Histoire

DU SÉMINAIRE À LA MAISON DIOCÉSAINE

Le Séminaire de Reims est le premier créé en France après le concile de Trente, par le Cardinal de Lorraine, Archevêque de Reims, en 1564. Après la Révolution, il occupa l’Abbaye St Remi, puis l’Abbaye St Denis. Après la rupture du Concordat, il s’installa à la Congrégation Notre-Dame.

En 1918, Reims est une ville en ruine. La ville perce la rue Herduin qui n’existait pas. Le Diocèse de Reims rachète aux Frères des Ecoles Chrétiennes le terrain sur lequel était autrefois l’ECAM, école d’ingénieurs. En attendant la construction du nouveau Séminaire, il est hébergé par les Frères dans l’actuel Lycée du Sacré-Cœur.

Suite au don exceptionnel d’un particulier, le nouveau Grand Séminaire est construit de 1924 à 1927 : des salles de cours, 120 chambres individuelles, un cloître comme dans les monastères, et une chapelle avec des vitraux de Jacques Simon.

Vers 1960, le nombre de séminaristes diminue. Une partie des locaux accueille d’autres groupes, en particulier le C.F.P. Centre de Formation Pédagogique.

En 1990, Mgr Balland engage une restructuration de l’immobilier de l’Église à Reims. La Maison des Cordeliers, rue Voltaire, Centre des Mouvements d’Action Catholique et de certains services, est revendue.

En 1993, le Grand Séminaire, devenu Séminaire régional (Champagne-Picardie, 7 diocèses) garde une aile. L’autre partie du bâtiment est restructurée pour devenir “la Maison diocésaine St Sixte” actuelle qui regroupe les principaux services diocésains. On peut noter en particulier les travaux dans l’ancienne chapelle : une dalle la divise en 2 étages : au rez-de-chaussée s’installe la Bibliothèque Diocésaine ; au 1er étage, la Salle Sorbon, magnifique, conserve les vitraux de Jacques Simon.

En 1996, la maison est marquée par le passage de Jean Paul II.

En 1998, RCF Reims-Ardennes, la Radio Diocésaine, installe au 3ème étage ses nouveaux studios bien adaptés.

Outre son histoire chronologique, la maison Diocésaine offre trois héritages conséquents. D’ailleurs, la façade austère qui donne sur la rue du Lieutenant Herduin, ne doit pas rebuter le visiteur. Car effectivement, quand il en aura franchi le seuil, il découvrira un riche héritage de la vie de l’Église de Reims.

UN HÉRITAGE HISTORIQUE

Construite en 1924-1927, sous l’épiscopat de son Éminence le Cardinal Luçon, sous la direction de Mr Duroy-Lamy, architecte, cette grande bâtisse suit le plan monastique : trois ailes en carré fermées par la chapelle. Le tout est desservi par un cloître. C’est là l’héritage du séminaire du Cardinal de Lorraine, ouvert en 1564 au Mont-Dieu, rue du Barbâtre ; c’est le premier séminaire fondé en France à la suite du décret du Concile de Trente (la Bulle d’Institution signée du Pape Pie IV date de 1563). De 1588 à 1685, le Cardinal Louis de Lorraine transféra le séminaire auprès du collège des «Bons Enfants», avant de le construire dans l’enceinte même de ce collège. En 1820, le séminaire occupa l’abbaye Saint-Denis, aujourd’hui musée des Beaux-Arts, rue Chanzy.

À la suite de la séparation de l’Église et de l’État, le séminaire s’installa dans ces locaux, devenus aussi en 1993, Maison Diocésaine, réaménagée avec talent par Mr Ledoux, architecte.

 

UN HÉRITAGE LITTÉRAIRE

Mr Ledoux a fait de la chapelle deux niveaux.

Le rez-de-chaussée est réservé à la bibliothèque diocésaine, riche de 60.000 livres. Il faut noter qu’après la séparation de l’Église et de l’État, la collection la plus ancienne a été confiée à la bibliothèque Carnegie où elle est conservée dans de très bonnes conditions. Toutefois, on peut encore consulter à la bibliothèque diocésaine des ouvrages des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, comme la Bible Polyglotte d’Antoine Vitre (1645), des manuscrits concernant le règlement des séminaires «Saint-Sulpice», la «Constitution Civile du Clergé», etc …

Le chercheur aura aussi à sa disposition une riche collection de dictionnaires, tel le dictionnaire historique de Louis Moreri (1737), et tout autre ouvrage de science religieuse, théologie, histoire de l’Eglise, spiritualité et « Fonds Régional ». Le chœur de la chapelle est devenu de nos jours une très agréable salle de lecture.

UN HÉRITAGE ARTISTIQUE

Le niveau supérieur de la chapelle est devenu la salle «Sorbon» pouvant accueillir 300 personnes. Elle conserve les vitraux créés par Jacques Simon pendant les années 1930. Tandis qu’il restaurait la grande rose de la cathédrale, celle du chevet nord, qu’il recréait celle du chevet sud, le maître verrier rémois prend le temps de composer cette série originale de 14 vitraux qui évoquent les saints fondateurs de l’Église de Reims et des Ardennes. Chaque personnage représenté au centre est mis en valeur par un dessin novateur et par des couleurs lumineuses. Le registre inférieur relate un épisode marquant de leur vie. Le registre supérieur est un rappel mystique ou biblique.

Cette série, complétée par cinq vitraux, deux consacrés à la Vierge Marie et trois au sacerdoce, est une œuvre importante dans le renouveau de l’art du vitrail.

 

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