« Des racines et des ailes » met les chemins de Compostelle à l’honneur

“Des racines et des ailes” diffuse mercredi 4 septembre un documentaire inédit sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, un des pèlerinages les plus réputés au monde qui accueille, chaque année, 300.000 marcheurs. Pendant une heure trente, les spectateurs s’élanceront sur les chemins aux côtés de voyageurs en quête de sens. Paysages époustouflants, églises édifiantes et rencontres inoubliables rythment ce voyage hors du temps.

Chaque année, plusieurs milliers de pèlerins partent d’Arles, de Tours, de Vézelay ou du Puy-en-Velay et s’engagent pour un long chemin de plusieurs semaines, voire mois, sur les routes de France et d’Espagne. Temps spirituel pour certains, temps de réflexion pour d’autres, tous viennent dans un unique but : se recentrer et puiser une force nouvelle loin des tumultes du monde.

vézelay

© Gérard Corret Cc
La colline de Vézelay.

Dans ce nouveau documentaire inédit, nous suivons le parcours d’un petit groupe de pèlerins. Parmi eux, Fabienne Bodan, auteur du Guide des chemins de pèlerinage du monde (octobre 2018). Cette bretonne et pèlerine aguerrie des chemins de Saint-Jacques nous emmène avec elle tout au long d’un parcours, riche et rude, où la fatigue physique se mêle à la joie de se recentrer. « Ce n’est pas un chemin de randonnée normal et l’on en prend la mesure au fur et à mesure des étapes », confie une pèlerine. « Il y a beaucoup de partage mais il on a aussi besoin de se recueillir. On aime autant être en groupe qu’être seul », ajoute-t-elle.

« Prendre le temps de se recueillir c’est essentiel »

Les chemins de Saint-Jacques, c’est aussi l’occasion de redécouvrir la France autrement, en prenant son temps. Basiliques, cathédrales, petites chapelles… les chemins sont bordés de monuments patrimoniaux aussi splendides que ressourçants. Parmi les plus belles étapes, la basilique Saint-Gilles-du-Gard où sont conservées les relique de l’ermite local. Premier pèlerinage en France au Moyen Âge, il accueillait des pèlerins du monde entier. S’il a perdu en popularité au fil des siècles, le pèlerinage de Saint-Jacques est l’occasion de le redécouvrir. « Les lieux de recueillement sur Saint-Jacques-de-Compostelle sont importants pour la plupart des personnes qui font un chemin de spiritualité. Prendre le temps de se recueillir c’est essentiel », confie l’une des guides.

© Philippe GLORIEUX/CIRIC
Marcheurs des chemins de Saint-Jacques-de- Compostelle.

Les chemins, ce sont aussi des rencontres. Rencontre avec des pèlerins venus du monde entier mais aussi les hospitaliers qui jalonnent la route. C’est eux qui, chaque jour, préparent un nid douillet et un repas chaud pour les marcheurs fatigués. « Ce sont des rencontres de cœur à cœur », confie une des pèlerines. « Beaucoup plus humaines. La barrière sociale n’existe pas sur le chemin. On est tous habillés pareils avec notre sac à dos, notre chapeau et notre bâton. Le lien se fait très facilement. » Un constat confirmée par Fabienne Jouaret, propriétaire de la chapelle des Ursulines de Aire sur l’Adour, dans les Landes, la seule chapelle désacralisée du chemin transformée en gîte pour les pèlerins. « On voit du monde, on discute de tout et de rien. On rencontre aussi bien des PDG que des médecins ou des ouvriers. C’est ça qui en enrichissant. »

Point final de ce long parcours, la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle. À l’arrivée, l’émotion des pèlerins est palpable. « L’arrivée à Saint-Jacques c’est toujours un moment très particulier. On fait le point sur le chemin que l’on vient de faire, sur les raisons qui nous ont poussées à venir », confie Fabienne Bodan. « Le pèlerin pleure beaucoup, de joie bien évidemment. On a tous nos motivations personnelles qui nous conduisent sur ces chemins », confie-t-elle avec émotion alors qu’elle découvre, pour la sixième fois consécutive, la façade de la cathédrale. Si Saint-Jacques symbolise la fin de ce long voyage, les marcheurs sont pourtant unanimes : le chemin est souvent plus important que la destination elle-même.

Caroline Becker | 03 septembre 2019