

« L’espace missionnaire », n’est-ce pas plutôt une « super-paroisse ?

P-T-B : Non ! Dans un espace missionnaire, chaque paroisse restera une communauté paroissiale. Mais les messes ne seront plus proposées dans chaque paroisse tous les dimanches. Au cœur de cet espace, nous établirons un lieu pour y célébrer l’Eucharistie.

Ce changement va avoir un grand impact pour certains…

P-T-B : Nous n’allons certainement plus pouvoir assurer la messe chaque dimanche partout, comme nous tentions de le faire jusqu’alors. C’est vrai, certaines personnes devront faire davantage de kilomètres pour se rendre à la messe. Certaines personnes y renonceront, nous le savons. Mais parallèlement, nos assemblées dominicales au cœur de l’espace missionnaire seront dynamisées pour attirer davantage ! Et nous envisageons aussi des missions itinérantes plus ponctuelles pour rejoindre chacun sur le territoire.

Quand tout cela va-t-il pouvoir se mettre en route ? Il faudra certainement du temps à chacun pour s’approprier ce grand changement !

P-T-B : Oui ! Nous avons commencé par travailler avec les prêtres, les diacres et les laïcs en mission ecclésiale, car ces changements les concernent en premier lieu. Nous prévoyons dans un deuxième temps, d’informer et de travailler avec les membres des conseils économiques, des équipes d’animation pastorale, à la rentrée de septembre. A leur tour, ils deviendront acteurs du changement. Ensuite, à l’occasion de notre fête diocésaine, le 6 octobre, nous invitons tout le diocèse à un grand pèlerinage au tombeau de Saint Remi, pour revenir aux sources de notre baptême, et en repartir comme « disciple missionnaire ». Enfin, la relecture sera également importante. Rien n’est figé, nous construisons ensemble !

 

Propos recueillis par Sixte-Anne Rousselot.